‹ Dix-huitième siécleChapitre 10 sur 11 · FRAGMENTS · texte numérisé non relu

FRAGMENTS

1775. L'archiduc Maximilien à Paris. — Mort du ciiancelier de Maupeou. — Entrée du comte d'Artois à Paris. — Distribution des loges de l'Opéra. — 1777. Séjour de l'empereur Joseph II en France. — 1778. Déclaration in extremis de Voltaire. — 1779. Cérémonie de l'ordre de Saint-Louis, à Versailles. — Duel du prince de Condé et du marquis d'Agout, capitaine de ses gardes. — 1780. Renvoi de M. de Sartines. — Démission de M. de Montbarrey. — Révérences à la cour à l'occasion de la mort de l'Impératrice, mère de la Reine. — 1 781. Duel du comte d'Artois et du duc de Bourbon. — Bal pour le grand-duc et la grande-duchesse de Russie. — Disposition de la salle. — Opinion de M. de Roquépine sur le soldat français. — Les Ségur et les Montmorency. — M. d'Apchon et M. d'Ecquevilly. — Il vaut mieux élever des chiens que des princes. — 1784. Bal paré à Versailles pour le roi de Suède. — 1785. Mort du duc de Choiseul. — Détails et anecdotes à son sujet. — Correspondances saisies. — Souvenirs de la cour de Russie. — Monfalcond'Adhémar. ~ Madame de Marsan. — Les chevaux et les enfants. — 1786. Le ministre de la guerre. — La duchesse de Bourgogne, issue de Mathurin Gaillard, meunier à Blois. — L'hôtel des mousquetaires gris. — Les Loménie et les Jumilhac. — Produit des fermes générales, — Toilettes des femmes.

Au mois de février 1775, rarchidiic Maximilien, âgé de dix-neuf ans et frère cadet de la Reine, arriva à Paris sous le nom de comte de Burgau ; il n'alla point rcndi^e une première visite aux princes du sang, qui, tous assemblés, délibérèrent et décidèrent qu'ils n'iraient point le voir les premiers, se fondant

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sur un très-ancien usage et sur L'exemple du grand Condé, brouillé avec la France et retiré à Bruxelles, où l'archiduc, frère de l'empereur, commandant ses armées et gouverneur des Pays-Bas, alla lui rendre la première visite et lui donna toujours la main.

Cet arrangement déplut beaucoup à la Reine Antoinette ; mais nos princes ne changèrent point de système, et l'archiduc partit le 2 mars sans les avoir vus. Monsieur, frère du Roi, lui donna une trèsbelle fête à Versailles dan? le manège, où les princes du sang ne furent point invités.

M. le duc de Cossé, nouvellement gouverneur de Paris par la démission de son père, le maréchal de Brissac, lui donna aussi une fête le 25 février; j'y fus invité par billet ; toute la cour y assistait en femmes et en hommes; les danseurs étaient habillés à la Henri IV. La Reine y vint avec Madame et Tarchiduc ; elle y resta jusqu'à six heures du matin ; tout se passa à merveille ; Monsieur et M. le comte d'Artois y étaient.

Madame la duchesse de Cossé, dame d'atours de la Reine et fille du duc de -Nivernais, fit très-bien les honneurs; elle fut obligée d'aller chez les princesses du sang, qu'elle avait invitées, pour leur dire que la Reine ne viendrait pas si elles y allaient; mesdames les duchesses de Chartres et de Bourbon, même madame de Lamballe, n'y vinrent pas, ni aucun des princes du sang.

M, le chancelier de Maupeou père, mon respectable ami, est mort le 4 mars 1775, à neuf heures du matin : il avait quatre-vingt-huit ans. Ses derniers moments ont été ceux d'un grand homme et d'un sage ; il a rempli avec fermeté tous les derniers devoirs, s'étant préparé pendant un mois. Tout a été prévu et écrit par lui-même, jusqu'à la cérémonie de son enterrement ; il me serrait encore la main quand sa voix s'éteignit.

L'homme de bien mourant a je ne sais quoi d'imposant et d'auguste : il semble qu'à mesure qu'il se détache de la terre il prend quelque chose de cette nature divine et inconnue qu'il va revêtir.

Le 7 mars 1775, M. le comte d'Artois, âgé de dixhuit ans, fît son entrée dans Paris ; il alla à Notre- Dame, à Sainte-Geneviève, dîna aux Tuileries avec soixante hommes de la cour qu'on avait invités, et vint à l'opéra d'Iphigénie du chevalier Gluck.

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