‹ Dix ans sur la côte du Pacifique [microforme]Chapitre 7 sur 23 · EG · texte numérisé non relu

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malle, ét peut-être retarde: notre course, on même causer du dommage au bateau. Il y eut bien des conversations à ce sujet, et les prophètes de malheurs exagéraien: beaucoup les suites furestes de pareilles rencontres ; mais nous en fûmes quittes pour la peur.

Combien de fois, pendant les longs jours de l1 traversée, n’apercevant que le ciel et Péau, nous nous promenions d’un bout du pont :

Pautre en nous disant : Verrons-nous la terre encore une seule fois dans notre vie? Reverrons-nous notre cher Canada ? Et une sombre pensée s'élevait dans notre esprit en songeant que peut-être jamais nous ne contemplérions de nouveau les traits de nos chers amis du Canada. Oh! s’écriait-on, a ciel, du moins, nous les-reverrons, nous les saluerons avec le sourire sur les lèvres, et nous les aimerons mieux que jamais, purifiés, comme nous le serons, par les flammes de l'amour divin !

Le 23, au matin, nous aperçumes les côtes de l’'Isthme de Nicaragua, et bientôt après la petite ville de St. Jean du Nord, baptisée par les Américains, Greytown. Elle était un peu relevée de-ses ruines ; car en 1849, Walker, avec ses flibustiers l’avaient réduite en cendres. Là, nous fûmes bien prêts à ètre jetés sur la côte par un véritable ouragan. Pas une seule personne ne put rester sur le pont, tant le vent y souffidit avec violence, et tant il était inondé par les vagues. Sans doute, ce fut grâce aux bonïes prières de nos bien aimés parents et ainis que nous échappämes à uñe mort imminente. Après six heures de ballottements et

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de périlleuses tentatives faites pour passer la baïre, nous:entrâmes enfin dans l'embouchure de la rivière St. Jean; à 130 milles, au Nord de Panama et à onze degrés seulement de l'Equateur.

Là se ternrine la course de l'America. Il doit attendre les passagers de la Californie qui s'en vont à New-York. Adieu donc,océan Atlantique, sur les bords duquel repose notre beau Canada, notre chère Patrie ! Adieu donc, tendres parents, sœurs et frères bien-aimés, amis chéris ! N’oubliez point d'exhaler:une prière pour les vôtres qui eux aussi se souviennent de vous !

Le. 24, jour de la St. Jean-Baptiste, nous voyageàmes sur la rivière de ce nom par une température douce et agréable. Nous étions portés par un petit bateau qui ne tirait pas plus de trois on quatre pieds d’eau. Un second avait à bord les malles etle bagage des passagers.

L’'Isthme est le séjour ordinaire des crocodiles, des siiges et des perroquets. Autant . nous rions devant les jeux folâtres des singes, autant nous frémissons en présenee d'énormes crocodiles, pour qui, le corps entier d’un homme n'aurait pas fait mal à l'estomac. La rivière St. Jean {longue d'environ 75 milles] est magnifique, quoique bien tortueuse ; si: elle était appelée Serpent, elle aurait un nom qui lui conviendrait mieux ; elle est très poissonneuse.: Ses rives sont charmantes ; on y rencontre ça et là de fort beaux paysages. La végétation-lors de notre passage, était tout-à-fait luxuriante. Ce:qu'il y eût d'extraordinaire pour nous c’est que pendant les cinq jouts:de notre passage au travers de

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l'Isthme [qui a 200 milles de largeur] avec un soleil brillant, il--plut ‘toutes les après mid: : c'était une bienfaisante ondée qui rafraichissait nos fronts. On imagine, sais peine, les dégats commis par les voyageurs, quand ils en avaient la chance, parmi les oranges, les bananes, les cocos, at le fruit .de l’arbre à pain. Malgré toutes les recommandations des anciens voyageurs chacnn voulait satisfaire son goût en cette matière.

Les quelques Espagnols, que nous rencontrâmes au Fort Castillo, montrèrent beaucouy de politesse et de respect envers les missionnaires. : En reconnaissance de quelques dons de croix et de médailles, une quête fut faite entre eux et déposée entre les mains des Prêtres, qu'ils baisèrent respectueusement, comme c’est leur habitude ; puis ils souhaiïitèrent aux missionnaires toutes les bénédietions du ciel. Il fallait voir, en outre,.ces pauvres indigènes nous offrir gratis, du pain, des gâteaux, et du café, lorsque nous passions le long des tables qu'ils avaient dressées pour les passagers.

Sur le lac Nicaragua [115 milles de longueur sur 40 de largeur), plusieurs d’entre nous eurent encore à souffrir. Il faisait un grand vent et les vaguess’élevaient comme sur l'Océan. À l’éxtrémité d’une île, située au milieu du lac, est un pic de 6,000 pieds de hauteur. A distance, il semble surgir de l’eau et s'élever comme une majestueuse pyramide. On dit que c'est un ancien volcan aujourd'hui éteint.

Le 4e jour de voyage sur l’Isthme nous trouve à la baie de la Vierge ; c'est à grande peine que

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