‹ Dix-huit ans chez les sauvages [microforme]Chapitre 18 sur 100 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

La Compagnie de la baie d'Hudson. — Son organisation. — Son importance, — Bons rapports des missionnaires avec elle

Avant de reprendre le récit de mon voyage de la Rivière-Rouge à l’île à la Crosse, puisqu’un établissement de la Compagnie de la baie d'Hudson s’est trouvé sur mon passage, je crois que le lecteur lira avec intérêt quelques détails sur l’organisation de cette grande compagnie.

La Compagnie de la baie d'Hudson est composée en général de commerçants anglais ; le gouvernement lui a donné le droit exclusif de commercer dans tous les pays sauvages de l'Amérique du Nord. Cette compagnie date de 1670, époque à laquelle Charles IT lui octroya, par charte, les droits qu’elle possède aujourd’hui,

Une autre compagnie exista longtemps concurremment avec elle, celle du Nord-Ouest. En 1821 les deux compagnies se réunirent, et la Compagnie de la baie d'Hudson à depuis lors considérablement augmenté ses établissements.

La Compagnie de la baie d'Hudson se compose des actionnaires propriétaires, qui résident à Londres ; ce sont eux qui possèdent tous les biens-fonds, et qui ont la plus grande part aux bénéfices annuels.

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Le comité des actionnaires propriétaires envoie dans les pays sauvages des agents qu’on appelle :

Chefs facteurs,

Chefs traiteurs,

Commis de première classe,

Commis de deuxième classe, et apprentis commis.

Comme officiers de subalternes, il y a :

Les chefs de postes,

Les interprètes.

Les agents explorent le pays, jugent de l’opportunité de nouveaux comptoirs, achètent les fourrures et les rapportent de l’intérieur aux ports de mer. Lise termine leur tâche; des vaisseaux les transportent en Angleierre, et les actionnaires les vendenten déduisant chaque année les bénéfices nets.

Les frais de transports et de commis prélevés, ils divisent le profit net en quatre-vingts parts. De ces quatre-vingtsparts les actionnaires en ont quarante; les quarante autres sont subdivisées encore en quatre-vingts, qui sont distribuées aux agents provinciaux des pays sauvages.

Les chefs facteurs ont deux parts.

Les chefs traiteurs ont une part.

Et quand les uns ou les autres sortent de la compagnie ils ont encore, pendant sept ans, la moitié du revenu qu’ils auraient eu s'ils y étaient restés en activité de service.

Le comité de Londres envoie à ses frais, dans les pays sauvages, un gouverneur auquel les agents reconnaissent un pouvoir absolu,

Lorsqu'un commis de première classe est reconnu

capable, sur le rapport du gouverneur, le comité de Londres lui envoie ce qu’on appellesa commission sur parchemin, il est nommé chef traiteur ; — plus tard, s’il en a la capacité, il devient chef facteur.

Les chefs facteurs seuls ont voix délibérative dans le conseil qui est tenu annuellement par le gouverpement local,

Ces chefs facteurs sont généralement à la tête du district, et ont sous eux des chef traiteurs et des commis de toutes les classes. — Ils exercent dans leur district un pouvoir absolu.

Quand il n’y a pas suffisamment de chefs facteurs, un chef taiteur peut être chargé du district.

Les postes de cette compagnie sont échelonnés, depuis les bords du Labrador jusqu’à la Colombie d’un côté, et, de l’autre, jusqu’à la mer Glaciale et aux Îles adjacentes. Son commerce exclusif consiste dans les fourrures que les sauvages apportent de l’intérieur des terres aux différents postes; — ils reçoivent en payement des objets de quincaillerie, mercerie, draps, habillements.

Les sauvages ne connaissent pas la monnaie... Ils ont le bonheur de ne pas en avoir besoin.

Il serait difficile de fixer le prix de la pelleterie.

L'unité de monnaie s'appelle dans le pays un plue: — le plue représente la valeur d’une peau de castor, qu’on estime 4 à 5 francs.

Les peaux les plus précieuses sont:

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- Les peaux d’ours noirs.,.......... de 6 à 10 plues. — de renards noirs.......,. de 6 plues.

— de renards argentés.... de 5 plues.

— de. loUtPO8, 6.000 de 2 à 3 plues.

— de pécaris..........,.. de 1 à 4 plues.

— de martres........,.... de 1 à 4 plues.

— de foutreaux,.......... de 1/2 à 1 plue.

— derenardsrougeset blancs. de 1 plue.

Il y a aussi une foule d’autres petites peaux, telles que les rats musqués, herminetles, peaux de cygnes, dont Ja valeur varie beaucoup.

Les sauvages contractent habituellement envers la Compagnie, une dette en automne, mais qu'ils doiventpayerauprimptemps. Si le créancier meurt pendant l'hiver, nises enfants ni ses parents ne sont responsables de sa dette, parce qu’aussitôt qu’un enfant est capable de chasser, il contracte pour son propre compte.

Lorsqu'un sauvage est obéré de dettes, ce qui lui arrive quand la maladie ou une mauvaise chance ne lui ont pas permis de faire chasse, la Compagnie lui refuse le superflu, mais jamais le nécessaire, tel que poudre, plomb, balles, filets, couvertures, etc.

Les vieillards et les pauvres doivent êtreégalement secourus, et le sont en effet bien souvent; mais comme ceci est un peulaissé à l'arbitraire d'officiers subalternes, les misères ne sont pas soulagées partout de la même manière.

IT

Si nos missions existent, c’est en grande partie à l'honorable Compagnie de la baie d'Hudson que nous le devons.

12 Voici la réponse que me faisait, il y a quelque temps, sir Edmond Head :

| « Vos demandes sont très-raisonnables, et les « membres de la Compagnie s'accordent tous à dire « que nous ne devons rien vous refuser de ce qui est « en notre pouvoir, à vous qui consacrez votre vie et « votre repos à instruire des peuples qui sont sou- « mis à notre empire.

« Nous sommes donc prêts à accéder à toutes vos

« demandes dans la mesure du possible. »

Eu Les rapports des missionnaires avec les différents membres de la Compagnie sont fréquents, et je me plais à consigner ici que nous avons toujours en à

ii nous féliciter de leur politesse, de leurs soins obliae geants, de leur bonté.

(L Les gouverneurs Colville et Dallas ont thuioiite fait des recommandations très-positives, afin que nous fussions partout traités honorablement el qu’on

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