LES GROTTES DES MILLE BUDDHAS, PRÈS DE CHA TCHEOU
Les estampages rapportés par M. Bonin sont ici au nombre de quatre; ils représentent des inscriptions qui sont datées respectivement des années 776, 89^, i348 et i35i. Avant d'étudier ces monuments, il importe de signaler, dans la même localité, l'existence d'une autre inscription dont le texte nous est conservé dans le Siyu choei tao ki ( chap. m , p. 1 2 r**- 1 4 r**) de SiU Song; cette stèle, qui fut érigée devant la « Grotte d'une hauteur sans égale^ », est datée du quatorzième jour du cinquième mois de la première année cheng U (698)'-^; elle célèbre les réparations faites aux niches des Buddhas par un personnage dont le nom de famille était Li ^; elle renferme un passage très important qui nous permet de déterminer la date exacte à la quelle les Chinois établirent pour la première fois des sanc-
' ^ î^ ^ ' littéralement o la grotte spéciaux inventés en l'an 689 par l'impéra-
par rapport à laquelle aucune n'est haute». trice Ou pour remplacer les caractères
Cf. Se-ma Ts'ien. chap. xl, p. i3 v" : f^^ ^.^^At, B, M^ M. ^^ E- M^ «ï'
"M :k M " ^^ ^'y ^ pas de plus grand sujet ^, j£ (cf. Tse tche t'ong kien, i" année
ne haine». t'ien cheou , le 11' mois qui était alors le
- Cette ioGcription présente cette parti- premier de l'année; chap. cciv, p. 7 v"; et
cularité qu'elle se sert des douze caractères Kin tche tsoei pien. chap. lui, p Sir").
tuaires bouddhiques dans ces grottes; nous y lisons en effet ceci :
>& fô 1^ c ^it^^^o fr lg Jtt: Oi c i&> £ É: ^ c ^ W ^ fi o
B Pour ce qui est de la Grotte d'une hauteur sans égale , il y eut d'abord , la deuxième année kien-yuen de la dynastie Ts'in (366 ap. ■J.-C.)^ le çramana Lo-tsnen; sa conduite conforme aux défenses était pure et dégagée (des appétits charnels); son cœur bien discipliné était tranquille et calme; tenant le bâton de pèlerin à la main à travers les forêts et les plaines , il marcha et arriva à cette montagne ; soudain il vit une apparition qui avait l'éclat de l'or ; dans sa forme , il y avait mille Buddhas o o o o o il aménagea une grotte. Ensuite il y eut le maître du dhyâna Fa-leang; venant de l'Orient, il parvint ici; à son tour, à côté de la grotte du maître [Lo)-tsuen, il fit lui-même une autre construction. L'érection d'édifices sacrés (samghârâma) commença avec ces deux religieux. Puis il y eut le préfet, duc de Kien-p'ing, et Wang o o, originaire de Tong-yang, o o o o o Dans la suite les gens du peuple de l'arrondissement tout entier firent des constructions les uns après les autres. »
Plus loin , cette inscription dit encore :
u Lo-tsucn et Fa-leang furent les initiateurs; Kien-p'ing et Tong-yang'^ agrandirent les traces laissées par eux. Si on suppute les époques, il y a environ Quatre cents années de cela, et si on compte los habitations dans les grottes , on en trouve plus de mille. »
' Tsinc/iou, chap. cxiii, j). 3 v" : J® ^ année kien-yuen est donc l'année 366. ^^^^tj^jtM^jt "ïa t''oi- ' C'est-à-dire: le préfet, duc de Kien-
sième année hing-ning (365), {Foa) Kien ping, et Wang . . ., originaire de Tong
inaugura encore une nouvelle période J«"5'qu'il appela kien -yuen «. La seconde
L'auteur du Si yn choei tao ki (cliap. m, p. i 2 r") raconte que, lors(ju'il visita les grottes des Mille Buddlias, un notable de l'endroit lui dit : «En l'année koei-mao de Kicn-long (1783), on creusa dans le sable à côté de la montagne et on trouva une stelo brisée sur laquelle se lisaient encore les mots : « Erigé par « le crama na Lo-tsiien, la deuxième année kien-yuen des Ts'iii "(366). » Cette stèle disparut ensuite sous le sable. » — Il ne me semble pas qu'il faille attribuer beaucoup d'importance à ce récit, qtii a fort bien pu être une invention de quelque cicérone Imaginatif; mais, que la stèle de Lo-tsiien ait existé ou non, ce qui reste hors de toute contestation , c'est le témoignage de l'inscription de 698 qui nous fournit le nom de Lo-tsiien et la date de sa venue en ces lieux.
Abordons maintenant l'examen des inscriptions dont nous avons les estampages.