‹ Dix ans de voyages dans la Chine et l'Indo-ChineChapitre 6 sur 69 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Corporations et sociétés secrètes parmi les Chinois, leur organisation et leur influence. — Émigration chinoise. — Vœu pour la libre émigration des femmes chinoises. — Troubles de Pérak. — Mines d'étain exploitées parles Chinois. — Malacca. — Sin^apore; son commerce et sa population. — Empaillement dun alligator. — Le dompteur de chevaux. — Les voleurs chinois. — Paysages de l'intéripur. — Maisons et amusements des résidents européens. — Une nuit dans les jungles. — Singulière façon de fondre les vases de cuivre. —Les Yacouns.

Les corporations et les sociétés secrètes semblent être une condition indispensable d'existence individuelle et de cohésion sociale pour les Chinois qui s'établissent en pays étrangersL. S'il n'en était ainsi, il serait difflcile de dire pourquoi nous tolérons dana nos établissements des Détroits des institutions de ce genre, car elles ont toujours été et continuent d'être une source constante d'embarras pour notre gouvernement. Bien qu'établies, au su de tout le monde, non-seulement pour protéger les Chinois dans leurs relations commerciales, mais pour les mettre à môme de tenir tête aux autorités politiques et de déjouer l'action de nos lois, on ne saurait cependant nier que parmi les règles de conduite auxquelles les membres de ces associations doivent se conformer, il n'y en ait de bonnes, de très-bonnes môme. Néanmoins si quelques-unes de ces règles sont la réalisation pratique de préceptes de la plus haute excellence morale, il en est d'autres qui sont absolument détestables el dont quelques-unes suffisent à expliquer comment nos fonctionnaires publics sont si souvent déroutés dans la poursuite des crimes perpétrés par les Chinois.

« Si un frère, dit une de ces règles, a commis un meurtre ou un vol, vous lie le dénoncerez pas ; mais vous n'aiderez pas à le soustraire à la justice et vous ne vous opposerez pas à son arrestation. » Une autre de ces règles dit : « Si vous avez commis une mauvaise action, vous viendrez recevoir votre châtiment des mains de l'association, mais vous n'irez pas vous remettre aux autorités du pays. » Ces deux exemples suffisent pour donner une idée des obstacles que les sociétés secrètes chinoises trouvent moyen d'élever pour protéger

les délinquants contre Taction de la justice. Autant que j'en puis juger par une expérience de plus de dix ans, je crois que la première des règles citées doit ôtre entendue dans ce sens, qu'elle enjoint aux Chinois de garder vis-à-vis des cours de justice le secret le plus absolu sur les crimes commis par un membre de leur fraternité, et comme le parjure fait pour sauver un ami est regardé par eux comme une preuve incontestable de haute rectitude morale, et comme d'ailleurs les faux témoins n'ont aucunement à craindre avec nous de se voir appliquer quelques-uns de ces instruments de torture qui sont en Chine les grands arracheurs de secrets, ils mentent aussi impudemment qu'impunément, et c'est ainsi que leurs sociétés protègent les criminels et rendent inutile tout appel que Ton pourrait fiiire à des témoignages chinois.

Ces sociétés sont de fidèles copies d'institutions semblables qui existent dans toutes les provinces de l'empire chinois, soit parmi la haute bourgeoisie, qui trouve dans ces associations le moyen de résister à l'oppression d'un gouvernement despotique, soit parmi les basses classes, qui s'unissent en clans et en corporations, pour faire échec au pouvoir de la bourgeoisie et des autorités locales et défendre leurs intérêts sociaux et commerciaux.

Le Chinois, qucUiue pauvre qu'il soit, croit, de très-bonne foi, que son propre pays, son propre gouvernement et son propre peuple sont infiniment supérieurs ù tout autre pays, à tout autre gouvernement, à tout autre peuple de la terre ; et, quand il émigré, il ne manque pas de s'engager avec ses confrères, dans une ligue qui lui permette de résister à ce qu'il regarde très-sincèrement comme les lois et les usages barbares des pays étrangers. Il se refuse absolument à croire qu'il puisse y avoir au monde une administration honnête et libérale, et, même après de longues années passées dans quelque colonie anglaise ou en Amérique, il ne peut se défaire de cette idée que c'est î\ rinlluence protectrice de sa puissante association ou union de métier qu'il doit les succès qui ont couronné sa carrière î\ l'étranger.

C'est à des sociétés de ce genre qu'il faut faire remonter la responsabilité des troubles qui menacèrent Singapore en 1872. En cette occasion, les principaux émeu tiers appartenaient à la classe des Sam-Sings ou combattants, dont chaque société a toujours un certain nombre à sa solde.

La cause immédiate de ces émeutes fut la mise en vigueur d'une nouvelle ordonnance qui avait pour but la régularisation, ou, comme il plut aux Chinois de le croire, la suppression d'une certaine classe de marchands ambulants. Ces marchands, membres toujours utiles sinon toujours innocents de toute communauté chinoise à Singapore ou dans tout autre lieu de l'Orient, éprouvèrent un vif mécon-

lentement en se voyant menacés de perdre en partie leurs moyens d'existence. Quelques-uns poussèrent la chose jusqu'à résister à la police. Aussitôt, dans divers quartiers de la ville les combattants ou Sam-Sings prirent leur parti. Voici le portrait que M. Whampoa, vieux négociant chinois établi depuis longtemps à Singapore, fait de ces derniers : « Ils vivent de pillage et sont à Taffût de toutes les occasions d'exercer leurs dangereux talents. Chaque hoey ou société doit en avoir un certain nombre, mais il est difficile de savoir exactement combien. Je suppose qu'ils sont payés par les hoeys et les maisons de prostitution. Ce sont de vrais sicaires et ils sont payés au mois. Toutes les fois qu'une effervescence populaire quelconque leur en offre l'occasion, ils se mettent en campagne, par bandes organisées pour le pillage. S'ils agissent ainsi par les ordres des chefs de leurs sociétés, c'est ce que je ne puis dire ; peul-ôtre le font-ils de leur propre mouvement. » 11 est constaté dans le môme rapport que ces malfaiteurs sont maintenant phis nombreux que jamais, expulsés qu'ils ont été du voisinage de Swatow, ville du sud de la Chine. J'ai signalé dans un autre ouvrage * l'état de perturbation qui règne dans la province de Kwang-Tung, et les mesures rigoureuses prises par Juilin, le gouverneur général des deux Kwang, pour le rétablissement de l'ordre. Mais (juelques-uns des incorrigibles vagabonds qui ont échappé à la justice de Juilin sont venus s'établir à Singapore et dans d'autres possessions anglaises, et là, grâce à la protection dont les couvrent leurs associations, ils trouvent un emploi fréquent et lucratif de leurs talents pour le pillage et peut-être pour le meurtre. A première vue, il paraît étrange que les Sam-Sinys trouvent dans les colonies anglaises des facilités pour exercer leur criminel métier, et môme de plus gr.andes que sous le gouvernement corrompu d'un pays aussi désorganisé que le leur. Mais tous ceux qui ont voyagé en Chine et ont apporté un esprit d'impartialité dans leurs observations, reconnaîtront avec moi que , quelque arriérés qu'ils soient sous d'autres rapports, les gouverneurs tartares savent très-bien, quand cela leur convient et que le peuple n'est pas en pleine rébellion, tenir en respect les pillards. Cela est si vrai (pie fréquemment l'écume de la population en est réduite pour dernière ressource A l'émigration vers des cieux plus favorables. Une des choses qui contribuent le plus au maintien de l'ordre en (Uiine, c'est le respect superstitieux des Chinois pour leurs ascendants. Qu'un fils commette un crime et échappe par la fuite î\ la vindicte sociale, et son père et sa mère sont passibles des peines ((ui l'auraient frappé.

1. Illustrations of China and its people (Description de la Cliine et de sa population).

€ette loi, à suppaser même qu'elle pût être appliquée en pays étranger, n'atteindrait guère son but, les émigrants amenant bien rarement avec eux leurs femmes ou leurs ascendants ; et ce seul fait, — Tabsence des puissants liens de famille, si sacrés aux yeux de cette race, — suffit à expliquer les difficultés que trouvent nos auto rites à réprimer les crimes et les vices de cette partie de la population. Il ne faut pas non plus oublier qu'un malfaiteur chinois qui, dans son pays, tomberait promptement sous les coups de la justice (à moins qu'il ne pût acheter, à prix d'or, son impunité), jouit, dans une ville comme Singapore, de tout l'appui que ses compatriotes peuvent lui donner contre les juges du pays. Ici, en effet, les victimes de ses déprédations sont des étrangers, et la vindicte à laquelle il s'agit de le soustraire n'est après tout que celle de ces diables blancs qu'en tout temps et en tout lieu le Chinois se fait un plaisir de tromper.

Un petit nombre d'immigrants chinois épousent des Malaises et s'établissent définitivement dans les détroits ; mais le plus grand nombre restent célibataires. Que l'un d'eux, déçu dans son espoir de revoir le village qui lui donna le jour, vienne à mourir en pays étranger, l'on peut être sûr que ses amis dépenseront jusqu'au dernier sou de ses économies pour envoyer ses restes rejoindre en Chine ceux de ses ancêtres. Ainsi s'est établi un double courant de vivants et de morts entre les colonies des Détroits et les provinces méridionales de la 7'er?*e des fleio^s.

A coup sûr, il serait possible d'introduire dans nos traités certaines clauses destinées à changer tout cela et à améliorer beaucoup l'état social et moral des Chinois qui s'établissent dans nos possessions. Dans maints districts de la Chine le nombre des femmes est tellement supérieur à celui des hommes qu'une foule d'enfants du sexe féminin sont encore aujourd'hui sacrifiés par leurs parents.

Une très-faible proportion de ce surplus de la population féminine est soutirée par des agents indigènes qui achètent ces enfants pour quelques dollars «t les embarquent, émigrantes involontaires, pour les ports étrangers où abondent leurs compatriotes, et où elles sont tenues prisonnières dans des opium-dens et des maisons de tolérance, jusqu'à ce qu'elles aient remboursé à leurs exploiteurs, au prix de longues années de prostitution, l'argent qu'elles ont coûté et celui qu'on a dépensé pour leur voyage et leur entretien. Cet ignoble commerce a été depuis longtemps, comme tout ce qui se fait par les Chinois, réduit en système, et il prospère, sous la haute protection des associations chinoises organisées dans les diff'érents ports. Je ne doute pas que les coolies, qui fréquemment laissent en Chine leurs femmes et leurs enfants, ne les amenassent volontiers avec eux, si leur gouvernement le leur permettait, et s'ils se sentaient eux-mêmes

pleins de cette sécurité que les lois des nations chrétiennes devraient leur inspirer pour l'avenir. La libre émigration des femmes devrait aussi être encouragée, car les jeunes Chinoises non-seulement font d'excellentes servantes, mais sont très-utiles dans les travaux des champs, et ne manqueraient pas de trouver d'industrieux époux parmi leurs compatriotes. Ce plan tendrait aussi à diminuer le massacre des enfants du sexe féminin, fléau des provinces chinoises qui foornissent le plus à l'émigration.

J'ai déjà parlé des combats entre Chinois dont Pérak a été le théâtre. Pérak est un État malais au sud de Quédah, et dont la côte fait suite à celle de Province-Wellesley.

Les mines d'étain de Pérak sont depuis longtemps fameuses, et elles ont attiré en grand nombre les mineurs chinois. 11 en est résulté que les Chinois, propriétaires de ces mines, se sont jugés assez forts pour s'émanciper et pour traiter de haut les autorités locales.

Le lieu où les derniers troubles prirent naissance est un petit cours d'eau sur les bords duquel se trouvent les mines de Larout. Une société chinoise se permit de détourner le cours de la rivière, et d'enlever ainsi aux mines situées plus bas, l'eau nécessaire au lavage de l'étain. Aussitôt la société contre laquelle cette aggression était commise s'adressa aux autorités indigènes de Pérak pour faire mettre à la raison la société rivale ; mais le Meuntrie ou Rajah inférieur ne se trouvant pas assez puissant pour terminer la querelle, soit par un arbitrage, soit par la force, les Chinois se mirent en devoir de le chasser du pays et d'en appeler au sort des armes pour régler leur différends.

Outre les soins que nous devons h nos propres intérêts commerciaux, nous sommes tenus, par traité, de protéger, en cas d'insurrection, le sultan de Pérak et le rajah Meuntrie de Larout. Sir Andrew Clarke, gouverneur actuel des Détroits, prit en conséquence les mesures nécessaires pour rétablir Tordre dans la province agitée par les querelles intestines des Chinois. Une des sociétés en lutte était parvenue à chasser des mines sa rivale, et celle-ci, à bout de ressources, se livrait, pour vivre, à la piraterie. La paix, à la longue, a été rétablie et le pays placé sr)us la protection immédiate du drapeau anglais. Un traité provisoire a été rédigé, en vertu duquel un résident anglais est associé au rajah de Larout pour l'administration du pays. Tout cela est assez satisfaisant. J'espère maintenant que les mesures décisives prises par le gouverneur des Détroits seront approuvées et confirmées par le gouvernement anglais, car rien n'est plus important pour notre commerce que la suppression de la piraterie et des émeutes. D'ailleurs les richesses métalliques du pays, richesses qui font la prospérité de nos marchands de Pénang, valent bien qu'on se donne quelque peine pour les garder. Une bande de

terre large de cinq milles (8 kiloni.), vient de nous être cédée le long de la côte de Pérak, et j'espère bien voir s'y accomplir une transformation analogue h celle que nous avons pu observer dans la province de Wellesley, où les capitaux et les machines sont aujourd'hui si utilement appliqués à la production du sucre.

Dans la province de Pérak les mines d'étain sont entièrement au\ mains des Chinois, mais les inventions mécaniques doivent y révolutionner l'industrie minière, et un vaste champ est ouvert à leur introduction.'

Un des derniers numéros de la Pénang -Gazette nous fournit des détails sur la façon dont les Chinois pratiquent Tindustrie minière. Pour se rendre compte de la valeur du sol qu'il veut exploiter, un Chinois y prend ce qu'il faut de terre pour remplir une calebasse, et si cette terre, convenablement lavée, lui laisse un résidu métallique haut de deux doigts, il en conclut que la mine vaut la peine d'être exploitée. Quand il ouvre sa mine, il ne creuse qu'à quelques pieds de profondeur, quinze ou vingt au plus. Pour rien au monde on ne lui persuaderait de descendre à une profondeur où sa simple mais ingénieuse chaîne à godets ne suffirait plus pour élever l'eau qui s'amasse au fond du puits. Quand la profondeur de celui-ci menace de dépasser la puissance de son chapelet hydraulique, il l'abandonne, et jamais l'idée ne lui vient d'ouvrir des galeries.

Le salaire des mineurs chinois est communément d'un shilling par jour, et le profit est d'environ trois livres dix shillings (87 fr.) par quintal de métal pur livré franc de port à Pénang.

J'ai visité Malacca, mais, n'v trouvant rien de bien intéressant ni de bien profitable, je n'y suis resté que fort peu de temps. Malacca est une ville étrange et qui semble endormie comme une vieille ville hollandaise quelle est. On y peut manger d'excellents fruits et y jouir pleinement de l'aimable hospitalité des descendants des anciens colons portugais et hollandais. Charmant séjour pour le célibataire au cœur tendre, qui, parmi les filles de ce climat doré, voudrait se pour\oir d'une épouse pleine d'attraits ; mais qu'il ne s'y arrête pas, celui qui n'est pas disposé à se marier, à moins qu'il ne soit à répreuve de tout ce qu'ont de plus irrésistible des yeux noirs et langoureux, des cheveux noirs et soyeux et des formes dont les sylphides seraient jalouses. C'est un point du monde où le loisir semble avoir élu domicile, et où vous le trouvez assis à toutes les portes, assoupi comme la mer paisible, indolent comme les grands palmiers dont les larges feuilles se balancent au-dessus des vieilles maisons encore pimpantes et requinquées sous l'estompe du temps. C'est les mains pleines de fruits délicieux qu'à chaque saison nouvelle, s'y présente la nature ; elle les laisse tomber jusque dans les rues, elle les étale sur le bord des chemins où les plus beaux ananas ne tentent

même pas les gras et insouciants pourceaux qui ne daignent pas s'arrêter pour leur donner un coup de dent. C'est vraiment un pays où la vie pourrait s'écouler douce, agréable, inutile, moitié veille et moitié sommeil.

Ce ne sont là, toutefois, que des impressions passagères, et Malacca peut, après tout, devenir une ville digne à tous égards de la célébrité du détroit qui porte son nom. Malacca offre incontestablement un grand intérêt au point de vue purement historique. Elle fut en effet le siège d'un puissant empire malais, dont la plus haute période de prospérité remonte au treizième siècle, époque où l'empire de Cambodge était déjà sur son déclin. Plus tard elle devint l'un des principaux centres commerciaux établis par les premiers navigateurs portugais.

Singapore, au contraire, n'a, que nous sachions, ni histoire ancienne, ni tradition intéressante. Les vieilles cartes chinoises, aussi bien que les européennes, établissent que la primitive Singapoura était une partie du territoire de la péninsule, et non l'île qui porte aujourd'hui son nom et usurpe sa place dans l'histoire ; et ce n'est que depuis que cette île a été annexée aux possessions anglaises par sir Stamford Raffles qu'elle a acquis une grande importance commerciale 4;t politique.

11 n'y a p.is encore bien longtemps, cette île, comme des centaines d'autres que baignent les mers de l'Orient, n'offrait, sur la lisière de la jungle impénétrable qui la couvrait, que quelques misérables huttes de pêcheurs disséminées çà et là sur la côte. Mais pas n'est besoin de m'étendre sur la récente histoire de cette colonie. Quand je la vis pour la première fois, en 1861, je fus frappé d'étonnement à la vue de la ville européenne. Depuis lors elle n'a fait que croître et embellir, et les rangées de docks splendides, les ponts, les entrepôts, les monuments publics qui sans cesse s'ajoutent les uns aux autres, témoignent assez de sa prospérité ininterrompue. Durant ces quelques années, elle a subi d'étranges vicissitudes de fortune. D'abord ce ne furent, dans le port et sur la rade, que navires aux voiles carrées, jonques chinoises et barques malaises. Aujourd'hui, si nous devions prendre le nombre de ces navires comme mesure du commerce de l'île, nous serions forcé de conclure que sa prospérité a rapidement décliné, car, à quelque saison de l'année que ce soit, les navires à voiles sont comparativement rares dans le port. Mais il ne faut pas perdre de vue que durant cette période la marche du progrès, bien qu'à peine perceptible pour ceux qui n'ont cessé d'habiter ces contrées lointaines, a été rapide, et prodigieuse dans ses résultats.

Un cable sous-marin a mis Singapore à quelques heures de Londres, tandis que l'ouverture du canal de Suez et l'établissement de

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