Imitation de Jésus-Christ, I
ensemble se réjouissaient de collaborer, chacun pour son humble part, à Toeuvre sainte.
Et bientôt, pierre à pierre, lentement, Téglise monta, monta vers le ciel.
Un des anciens moines du couvent, mort en odeur de sainteté, avait écrit ces mots dans un petit livre de méditations pieuses, qu'il avait appelé Ylmitalion de Jésus- Christ:
« Ne disputez pas des mérites des saints. Ces recherches produisent souvent des contestations inutiles ; elles nourrissent Torgueil et la vaine gloire d'où naissent la jalousie et les dissensions, celui-ci préférant tel saint, celui-là tel autre... L'examen de pareilles questions, loin d'apporter aucun fruit, déplaît aux saints*. »
Les bons moines manquèrent à ce précepte, un soir qu'ils devisaient entre eux sur la terrasse du couvent, après l'angélus. Non seulement ils disputèrent du mérite de plusieurs saints, mais encore de celui des trois personnes de la divine Trinité.
Il s'agissait de savoir sous quel vocable leur église serait placée; et chacun proposait son sentiment et le soutenait avec ardeur.
Peut-être, s'ils avaient été de moins pieux personnages, eussent-ils trouvé meilleur de goûter silencieu-