CHAPITRE XVI
Les EscLaves (Desyake-Otliné, les habitants du long de la rivière).
Ces sauvages habitent sur le bord ouest du grand lac des Esclaves, au 72° de latitude nord et au 118° de longitude ouest.
Les Esclaves sont les plus doux, les plus affables et les plus obséquieux des sauvges — un enfant anglais ou français peut les commander et sera toujours obéi. On trouve parmi eux des familles patriarcales, qui datent de très-loin. M# Faraud a vu une vieille femme qui avait son fils, son petit-fiis et les enfants de ses arrière-petits-fils. Cette femme se souvenait des premiers Français qui arrivèrent à la baie d'Hudson. Il y avait quatre-vingts ans de cet événement quand cette femme en parlait. |
Les Esclaves ont la taille moyenne, ils ne paraissent pas très-forts, mais ils sont en général assez robustes; ils ont surtout une grande activité : leur figure est un peu allongée, comme celle des Cris; ils ont un maintien calme qui dénote la quiétude de leur âme, un regard doux, qui exprime la douceur de leur caractère et qui inspire l'intérêt, un front proéminent qui indique l'intelligence.
Ils ont prouvé du reste leur aptitude pour l'ins truction. Un grand nombre aujourd’hui savent lire el écrire, et dans les fréquents voyages que M£' Faraud a faits parmi eux, il a pu s'assurer que ce peuple serait bientôt entièrement régénéré par le christianisme. Leur langue ne s’éloigne pas essentiellement de celle des Montagnais.
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Les Esclaves aiment passionnément la religion; la bonté de leur âme et le manque complet de tout culte extérieur la leur rendaient nécessaire ; — aussi ils l’'embrassent aussitôl qu'ils la connaissent,
Il y a, sans doute, parmi eux encore quelque âmes perverses, chez lesquelles l'instinct de la barbarie étoulffe la vérité ; mais elles ne sont pas très-nombreuses, Le seul obstacle réel qu'on ait rencontré à leur conversion a été la passion pour le jeu de mains, et un peu aussi pour la fausse magie, qu’ils ont apprise des Castors.
La polygamie n’était pas générale chez les Esclaves, comme chez les autres sauvages, et ils avaient même de l’affection de famille, — sentiments qui ne setrouvent que dans cette tribu.
Ce peuple est essentiellement pêcheur, ce qui ne
l'empêche pas de se livrer aussi à la chasse, mais ce n’est qu'’accidentellement, Les femmes Esclaves sont les plus habiles modistes de toutes ces contrées : au moyen de peaux de caribous, de plumes, de griffes d’ours et du poil de porcépic peint, elles font de magnifiques tentures et de très-beaux habits.
Cette tribu vit en paix avec tous ses voisins, ct pratique la religion; aussi,contrairement à la plupart des autres nations de ces contrées, elle s'accroît plutôt qu’elle ne diminue.
Les Esclaves peuvent au besoin entrer dans la domesticité et faire de zélés serviteurs, mais il ne faut pàs les tenir trop longtemps à l’attache ; ils ne peuvent être Esclaves que denom; la vieerrante des bois est un besoin pour eux comme pour les autres sauvages. 17.