‹ Dix-huitième siècleChapitre 14 sur 53 · XXIV AVANT- PROPOS · texte numérisé non relu

XXIV AVANT- PROPOS

toute une série, dont il faut bien savoir que le romaa français moderne a fini par sortir. Seulement ce n'est encore ici qu'une sorte d'essai et une promesse.

Deux choses, non pas toiijours, mais trop souvent, manquent à ces romanciers, le goût du réel et Témotion. Ces romanciers réalistes sont des romanciers qui ne sont pas touchants et des réalistes qui ne sont pas réalistes. Ils n'ont pas le don d'attendrir et de s'attendrir. Une certaine sécheresse, ou, plus désobligeante encore, une sensibilité fausse^ et d'effort et de commande, est répandue dans toutes leurs œuvres, jusqu'à ce que Rousseau retrouve, mais seulement pour lui, les sources delà vraie et profonde sensibilité. — Et ils ne sont pas assez réalistes, j'entends, non point qu'ils ne peignent pas d'assez basses mœurs, ce n'est point un reproche à leur faire, mais qu'ils observent vraiment trop peu, et trop superficiellement le monde qui les entoure. Ils ne sont pas assez de leur pays pour cela. Cette littérature, celle-là même, <;t non plus la haute et prétentieuse, n'est pas nationale. Ni chrétien ni français, c'est le caractère général ; ceux-là ne sont pas plus français que les autres, et, précisément, si l'école de 1715, dont ils dérivent, si cette école novatrice, n'a pas été plus féconde, c'est que si l'on repoussait la tradition classique comme insuffisamment autochtone, c'était

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