ASPECT GÉXERAL DES PAMPAS
lecteur, je vais l'introduire dans une estanda et lui montrer de quoi se compose une propriété d'élevage, le personnel qu'elle emploie, les soins qu'elle exige et la vie qu'on y mène : je citerai aussi quelques chiffres de nature à faire connaître l'importance des affaires qui s'y traitent et le profit qu'en peut recueillir un administrateur intelligent
J'ai dit ce qu'au Brésil on entendait par^àzenda; ici le mot estanda, littéralement : «c séjour, demeure » , s'applique aussi à la propriété globale, et comprend par conséquent le terrain, les troupeaux, les bâtiments, les instruments d'exploitation.
L'éleveur (estanciero) habite d'ordinaire au centre même de ses prairies, qui ne mesurent guère moins de deux ou trois lieues carrées d'étendue moyenne; et, une fois pour toutes, disons que la lieue de ces contrées est de cinq kilomètres et une petite fraction.
Les bâtiments sont vastes , simples , sans étage, presque toujours entourés d'une petite véranda et d'un hectare ou deux de jardins clôturés. On y cultive quelques fruits et légumes, parfois aussi un carré de luzerne.
Attenant à l'habitation du maître, est celle de
son capataz, intendant, tête maîtresse de rétablissement, conducteur de tous les travaux, autorité suprême, cavalier consommé, intelligence d'élite dans sa partie, type curieux entre tous.
Puis vient la série des galpons, hangars où l'on entasse tour à tour les cuirs, les laines, etc., et, sur le terrain immédiatement adjacent, plusieurs enceintes formées de palissades, et appelées corraleSy où se font divers travaux et où se parquent les animaux dont on attend un service immédiat.
Le reste des chevaux et des troupeaux est répandu dans la propriété, où l'habitude les répartit en petites troupes qui ne se mélangent jamais.
On compte généralement qu'une lieue carrée de prairies, soit environ cinq mille hectares, doit entretenir trois à quatre mille têtes de gros bétail et huit à dix mille moutons, nombre cependant relatif, car il varie suivant la richesse du terrain, et dans beaucoup de grands établissements l'éleveur ignore, à mille près, le chififre de ses bêtes.
Le personnel ordinaire d'une estancia se borne, en somme, à bien peu de monde. Il y a d'abord Y estancierOj qui aide à tous les travaux; ensuite le capataz et sa famille, s'il en a : sous ses or