‹ Dix-huit ans chez les sauvages [microforme]Chapitre 48 sur 100 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

La rivière à la Paix, — Beautés du paysage, — Commencement des difficultés de ce voyage. — Les rameurs découragés. — Ils veulent retourner. — Le missionnaire refuse. — Le canot est crevé. — Des secours arrivent. — On repart à cheval. — Arrivée à Dunvergun.-— Joie des Castors. — Leur démoralisation. — L’incantation chez les Castors. — Le jeu de main. — La médecine des Castors. — Les docteurs ès magie. — Les Castors ne veulent pas renoncer à leur superstition. — Une fête chez les Castors. — Le Redoutable, — Festins, danses. — Caractère des Castors.

Un des affluents du lac Atthabaskaw est la rivière à la Paix; ce nom lui vient de la paix qui fut faite il y a environ soixante ans entre les Montagnais d’un côté et les Castors de l’autre.

Cette rivière prend sa source dans un petit lac situé au haut des montagnes Rocheuses. Dans son cours rapide depuis sa source jusqu’au lac Althabaskaw, deux cents lieues environ, elle s’est creusé un lit trèsprofond; sur son parcours on aperçoit des côtes abruptes qui ne mesurent pas moins de 300 mètres de hauteur, on assure même qu’un peu plus loin il en existe de plus élevéés.

Vers la fin du mois de juin et pendant le mois de juillet, la rivière, accrue par la fonte des glaces des

montagnes Rocheuses, entraîne dans sa course des bois de haute futaie ; j'ai mesuré quelques-uns de ces troncs d'arbres quiavaient 4 à 6 mètres de circonférence, La masse d’eau de cette rivière à cette époque est immense. J'ai vu souvent le lac Atthabaskaw, qui déverse lui-même son trop-plein dans la grande rivière des Esclaves, monter en peu de jours de 3 à 4 mètres sur toute sa vaste superficie.

Les rives de la rivière à la Paix, d’une extrémité à l’autre, sont riches de toutes manières, le sol y esl excellent et serait très-fécond s’il était livré à la culture, J'ai vu au fort Vermillondes “ns de blé en parfaite maturité,

Plus on remonte la rivière, plus le climat est tempéré. La pierre à chaux, le plâtre, le charbon de terre, le soufre pur et transparent, le fer, l’airain, que sais-je encore ? toutes les richesses abondentsur ces rivesinexplorées; j’ai trouvé même, en remontant le cours d’un torrent, un limaçon de mer pétrifié dont les parois intérieures étaient recouvertes d’une forte couche d’une matière jaune et luisante que je pris pour de l'or.

J'ai su, depuis, qu’une mine d’or a été découverte non loin de là.

Les hauteurs éloignées de cette rivière sont recouvertes de hautes forêts, et, au bas, se déroulent d'immenses et fécondes prairies, dédaignées maintenant par les buffles qui autrefois y étaient très-nombreux. Aujourd’hui tous les affluents de la rivière abondent en castors. C’est le voisinage de ces animaux qui à fait donner aux sauvages, habitants de ces gonpuées, le nom de CASTORS.

Je si les mal peuàl qu'elle porter

Le « Castor depuis

La ( le long à Duni pelé le

Mon ter tot miersf ser ens quelqu millon spiritu dene t

Le!

thabas à la Pr Compa guide ; lard à

e des de ces onfé- >oque W, qui de rile 3 à

nité à l'y esl la culn par-

at est Jon de airain, entsur ontant édont e forte e pris

uverte

recout d'imtenant breux.

bndent Lquia atrées,

Je savais cette tribu dans une position affreuse ; les maladies, suite de leur viedéréglée, lesdécimaient peu à peu; depuis longtemps je gémissais en pensant qu'elle était sur le point de disparaître et je voulais porter la lumière au milieu de ces ténèbres.

Le dessein d'entreprendre une mission chez les Castors m’occupait depuis longtemps, c’est-à-dire depuis le jour où j'avais entendu parler d’eux.

La Compagnie de la Baie d'Hudson a trois forts le long de larivière à la Paix, un au Vermullon, l’autre à Dunvergun et le troisième presque à sa source, appelé le fort John.

Mon but, en enlreprenant ce voyage, était de visiter tous les sauvages qui fréquentent ces deux premiers postes, de juger de leurs dispositions et de dresser ensuite mes plans. Je m'étais proposé de passer quelques jours à Dunvergun et quelques jours au Vermillon, espérant recueillir une abondante moisson spirituelle. La Providence en avait décidéautrement. Je ne trouvai que des fatigues et des dangers.

TI

Le 15 septembre 1859, quittant ma demeure d’Atthabaskaw, je me déterminai à remonter la rivière à la Prix, accompagné d’un chargé d’affaires de la Compagnie, de huit jeunes rameurs et d’un vieux guide; je devais arriver vers le 45 octobre au plus tard à Dunvergun, époque où j'étais sûr d’y rencon-

ue SY

Page 1