‹ Dix-huit ans chez les sauvages [microforme]Chapitre 30 sur 100 · ER PRE SEE RAR TER · texte numérisé non relu

ER PRE SEE RAR TER

a LP 3 a re is à =

es rer Se

; nn S

Re

Rap mg Rod FRA

SERRE . B's=-Æ PET sa Ke LE

donne des coups de bâton, je crois que c’est là mon seul péché.

— Je t’'apprendrai plus tard en quoi consiste le péché et ce qu'il faut faire pour aller au ciel; confietoi à moi : venez m'entendre tous chaque fois que vous reviendrez de la chasse, et Dieu fera le reste.

— Mais les femmes sont-elles mauvaises dans le ciel ?

— Elles ne sont pas plus mauvaises que les hommes, puisque tout le monde y est bon.

— S'il en est ainsi, je serai content, car les femmes jusqu'ici ont été la cause de toutes mes méchancetés,

Ces sauvages, que j’appelais les hommes & por, se retirèrent satisfaits de mes explications ; ils partirent

le lendemain en promettant de revenir plus tardavec leurs familles,

Je venais constater mes progrès dans l’étude du montagnais.

Vers la fin du mois de mars, un matin, comme j'étais à étudier tranquillement dans ma chambre, j'entendis tout à coup les portes s'ouvrir avecfracas; des voix nombreuses retentissaient dans le poste. Surpris de ce bruit inusité à pareille époque, je me dirigeai du côté d’où venaient les clameurs.. C’était une vingtaine de familles sauvages qui arrivaient du désert.

— Le temps nous a paru bien long, depuis l’au-

tomne dernier que nous t’avons quitté, me dit l’un d’eux. Nous avons hâté notre retour, afin que tu puisses nous instruire; nous voici tous à ta disposition, nous t’écouterons et tu nous baptiseras.

Ces sauvages étaient des environs d’Atthabaskaw.

Je répondis :

— Si toi et les tiens vous tenez vos promesses, moi je tiendrai les miennes. Je vous instruirai, et je ferai de vous des homines par le baptême.

Je puis dire que c’est ce jour où commença réellement mon apostolat. Soir et matin je réunissais mes néophytes; jecommençai par exposer à leurs yeux de gros caractères que j'avais écrits en leur propre langue. Mon but était de les initier d’abord à la parole écrite. J’eus besoin d’une patience peu ordinaire dès les premières leçons. Tout ce que je demandais à Dieu pour l'instant, c'était de parvenir à en inilier quelques-uns, afin de bien leur faire comprendre que je n’exigeais pas une chose impossible. Chaque jour il arrivait de nouvelles familles, toutes plus empressées les unes que les autres, mais toutes, au premier abord, croyaient à l'impossibilité de comprendre mon alphabet. Enfin au bout d’une quinzainé de jours, j'avais trois jeunes sauvages qui pouvaient épeler quelques mots. Ce phénomène encouragea les autres ; ils ne doutèrent plus de mon talent, qu'ils disaient surnaturel.

Pendant ces quinze premiers jours, j’avais baptisé une trentaine d'enfants, régularisé plusieurs ma-

EE Rs A + S = F ER Es =

: = sais 5 2 ma Eee : =*

eq

riages, et surtout empêché plusieurs vengeances en réconciliant des ennemis mortels.

Outre mes leçons de lecture, je faisais chaque soir un petit discours. Les sauvages m’écoutaient avec bonheur, surtout quand je leur parlais de la France, cet que je leur faisais le récit des cérémonies reli-

Re gieuses. | NE On Sentant que j'étais compris et le cœur satisfait, je Ii Are rendais grâce à Dieu.

ni ‘ Malheureusement l'époque de leur départ pour la Ê gt chasse arriva. Ils me quittèrent la plupart en pleu-

RE rant, et emportèrent dansle désertquelques tableaux

ue où j'avais tracé des caractères de leurlangue, me pro-

mettant tous de bien étudier sous leurs tentes.

ere mme du

Page 1