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terreur et déposer devant l'aulel sa modeste offrande yalht'.
L'hisloiro dt' eu temple est convie. Le larç;e soubassement de marblc blanc qui flamboie au soleil couvre les restes d'un Lama MoiiroI, qui pa«iuiit pour une incarnation de Bouddha. Voici, dans le Hwanf;shi. ou « Salle Centrale », le trône vide où siéf;eait cette divinité homaine, la faco tournée vers l'orienl. Dans une autre chambre, voit le lit où expira Sa Sainteté. Elle avait, dit-on, été empoisonné*,! vers la Un dudix-hniliÈme siècle, par un empereur jaloux, qui trnlta' jusqu'à la fin sa viclime avec la plus suprême courtoisie, l'adorant et la ^loriDanl môme en public, tandis qu'il préparait secrètement sa mort.
M. Wylîe, de la Société biblique de Londres, qui voyageait dans les provinces du Nord, el un Russe, M. Welmer, m'accompagnèrent à la grande muraille. En deçà de la plaine d'AuEing, nous nous arrtlâmes à une hôtellerie nommée n la Perle de Bonheur n, el lA, grâces soient rendues ù la Commission des travaux, nous trouvAm^K ■des ouvriers réparant les routes.
A Ma-tine, il y avait un marché de moutons où des Mongols oifï'aient en vente leurs troupeaux. Les tendances nomades de ces Asiatiques sont pour ainsi dire invincibles. Je les ai vus, dans le quartier mongol, à Pékin, placer leurs bêles de somme dans l'intérieur de la maison qu'ils louaient et planter leurs tentes dans la cour extérieure. La condilion des animaux témoignait de la richesse des pâturages mongols, el les bergers, vêtus de peaux de moulons, avaient l'air robuste, en dépit de leur maigreur.
Au village de Sha-ho, nous fîmes une seconde halle dans l'auberge de la « Perrcction Patriotique ». Dans noire chambre, nous lûmes l'inscription suivante tracée sur une planche: » Tous ceux qui, dans la recherche de la fortune, ne sont guidés que par des principes purs, sont certains de la trouver, » A en juger d'après cet apophthègmo, noire hôte devait être un affreux gredin, la pauvreté de «on entourage prouvant qu'il avait dû courir après la fortune par un chemin peu avouable.
Nous passâmes la nuit dans l'auberge de Suy-shan, à Nankow. C'était un misérable établissement. La " grande chambre » mesurail environ deux mètres de large ; elle était garnie de l'étemel lit de briques, sous lequel se trouvait un four. Dans ces sortes de chambres, le feu est allumé le soir avec du charbon de bois, de sorte que les dormeurs courent le risque d'être asphyxiés. Il est certain que des accidents semblables doivent arriver de temps à autre. A part cela, ceux qui sont habitués à un lit de briques et & un oreiller de bois parviennent à trouver le sommeil ; à moins que, par hasard, les briques ne deviennent rouges, cas où on est exposé à être brûlé vif.
Nous quittâmes Nankow t six heures du matin, et suivîmes
DANS LA CHINE ET LINDO-CHINE. 47t>
l'ancienne rouie mongole, faite de blocs de porphyre et de marbre, dans des litières portées par deux mules, Tuno devant, Tautre derrière. Malgré l'importance du trafic existant dans cette région, entre le Tbibet, la Mongolie, la Russie et la Chine, la route^ en beaucoup d'endroits, était impraticable, pour ne pas dire dangereuse^ se déroulant, comme elle fait, autour de rochers à pic où le faux pas d'une mule peut provoquer une chute mortelle. Nous rencontrions incessamment de longs convois de chameaux, de mules et d'ânes, pesamment chargés, les uns de thé destiné aux marchés mongols H russes, les autres de denrées expédiées à la capitale par les provinces excentriques de la Chine.
A Kew-yung-kwan, un éperon intérieur de la grande muraille se projette à travers la route. Ici aussi se trouve la vieille voûte dont j'ai déjà parlé, et que M. Wylie a rendue célèbre, en traduisant la prière bouddhiste inscrite sur son mur intérieur en six langues différentes. Cette voûte porte aussi des bas-reliefs représentant les Rois des Divas de la mythologie bouddhiste. On suppose qu'elle a été construite sous la dynastie des Yuens, et était, dit-on, originellement couronnée par une pagode, détruite subséquemment par les Mings, pour la plus grande satisfaction des tribus mongoles. J'ai, ailleurs, signalé les figures mythologiques indiennes qui ornent cette voûte ; quant h la notice de M. Wylie sur l'inscription, elle se trouve dans le Journal de la Société Royale Asiatique, volume V, première partie, pages 14 et suivantes.
11 est indispensable d'apporter la plus grande attention dans les marchés que Ton conclut avec les gens du pays qui se chargent de piloter les voyageurs, car ils chen'hent à exploiter les étrangers de toutes les façons possibles. C'est ainsi qu'au moment de traverser les plus exécrables parties de la route la plus exécrable du monde, ils imposent un guide par chaque rocher, chaque monticule qu'il faut franchir. Ces piides eux-niùnies sont des exploiteurs par excellence, et à mesure que le chemin se fait plus difficile, les extorsions s'élèvent en proportion. Notre ami, M. Welmer, avait tout stipulé avant notre départ de Pékin, ce qui ne nous empêcha pas d'être exposés h des extorsions sans cesse renouvelées.
A la grande muraille, je dus, à mon profond regret,me séparer de M. Wylie, l'un des voyageurs les plus distingués et les plus modestes, en môme temps, que j'aie eu la bonne fortune de rencontrer.
La muraille a été souvent décrite, mais je confesse qu'elle m'a désappointé. Ce n'est qu'une gigantesque clôture en pierre, escaladant les montagnes et s'enfonçant dans les vallées. A l'endroit où je la visitai elle avait subi des réparations nombreuses et elle n'avait atteint ses massives proportions actuelles que sous la dynastie Ming. La portion que l'on en voit dans la passe Nankow, à Pan-ta-