NOTICE. V
Userait donc superflu de défendre la mémoire de l'auteur de tout reproche de scandale ou de médisance. Le temps où il a noté ses impressions est une des périodes de notre histoire dont les grandes actions peuvent le plus faire excuser les vices élégants. Ce qu'un homme de goûl a écrit alors pour lui seul se disait tout haut, dans le meilleur monde, et se produisait publiquement au théâtre et dans les livres sans blesser aucune susceptibilité.
La société n'était peut-être pas pour cela pire que la nôtre, mais elle manifestait autrement sa perversité. Les gens de cette cour si décriée et cependant si brave, si tière, si française, qui restera le type d'une distinclionàjamaisperdue, vivaient au grand jour, même la nuit, et ne s'effarouchaient pas d'aventures qui, pour être de nos jours plus mesquines et plus secrètes, ne sont évidemment ni moins fréquentes, ni moins repréhensibles.
En voilà assez pour justifier la liberté de langage et les confidences inoffensives de M. de Valfons. Témoin de grands mouvements militaires, il constate avec bonne foi la part que chacun y a prise sous ses yeux, mêlant loyalement les ciîtiques à l'éloge; complice de trop d'infidélités conjugales et de quelques intrigues poliliqucs ou galantes, il avoue sans réticence, comme sans vanité, ce qu'il a fait eu bien comme en mal.
D'ailleurs si M. de Valfons eut, comme presque tous les gentilshommes de son siècle, une jeunesse un peu