M DIX ANS DE VOYAGES
quant les airos du compas ; l'intérieur de lannoau portp les iiont^< (lesdoiizeÉlatsconstiliiiintautrefoislaCliine. Aranueaiiderbori2<m sont ajustés un cercle éqiiatorial. un double tiuueau écliplique, im ooluruou équinoxe et un double cnlurC des solstices. L'équaleiir porte gravées des constellations d'une antiquité inconnue. L'écliptique est parta^^e en vingt-quali-e purlics égales correspondant aux divisions de l'année. Tous les cercles sont divisés en ;i65" '/, pour le» jours du l'année ; chaque de^ré est lui-môme divisé en cent parties. l'échello ceiilésiniale étant usitée, ti cette époque, pour tout ce qui était inrérieiir h un degré.
Cea inatramonlii me semblent d'autnnt plus întéressautn qu'iU indiquent l'état de la !u;ieuoc astronomique en Uhîne vers la Sn du Iri'izijsme siècle.
Étant h Pékin, je Qs la connaissance d'un grand nombru d'indigèuds intelliRants et instruits, l'pn deaqu<ii|it iioun accompagna, un nédccin anglais et moi, dans fine (txuir>ion aux ruines du Palaid'été. Avecun autre, M. Yaiig. ju m« lini iuUmentent, ce quimo procura l'oceasiuu de Tisilcr les bahitatioos et d'étudiur les mi domestiques des hautes classes de la capitale. Me» deux amiii teuaient uue prédilection profonde pour la photographie; Yanfc. non content des triomphes qu'il remportait dun.s cetta che de la sciQure, poussait souvent ses rechercht^s et «es expérlÀ k un point qui occasionnait ù sa nombreuse famille autaot coavénionts que d'appréhensions. r^M
ïang, bel échantillon du savant chinois moderne, était gro«, gras cl (l'un joyeux i!;Uurel, mais beaucoup trop enclin h cnictircr un sujet scientifique et à prendre ses connaissances incomplètes et acquises au hasard, pour les résultats d'une nierveillcuso intelligence. Comme presque partout en Chine, on arrivait h sa maison par une ruelle bordée de chaque côté par un haut mur de briques, de sorte que, du dehors, on n'en pouvait rien voir que la pslitei porte et une basse coupure de briques se prolongeant d'^nTiron deux mètres ^u delà du seuil, — celle-ci destinée à empêcher l'in- Iroduclion des âmes des morts. A l'intérieur se trouvait la série habituelle de cours et do chambres accessibles par d'étroites allées ombragées de vignes. Dans chaque cour étaient disposés avec beaucoup de goût des bei-ceaux, des fleurs, des bassins et des pavillons. L'habitation, d'un aspect fort pittoresque, convient, d'ailleurs, admirablement au caractère d'un peuple affectant l'amour de la réclusion et des jouissances familiales, et qui, au moins en ce qui concerne les femmes, ne connaît à peu près du monde que ce qu'il voit entre les murs du foyer domestique. ' Cette fois, enfin, je me vis admis dans l'enceinte sacrée de la mystérieusehabilation chinoise. Lepropriétaire était un amateur,non-
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seulement de la photographie, mais encore de la chimie et de réleclricité. Son laboratoire était installé dans les appartements des femmes. Dans un coin de ce laboratoire se trouvait un lit en bois noir sculpté avec rideaux de soie et oreillers de bois. Sur une étagère également en bois noir était rangée une collection hétérogène d'instruments de chimie, de photographie, d'électricité, ainsi que des livres chinois et européens.
Sur le mur s'étalaient des photographies agrandies de la famille et des amis de Yang. Dans une petite cour intérieure, était installée, dans un poulailler, une scierie à vapeur avec laquelle le propriétaire avait accompli des merveilles, dans le court espace d'une journée.
Par le fait, cette machine n'avait eu que cette seule occasion de se distinguer, les Pékinois, étourdis par le bruissement de la machine, ayant escaladé les murs au moyen d'échelles, s'étant groupés sur les toits, et ayant obligé le propriétaire stupéfait de renoncer à son entreprise.
Là, donc, reposait le moulin dans une immobilité absolue. Deux ou trois poules éliques étaient perchées sur le cylindre, monstre (jue la volaille môme avait appris à mépriser grâce à une familiarité prolongée.
Je vis plusieurs fois les femmes, tandis que j'enseignais à mon ami à mélanger du nitrate d'argent avec d'autres produits chimiques propres à la photographie. Quelques-unes étaient fort belles. Toutes portaient de riches habits de satin. Au reste, les renseignements suivants que je tiens d'une dame anglaise (madame Edkins), fort estimée et à juste titre pour les bonnes œuvres qu'elle a accomplies dans le pays, feront suffisamment connaître la vie intime des femmes de Pékin.
La plupart des dames chinoises passent une grande partie de leur tempsàcommérer, à fumer et à jouer: occupations peu féminines, pourra s'écrier ma belle lectrice. Il n'en est pas moins vrai que ces talents, collectivement ou isolément, exigent de longues années d'entraînement pour être pratiqués avec la perfection qui prévaut dans la bonne société chinoise. Je regrette de dire que le jeu est leur passe-temps de prédilection ; et mon regret n'est en rien atténué par la pensée que ce vice n'est pas monopolisé par les dames du Cathay, mais que leurs seigneurs et maîtres leur en donnent l'exemple. Jamais il ne leur viendrait à l'idée de jouer autre chose que de l'argent; quand les personnes de leur rang leur manquent, elles font venir les domestiques et jouent avec eux.
Les femmes de la basse classe se réunissent dans quelque repaire de jeu et y risquent de fortes sommes d'argent, donnant ainsi à leurs dévoués maris, à la fin de Tannée, lorsqu'il faut acquitter des
dettes qu'il leur est impOttEible de payer, un escellenl itrélexle de suicide.
La remme mariée se lève de biinne heure. Tout d'abord, elle veillr àcequel'onprépapelethi^ de son mari, ainsi qu'un peu d'eau cbaudi' pour ses ablutions matinales. Les m<>mes attentions sont requise> par la belle-mère, qui est toujours présente, comme Tan^e gardien de son fils. En général, toutefois, la belle-mère n'est pas considérée comme un ange par l'épouse qui, pendant la vie de la mère de sou mari, est le véritable soutTre- douleur i)o la maison. Chose peu galante à rapporter, — mais In vérité doit être dite, — les Tonimes circulent le malin en savales. au moins les Tarlares, lesquelles, n'oni pnsde petits pieds; velues en déshabillé, elles glapissentleursordre> à leurs esclaves. En un mot, im Inmniti! prénéral règne dans la plupart des maisons chinoises, jusqu'il ce qu'aient été préparés tous les éléments d'une toilette saviintc.
Chaque darac a une ou deux femmes de chambre et une jeuni' fille esclave, chargée d'aider ces dernières ainsi que de préparer el d'allumer la pipe de sa miUtresse. La coiOure demande une ou deu.T heures de travail; ensuite, on prépare une pftlc blanche que l'on étend sur lu figure el siu' le cou, et <iue l'on polit une fois séchét. Après quoi, une couche de poudreroseest appliquée sur les joues el
les paupières, et la dame garde sur ses mains le surplus de poudre. les paumes roses étant fort estimées. Puis, elle teint ses ongles cm rouge avec les pétales de certaines Iteurs, et, finalement, s'bïbille pour la journée.
Beaucoup de fL'mmes perlent des chignons et de faux cheveux; rtials les postiches ne sont pas teints, les cheveux noirs étant fort communs, et les cheveux d'nr ue jouissant d'aucune espèce de vogue.
Beaucoup de Temmos occupent une partie de leur temps ft broder des souliers, des hourses, dos mouchoirs, ou d'autres accoutrements. Mais avant le mariage, presque toutes leurs journées sont employées aux préparatifs de cette triste péripétie : épouser un homme ' que probablement elles n'ont pas vu encore et dont elles ne peuvent J jamais se soucier.
Les femmes lettrées — elles sont, hélas ! en petit nombre — engagent parfois des veuves instruites pour leur lire'des romans ou des pièces de théAtre. Les femmes capables de lire de cette façon passent une assez agréable existence. Elles prennent aussi des conteurs d'histoires et des chanteurs de ballades pour les amuser dans les cours de leurs habitations.
Les soirées, elles les passent habiluellemenl dans leur cour, fu-
mant et surveillant les jeux dos enfants. C'est à ce moment qu'on fait venir des bateleurs, des marionnettes et des ventriloques. On se couche de bonne heure, les dames ne se souciant jamais d'abtmer leurs yeux en travaillant h. la lampe. Beaucoup de Chinoises sont d'intrépides fumeuses d'opium.
Le roman de l'amour n'est pas inconnu en Chine, quoiqu'il
se ^^Ê
rnntriiclo ppii àc mariages où les fiancé» aient eu. nvant le jouf des imcp», roiTa.tifin de s'jiltai'het- l'iin h l'anlre, ou in^me Hp w
Pour qitifU'p la maison île Vans. U me fallait toujours travwïer une cour pleine dVau, oîi avait manirnivré iint' pomp» aspirEinte k vapeur qui, avant rie pmivnir ttre arr<*lée, inait inondé loiil \v reïde-rhaiifsée. An momeitt île mon déparl. mnn ami attendait l'arri' vée d'un petit appareil lieslinf h produire le gnii nécessaire & IVcl rage de son intWuur, yosv espérei- qn'il aura réuss" entreprise, sans faire >.anter la maison,
11 n'y a, .1 Pékin, que deux au trois boutiques où 5e pntli^OW de l'émailldre. Les plus vieux vases éniaillés datent d^ la d^ Ta-nitng. il y a cuvli-on trois Méfies ; muis on les regarde e inférieurs à ceux qui furent riibriqiiés, deux oenlj< xns après, « règne de Kien-lmig. Depuis un quart de sifcie. col art s'e»t q La plus importante des boutiques rie ce genre se trouvait p li^gation frani^alsf!, et, chose extraordinaire, elle était tenue | Maudcliou uoninit^ Kwan.
La preuiif-ro partie du procédî' coiuriste ft euureelioiiuer, ftlia du battjige et de In soudure, un vase de cuivre de la rordiii vÔlâ Un arlislo inriig^ne dessine aloi-s sur le métal les Heurs et leaBgt à éniaiHer, Toutes les Kgne-s sont ensuite gravées au burin placées par des bandes de euivre soudées fortement au vasp alj peu plus épaisses que la quMQtité d'imail qu'elles sout i fontenir.
I,*"i nialérinnx finidiiyés pour la soudure sont le liorax elt genl, dont In fusion sVlp^^e h une température plus êlevéo { l'émail lui-m^me. On remplit le dessin avec les émaux rie ccA pulvérisé» et convertis en pâte par un mélange d'eau. On dit qui poudres d'émaux sont préparées au moyen d'un procédé 3>ccrc>t, connu d'un seul individu à Pékin, lequclles vend sous une fonuv solide qui leur rionne l'aspect de plaques rie verre diversement coloré. La délicate opération rie placer les poudres colorées est surtout accomplie par de jeunet) garçons qui .Havent marier les nuancer avec une étonnante perfection.
Quand le dessin est rempli, le vase est cbauffé à une température qui fait fondre l'émail. On corrige ensuite les défauts, et le tout est soumis à une nouvelle fusion. Cette opération se répète lr<^us foi».. Après quoi le vase est prêt à être limé, repassé et poli. Le rémoidsgc et le polissage se font sur un tour grossier. Le vase est ensuite doré. Quelques-uns des plus grands et des plus beaux vases se vendent quelques milliers de taCls (le tael vaut 8 francs); ils sont fort recherchés par les Chinois, aussi bien que par les étrangers.
Le 18 octobre, je partis avec deux amis pour le Palais d'Été, situé
à Yuen-ming-yuen, à 10 kilomètres environ de Pékin. L'un de ces amis, M. Wang, dont j'ai déjà parlé, était attaché à la Commission des travaux publics de la capitale. Il se servit de sa carte officielle et se ût suivre par un garde à cheval ; M. Dudgeon et moi, nous montions des poneys.
Sur notre chemin, près du palais impérial, nous nous heurtâmes contre une procession de soixante-quatre hommes portant un immense palanquin dans lequel étaient assis quatorze amis de Wang, ses collègues de la Commission des travaux. Ces messieurs essayaient la force du véhicule qu'ils avaient préparé pour convoyer à sa dernière demeure les restes d'une princesse impériale; essai basé sur le môme principe qui consiste à placer en tête de chaque train un administrateur de chemjn de fer î Au centre du palanquin avait été placé un grand vase rempli d'eau jusqu'aux bords, afin d'exercer les porteurs à marcher d'un pas égal et mesuré. Que le thé, les rafraîchissements et une gaieté exhilarante dussent être parties intégrantes de cette enquête officielle, c'est ce que je ne me charge pas de décider. Toujours est-il que Taccomplissement lie ce devoir, son extrême utilité mise à part, semblait n'être rien moins que désagréable.
Un peu plus loin, sur la route, je luttai de vitesse avec un officier de cavalerie ; je parvins î\ le dépasser, mais ce ne fut pas sans que la selle de mon fidèle coursier remontât par-dessus ses épaules.
Vers quatre heures nous arrivâmes au palais et nous nous trouvâmes en face d'une scène de ruine et de dévastation du plus lugubre aspect. Des plaques de marbre, des sculptures qui, jadis, faisaient l'ornement de l'un des plus magnifiques paysages de la Chine, gisaient maintenant au milieu des herbes et de débris de toutes sortes. Quelques monuments, cependant, avaient défié la main des envahisseurs, ou, comme il est permis de l'espérer, avaient été respectés en raison de leur beauté. Parmi ceux-ci se trouvent un pont de marbre de dix-sept arches jeté sur un lac de lotus, et qui est encore dans un état parfait de conservation, et le grand temple de Wan-show-shan qui, dans le lointain, se profilait intact sur le ciel embrasé. A la base de cet édifice, le terrain est couvert des débris des statues splendides et des pagodes renversées pendant la terrible razzia des alliés. Ce qui en reste suffit pour que l'on puisse se faire une idée de la somme incalculable de travail et d'argent qu'a exigée l'érection de cette demeure impériale.
Le Palais d'Été gît en ruines dans son enceinte originelle. 11 est malheureux qu'on n'ait pas vengé la rupture d'un traité d'une façon moins sauvage ; n'eût-il pas été préférable qu'une œuvre véritablement glorieuse imprimât aux Chinois une idée grandiose de notre civilisation, en même temps qu'une crainte salutaire de notre puis-
sancc. Si, par exemple, la capitale avait été occupée assez longtemps pour prouver quelle amélioration une sage et libérale administration pouvait, même dans un court espace de temps, apporter dan> la condition de la population et du pays ; si, ensaite, une indemnité convenable eût été payée, pour la leçon que nous avions été forcé» de donner, alors nous aurions pu nous retirer avec dignité et sans laisser derrière nous une haine profondément enracinée. Cette haine se fera probablement jour «ivant peu, non pas par ces mesquines molestalions auxquelles les voyageurs et les négociants étrangers se trouvent actuellement en butte, mais par une concentration d'efforts désespérés pour chasser l'étranger du sol chinois.
Wang ne fit aucune allusion aux ruines qui nous entouraient, il manifesta bien un certain étonnement du peu qui restait de Tancicnne splendeur du palais. Quant à sonder ses véritables sentiments, ce fut chose impossible, un Chinois ne répondant jamais catégoriquement à une question quelle qu'elle soit.
Au monastère de \Vo-foh-szé, ou « le Bouddha Dormant », nous trouvâmes un lieu de repos pour la nuit. Le vieux Lama de ce couvent se 'plaignait du malheur des temps. Il n'y avait pas assez de terre, disait-il, pour subvenir aux besoins de l'établissement, quoique la Commission des Rites de Pékin allouât à chaque moine une pension annuelle de douze taëls (96 francs). Mais depuis quelques années on n'avait eu à enterrer que peu des membres de la famille impériale — cérémonie pour laquelle le monastère reçoit une prime de trois cents tacMs (2,i()0 francs}.
(l'csl nu niajj:iiiliriiu' (''la])liss('iiic'nl que ^V()-^()h-szé. Li's ohambreN des uioiucs, quoiciur uicuhl/'os avec la simplicité luibituelle, sont iucroyableUKMil pinprcs et bicu tcinics.
il y a h('au(M)up de rhoscs iuléiossaulrs à vcir ;i Pékin; mais il faudrait un volume i)ourcn dérrirc .seulement les plus importantes.
De tous les monuments de la (Ihine. \c. ])lus remarquable et peutèlre le plus beau est le eénolaphe <le marbre (pii contient les vètenuîuls et les reliciues du Lama lianjin du Thibet. Cet édifice s'élève sur les teirains du monastère de llwang-shi, à i,G(.K) mètres environ en dvcj\ du nmr septentrional de Pékin.
Lois de la visite (pic j y fis, j'assistais, dans la plaine d'Anting, à une revue d'une partie de larmce du Nord. Plusieurs milliers d'honunes, iantassins et cavaliers, étaient réunis et présentaient de loin un imjxjsant aspect militaire. Mais quand on voit de près le^ institutions humaines, on est forcément entraîné ù modifier l\q)inion (jue l'on a pu concevoir do leur grandeur; ceci est surtout vrai pour la Chine. C'est ainsi qu'en examinant attentivement les canonnières fluviales chinoises, je m'apcn^us qu'une rangée de pièces placées bien en évidence sur le pont, étaient toutes en bois. Souvent
les anciens ennemis de la Chine, s'avançant avec précaution pour surprendre un camp, reconnurent que les tentes n'étaient que des bultes d'argile blanchie, habilement disposées. Dans la plaine d'Anting, les hommes groupés sous les bannières flottantes étaient armés de vieux fusils à mèche, ou d'arcs et de flèches, et portaient d'immenses boucliers d'osier sur lesquels étaient peintes d'afl*reuses tètes d'ogres, destinées à glacer de terreur le cœur d'un ennemi. Les indices de réforme militaire ne faisaient cependant pas absolument défaut. Je remarquai des pièces d'artillerie et des fusils modernes, une bonne école de tir, et, par-dessus tout, des efforts désespérés pour maintenir la discipline.
En môme temps, je ne pus m'empêcher de penser à Li-hungtchang (à qui j'avais eu l'honneur d'être présenté à Tien-tsin), le fondateur du premier arsenal établi en Chine sur un type étranger, le compagnon d'armes du colonel Gordon et de Tseng-kwo-fan. Personnellement, Li est la parfaite image du chef militaire ; de haute taille, calme, résolu, avec une volonté de fer, c'est, en même temps, le plus beau spécimen de sa race que j'aie jamais rencontré. Au moment présent, de tous les fils de Han c'est celui qui exerce la plus sérieuse influence sur les progrès et les destinées de ses compatriotes.
H est possible qu'il entretienne une confiance exagérée dans les capacités de sa nation ; mais il a la conscience de la puissance des peuples de l'Occident et désire ardemment pénétrer les mystères de leur supériorité.
Un jour, frappé dune naïve admiration devant la beauté et le fini dune pièce mécanique étrangère, il s'écria : « C'est merveilleux! Comment se fait-il que ces inventions et ces découvertes soient toutes étrangères? Ce doit être une certaine difl'érence dans nosintelligencesqui nous fait rester ainsi stationnaires. » Peut-être a-t-il voulu faire un compliment à ses auditeurs plutôt que manifester sa véritable pensée. 11 sait sans doute que, pendant une longue série de siècles, les Chinois n'ont eu que peu ou point d'occasions pour développer leurs facultés. Ils n'ont cherché la vérité que dans les sombres pages de leur histoire ancienne ; dans leurs efl'orts pour atteindre la perfection de leurs rois fabuleux et des maximes contenues dans leurs classiques, ils ont établi une sorte d'inquisition qui, forcément, supprime l'originalité et déracine l'innovation comme ,une plante parasite.
Nous voici au grand cénotaphe. Mais après tout qu'y a-t-il, dans ses proportions massives, ses statues grotesques, sa coupole dorée, ses épais massifs de cyprès et de pins, qui puisse un seul instant lutter d'intérêt avec le labeur quotidien et les aspirations du moindre couli qui vient là pour considérer le temple avec une respectueuse