‹ Dix-huit ans chez les sauvages [microforme]Chapitre 56 sur 100 · TES · texte numérisé non relu

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ment de la retenue leur est inconnu; ils sont méchants plus par ignorance que par instinct. Leurs vices sont moins le résultat de leur nature que du milieu abject où ils vivent ; ils sont égoïstes, et cela s'explique par la nécessité où ils sont de ne s'occuper que du soin de leur existence. Le chacun pour soi est la loi naturelle de tous les peuples vivant encore à l'état de nature, et, comme les peuples à l’état de nature sont faciles à entraîner, il y a toujours parmi eux quelques imposteurs habiles qui les dominent et deviennent, le plus souvent, les instigateurs de leur cruauté.

La nature des sauvages est bonne, et la preuve, c’est que, dans les tribus converties, la loi du Christ est respectée, le meurtre et le vol n'existent plus qu'en souvenir. Le mariage, en détruisant la polygamie, a créé la famille; l’accroissement du bien-être matériel qui s’en est suivi les a vite convaincus que la religion seule pouvait les rendre heureux.

Encore quelque temps, et la barbarie, fruit de la superstition, disparaîtra de cette partie du nouveau monde, comme elle a disparu de la Bretagne et de la Gaule, du haut et du bas Canada.

La civilisation chrétienne, qui a régénéré tant de peuples depuis la venue de Jésus-Christ, pénétrera un jour dans les pays les plus reculés de l'Amérique du Nord.

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