‹ Dix-huit mois dans l'Amérique du SudChapitre 13 sur 17 · BUENOS-ÂYRES ET LA REPUBLIQUE ARGENTINE · texte numérisé non relu

BUENOS-ÂYRES ET LA REPUBLIQUE ARGENTINE

Baenos-Ayres. -^ La ville. — Le port. — La rade un jour de pampeiro. — Notions historiques. — La république, ses bornes, son étendue. — Le beau fleuve du Parana. — Itinéraire du voyage par terre au Chili. — Départ. — Le Tigre. — Rosario.

Buenos-Ayres [bon air) est le nom flatteur que les habitants de la Confédération Argentine ont donné à leur capitale. Située sur la rive droite du Rio de la Plata^ elle fait face à Montevideo, avec laquelle un service régulier de bateaux à vapeur la met en communication journalière; car il suffit de douze heures pour faire la traversée du petit

bras de mer connu sous le nom de Rio de la Plata.

Toutes les villes se ressemblent plus ou moins^ et il n'est pas de meilleur moyen d'en donner une idée que de les rapprocher entre elles. C'est ce que j'ai fait déjà en comparant la capitale de la république Orientale à celle du Brésil; c'est ce que je vais faire encore en rapprochant Buenos- Ayres de Montevideo.

Quoique s'étendant sur une superficie relativement plus vaste y Buenos-Ayres est cependant bien moins peuplée que Montevideo^ et le chifire de ses habitants monte à peine à cent cinquante mille. Elle présente toutefois une animation bien plus grande, attendu que c'est le centre de commerce et d'affaires de loin le plus important de l'Amérique méridionale fout entière : les divers marchés, et la Bourse, où l'on opère chaque jour sur d'énormes valeurs, le prouvent surabondamment '.

^ Il ne peut être indifTérent, à nous autres Belges, de connaître la part que prend notre pays au commerce général de la lointaine répablique. Voici ce que je lis dans le « Rapport sur le commerce de la république Argentine en 1873 > , adressé au Gouvernement par le comte Gh. d'Ursel, alors premier secrétaire de la légation belge au Brésil :

t La Belgique est de tous les marchés du globe le premier et

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Elle a encore cet avantage sur sa voisine de la rive gauche, qu'elle renferme bien plus de monuments remarquables, parmi lesquels il convient de citer : l'hôtel de vilie, la cathédrale, les églises de San Francisco et de la Merced, l'hôtel des monnaies et la Chambre des députés. Tout récemment encore, on vient de consacrer une sonftne de douze millions à l'édification d'un établissement particulier ^e crédit, d'une architecture recherchée et d'un luxe inouï. C'est la tt Banque de la Province » . Je laisse à penser ce que doivent faire d'aO^ires des maisons installées sur un semblable pied.

Quoi qu'il en soit, et malgré leis ressources qu'elle semble présenter, malgré ses monuments, ses clubs et ses théâtres, cette ville sent trop le négoce et n'est décidément pas gaie.

Type parfait, cette fois, de ville américaine, elle se compose d'une suite non interrompue de carrés (cuadras). Toutes ses rues sont à angle droit, parallèles et tirées au cordeau. C'est un

ft le plus important pour l'exportation des prodoits de la rét publique. Il n'est pas sans intérêt de remarquer que le chiffre t ofliciel des importations sur le port d'Anvers, qui s'élève à t une valeur de soixante-neuf millions et demi de francs, reprét sente plus d'un tiers de l'exportation totale des produits argenft tins sur T Europe. >

véritable échiquier, et le visiteur, au bout d'une semaine de séjour, a peine encore à s'y retrouver. Convenez que c'est monotone et fastidieux à l'excès. Lorsque, égaré, vous demandez votre route, on ne vous cite jamais le nom d'une rue, mais il vous faut retenir le petit itinéraire suivant : une cuadra à gauche, deux à droite, une encore à gauche... et ainsi de suite, suivant que vous êtes plus ou moins éloigné de votre but

Par son nom de Buenos-Ayres, la ville semble promettre une pureté d'air qu'on y recherche en vain. Sans doute, la voirie s'y trouve réellement en progrès; mais les gros rats qui, la nuit, se promènent en troupes respectables, ont un air de santé qui ne permet pas de douter qu'ils trouvent encore à se nourrir.

Et que penser de l'affreux vacarme que font à chaque coin de rue, ce qui revient à dire à chaque instant, les trompettes fêlées des conducteurs de tramways qui se coupent? Car, ici, les tramways ne sont pas épargnés, et l'on compte malheureusement en ville plus de rails que de trottoirs. Le service est organisé de la façon suivante : dans presque chaque rue passe une voiture qui revient par la rue d'à côté, et de trois

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