‹ Dix inscriptions chinoises de l'Asie centrale d'après les estampages de M. Ch.-E. BoninChapitre 2 sur 12 · PREMIER GROUPE · texte numérisé non relu

PREMIER GROUPE

LE LAC BARKOUL ET KOLTCUA.

N" I. — Inscription de P'ei Tcu'en.

Cette inscription est citée et étudiée dans le Kin che tsoei pien (chap. VII, p. 11 r'-i 4 r°) et dans le Si yn choei tao ki (chap. m, p. 3o Y°); elle a été publiée et traduite par Devéria (dans Dutreuil de Rhins, Mission scientifique dans la Haute Asie, 3* partie, 1898, p. iSô-iSy *); je donne ci-dessous une transcription^ et une traduction qui diffèrent sur deux ou trois points peu importants de celles de Devéria.

En la deuxième année yong-ho des Ban{ii'j ap. J.-C), le huitième mois, le préfet de Toen-hoang, P'ei Tch'en, originaire de Yun-tchong, à la tête de trois mille soldats des commanderies , extei^nina le roi Hoa-yen et les siens ; il décapita et coupa loreille gauche à la multitude de sa tribu ; il triompha des ennemis et conserva intactes ses troupes ; il supprima la calamité des contrées d'Occident et il purifia les Quatre Commanderies de leur fléau ; le territoire de la frontière jouit de l'ordre et du calme; son prestige redoutable parvint jusqu'à ce lieu; on a élevé ce temple au bord du lac pour qu'il serve de commémoration pendant dix mille générations.

' Le lecteur est prié de se reporter à * (]ette transcription est celle du Siyu

la planche qui se trouve dans cet ouvrage clioei tao ki; la seule modification que j'y

et qui me dispense de reproduire ici l'es- aie introduite est la substitution, sur les

tampage. indications du Kin che tsoei pien, du mot

Dimensions de l'estampage : hauteur, ^{—Hk) ^^ mot^Jç a la fin de la qua-

1 mètre ; largeur, o m. 45- trième colonne.

iC ZA

D'après le Kin che tsoei pien, ce monument se trouve à 3 U au nord-ouest de la ville de Barkoul £ M S , devant un temple

de Koan-ti IS ^ , le dieu de la ]^i ^^ ^^ -T" j*^ '1^ guerre. Il fut découvert en

J- yi^- .At ^1^1 P^r ^^ ^^^ d'une expe-

rt J ^w 5L-. >^"^^ 4 v^ dition militaire que Tempe-

7 L 2f -^ ^jX ri^ -^ ^^^^' Kien-long envoyait dans jfO >6|) lîl». àJp- ^ ^IF- ,^ ^.^„,g j.j,i ^^ et c'est à

^^ :^^ '^^ ^-4^ tP :^i^ partir de ce moment qu'il fut ^^^ -^-jfc ^ connu des épigraphistes chi-

/^ -é" ^T "1^ ^ ' — nois. Le lac Barkoul est à une

-i:n -è- .l/f>^ -c «^ ^ qtiarantaine de /i au nord-ouest

^•^ iil 1^ .^ -^ -T j 1 -11 ^ p i î

^ ^^^ de la ville de barkoul; comme

^X -^ v5> 5^" "H^ ''^ "^ résulte, de la teneur même f ^ . de la stèle , que celle-ci fut éri-

-^*^ ^^ ^^^ ^n y^r '\ gée dans un temple au bord du

^X ^j^ ^ .^yù j^ -^L lac, il est vraisemblable que "*^ l'inscription était, à l'origine,

-iS^ yf^ ;;^ -%^> -=^ J^S- plus voisine du lac qu'elle ne

Test aujourd'hui.

Le roi Hon-yen, dont il est question, était un roi Hiong-noUy chef du clan Hou-yen. Se-ma Ts'ien (Mém. hist., chap. ex, p. 4 v"j \ parlant des Hiong-nou, dit : « Leurs principaux fonctionnaires ont tous des charges héréditaires. Le clan Hou-yen JÇ fô" .R , le clan Lan HJ^ et après eux le clan Sin-pon |S h 15 , telles sont les trois familles de souche la plus noble. » Il n'y a pas lieu de faire grand état de l'assertion du commentateur Yen Che-kou (579-645), qui retrouve chez les Sien-pi M ■# les

' Ce texte se lit aussi dans le Ts'ien Han chou, chap. xciv, a, p. 3 v". C'est là que se trouve le commentaire de Yen Che kou auquel nous faisons allusion quelques lignes plus tas.

noms de clan Hou-yen Pf ® et Lan; à l'époque des T'ang, en efiFet, après la longue période où la race tongouse avait occupé la Chine du Nord, il est fort possible que certaines tribus Hiongnou se fussent amalgamées avec les conquérants étrangers ; mais il n'en reste pas moins bien établi que les Hou-yen étaient des Hiong-nou, c'est-à-dire des Turcs, et non des Sien-pi, c'est-à-dire des Tongouses.

Les rois Hou-yen apparaissent à diverses reprises dans l'histoire. Voici les textes où je les ai trouvés mentionnés :

La quinzième année yong-p'ing (72 ap. J.-C), un officier nommé Keng Ping Wi ^ prit la parole dans un conseil que tenait l'empereur pour déterminer quelle politique il convenait de suivre à l'égard des Hiong-nou; il termina son discours en ces termes : u J'estime qu'il faut d'abord attaquer (les tribus du) Pe-chan è llJ ^ et nous emparer de I-ou ^ ^, (Hami), détruire Kiu-che :$ M (Tourfan) et envoyer des émissaires chez les Ou-suen ,% M (vallée de l'Ili) et les autres royaumes, afin de couper (aux Hiong-nou) leur aile droite (occidentale). A I-ou P § (Hami) se trouve encore la tribu Hou-yen P? ^ ^ qui est au sud des Hiong-nou; l'écraser, ce sera en outre briser [âux Hiongnou) leur corne gauche (orientale). Après cela, on pourra attaquer les Hiong-nou. iK [T'ong kien kang mou, i5* année jo«^ping.)

La seizième année yong-p'ing (78 ap. J.-C), «le commandant des équipages impériaux Teou Kou g gj sortit par Tsieou • ts'iuen -{^ M [Sou-tcheou) , le commandant de cavalerie Keng Ping Wi ^ sortit par Kiu-yen M M (près du lac Sogok) ^, et le

A l'époque des Han, on appelait Mon- * Le lac Sogok est aussi appelé Etsina

tagnes Blanches {pe chan), la partie des tl ^ Ij^ ^> du nom de la rivière Etsina

Monts Célestes {t'ien chan) qui est au sud qui s'y jette (cf. Si ya choei tao. Ai,

du lac Barkoul (cf. Si yu choei tûo ki, chap. m, p. 1 v°). chap, m, p. 3o v* et 3r r").

commandant de cavalerie Lai Miao 3^ |5f sortit par P'ing-tch'en^ ^ M (près de Ta-t'ong fou) ^ pour attaquer les Hiong-noa septentrionaux. Teoa Kou battit le roi Hon-yen i^ ^fif £ dans le Tien chan 3Ç lll . 11 laissa des soldats établis dans la ville de Iou-îou ^ ^ JC M (Hami) » [Heou Han chou, chap. ii, p. 8 r"). — Dans la biographie de 7*^0» Kou [Heou Han chou, chap. lui, p. 5 v") , on lit que ce général et son lieutenant Keng Tchong ft jS « arrivèrent au Tien chan 3Ç lU ; ils attaquèrent le roi Houyen ^ fl5f 3E et coupèrent plus de mille têtes; le roi Hou-yen s'enfuit j usqu'au lac P'ou~lei île Mfk (lac Barkoul) ; [Teou Koa) laissa des officiers et des soldats établis dans la ville de I-oalou. »

L'année suivante (74 ap. J.-C), au onzième mois, les généraux Teon Kou, Keng Ping et Lieou Tchang Si ^ « sortirent par la barrière Koen-loen - qui dépend de Toen-hoang Wii^M. -^ ^ ; ils attaquèrent et battirent les barbares de la montagne blanche Ê llJ â sur les bords du lac P'ou-lei (lac Barkoul) , puis ils pénétrèrent dans Kiu-che $ H (Tour fan). On établit pour la première fois un Protecteur des contrées d'Occident et un ou~ki hiao-wei^* [Heou Han chou, chap. 11, p. 6 v**).

«La deuxième année yen-koang (iq3 ap. J.-C), le préfet de Toen-hoang , Tchang Tang ^ it , adressa un rapport à l'empereur pour exposer trois projets : Considérant que, parmi les barbares du Nord, le roi Hou-yen ^ ^ 3E se déplace incessamment de çà

^ C'est à P'in^-tcA'en^ que, en l'an 200 fonctionnaire appelé i-ho toa-wei *ê| jfc

av. J. C. , l'empereur Kao-tsou, de la dy- ^ ^ (commentaire au Heou Han chou,

nastie Han, fut assiégé parles Hiong-nou chap. cxviii, p. 2 r°).

(cf. Se-ma Ts'ien, trad. fr. , t II, p. Sgo). ' Le ou-ki hiao-wei JX^^ M était

' Le barrière de Koen-loen se trouvait charge de surveiller les pays d'Occident;

sur le territoire de la sous-préfecture de sur les direrses explications qui ont été

Koang-tche ^ ^ dans la commanderie données de ce titre , cf. mes Documents sar

de Toen-hoang; c'était là que résidait le les Toa-kine occidentaux, p. loi, n. o.

et de là dans la région comprise entre le lac P'ou-lei (lac Barkoul) et la mer de Ts'în (mer Caspienne?) ^ M M M'I^ ^t^-, qu'il impose sa loi aux contrées d'Occident et s'unit à elles pour ravager et piller, il faut maintenant rassembler à la barrière Koeii-loen ^ -^ M plus de deux raille officiers et soldats des royaumes dépendant de Tsieou^ts'iuen (^Sou~teheou) ; on attaquera d'abord le roi Hou-yen et on le séparera de (la région qui est comme) sa racine; puis on enverra cinq mille soldats de Chan-chan #5 # ^ contraindre la tribu postérieure de Kûi-che ^ Éilî ^ pp (Goutchen) ^. Tel est le projet du premier rang. Si on ne peut faire sortir une armée, il faut qu'un capitaine, à la tête de cinq cents soldats, et approvisionné, par les Quatre Commanderies, de charrues, de bœufs, de céréales et de vivres, sorte (de la frontière) et s'établisse à Lieou-tchon^ ^ t^ (Louktchoun). Tel est le projet du second rang. Si même cela ne peut être exécuté, alors il est nécessaire qu'on abandonne la ville de Kiao-ho ^ ^ (Yar-khoto, à 20 /i à l'ouest de Tourfan), qu'on rassemble (la population de) Chan-ehan et autres localités

' Le commentateur du Heou Han chou dit ici : « Le pays de Ta Ts'in ( i'Orient romain ) est à l'ouest de la mer occidentale , et c'est pourquoi on appelle celle-ci mer de Tsm. :kM&^Bnt.'S^

' D'après le Ta Ts'inff i t'ong tchc (ch. ccccLXXi, p. av°), le Chan-chan de l'époque des Han correspond à la sous-préfecture de Na-tche j^ ^ de l'époque des T'ang; le dictionnaire de géographie historique de Li Tchao-lo place Na-tche sur le territoire de Hami, à l'endroit appelé aujourd'hui Fosse de Teng-ts'ao ^ ^ ^ ; les cartes chinoises indiquent en effet, au nord-ouest de Hami, une localité nommée Poste du fossé de Teng ts'ao ^^ ^ •^.

— ' On voit qu'il ne faut pas confondre le Chan-chan de l'époque des Han avec le Chan-chan de l'époque des T'ang, lequel se trouvait à 5oo U au sud du lac Lop-nor (ef. T'ang choa, chap. xliii, 6, p. i5 r'). * Nous lisons dans le Kieoa T'ang chou (chap. XL, p. 29 Y°), que la sous-préfecture de Kin-man ^ ^ , de l'époque des T'ang , correspondait à ce qui était, sous les Han, la cour royale postérieure du royaume de Kia-che JÇ 6$ ^ ï ^' ^»

une inscription [Siyuchoei taoki, ch. m, p. 26 r° et v°) permet d'établir avec certitude que la sous-préfecture de Kin-man était dans le voisinage de la localité actuelle de Tsi-moa-sa 3^ T^C lH , au sudouest de Goutchen "é* j^.

et qu'on la fasse rentrer à l'intérieur de la barrière. Tel est le projet du dernier rang. » [Heou Han chou, chap. cxviii, p. 2 r*".) — L'empereur s'arrêta au second de ces trois j)rojets; Pan Yomj ÏË H , fils du fameux général Pan Tck'ao ^ ^ et neveu de l'historien Pan Kou ^ @, fut donc chargé, en l'année 128, d'aller avec cinq cents hommes établir une colonie militaire à Lieoutchong (Louktchoun).

«La première année yong-kien (-1^6 ap. J.-C.j, {Pan Yong) établit un nouveau roi de la tribu postérieure de Kiu-che f Goutchen) en la personne de Kia-t'o-noii M^^^f^t fils de l'ancien roi. Pan Yong envoya en outre un de ses lieutenants décapiter le roi de Tsiu-mi ^ 38Î ^ et, là aussi, installa un nouveau roi pris dans la famille (royale). Alors les six royaumes de Kiu-che '^ 1$. 0$ 7^ M furent entièrement pacifiés. Dans l'hiver de cette même année, Pan Yong envoya les soldats des divers royaumes attaquer le roi Hou-ycn des Hiong-nou ^ jSX l*^ ffif ï ; le roi Hou-yen prit la fuite ; plus de vingt mille hommes de son peuple se soumirent tous; on fit prisonnier le cousin (^ 5£) du chen-yu; Pan Yong chargea Kia-t'o-nou de le tuer de sa propre main afin de créer l'inimitié entre Kiu-che (Goutchen) et les Hiong-nou, Le chen-yu du Nord, se mettant en personne à la tête de plus de dix mille cavaliers, pénétra dans la tribu postérieure (Goutchen) et arriva jusqu'à la gorge Kin-tsie ^5.^. Pan

' D'a[)rès le commentaire, le mot Jt se prononce ici tsiu et non ts'ie.

' Le royaume de Kin-che J^ ^ ayant été détiuit en l'an 60 av- J C. , par le général chinois Tcheng Ki % "^ , il se divisa en huit petits Etats qui lurent : le Kiu-che antérieur (TourfanJ et le Kiu-che postérieur (Goutchen) ^ t^ 'm ^ ^ , le TVm-m/ oriental et le Tsiu-mi occidental 5. ?^ ^ W ^ , le Pi-lou anlerienr et le

Pi-lou postérieur ^ i^ nt ^ 19 > ^^ P'ou-lei (Barkoul) antérieur et le P'oa-hi postérieur f^ ^"^ ^ Wi' les six derniers de ces Etats étaient appelés les six royaumes au nord des montagnes |lj ^t 7*:^ ^ ; ce sont eux. qui sont sans doule désignés ici sous le noni de « les six royaumes de Kiu-che» (cf. le Han cfioa si yu tchoun pon tchou de Siu Song , chap. i,

Yong envoya le Ma-se-ma Ts'ao Tsiun W fô se porter en toute hâte au secours (de Goutchen); le chen-yn opéra sa retraite; Ts'ao Tsiun le poursuivit et décapita un de ses hauts dignitaires (qui avait le titre de) Kou-ton~heou # ^ ^. Alors le roi Hou-yen ••f fl5f 3E transporta sa résidence sur les bords de la rivière Zom- OK lé fë îrT. A partir de ce moment, Kiu-che ne vit plus trace de barbares; ses villes jouirent toutes du calme. » [Heou Han chou, chap. Lxxvii, p. 7 v°.)

La quatrième année ja/i^-Â:ia (i35 ap. J.-C), «au printemps, le roi Hou-yen, (qui faisait partie) des Hiong-nou septentrionaux 4b ^ iX P? fiï 3E , attaqua la tribu postérieure de Kiu-che $ Ê5 ^ ^ ( Tsi-mou-sa près de Goutchen). L'empereur ordonna au préfet de Toen-hoang d'envoyer des soldats au secours (de la tribu postérieure de Kiu-che) , mais on n'eut pas l'avantage » [Heou Han chou, chap. cxviii, p. 9 r°).

En iSy ap. J.-C. eut .lieu, d'après notre inscription, l'expédition de P'ei Tch'en, préfet de Toen-hoang, contre le roi Hou-yen; mais les historiens la passent entièrement sous silence.

«La première année yuen-kia (i5i ap. J.-G.), le roi Houyen P? fiï 3E, à la tète de plus de trois mille cavaliers, ravagea I-ou ^^ (Hami). Le capitaine résidant à I-ou (Hami), Mao Kai ^ fê, envoya cinq cents officiers et soldats à l'est du lac P'oU'îei MMW' (lac Barkoul) ; ils livrèrent bataille au roi Houyen et furent entièrement détruits; le roi Hou-yen attaqua alors la ville où se trouvait la colonie militaire de I-ou (Hami). En été, (l'empereur) envoya à son secours le préfet de Toen-hoang Se-ma T'a ^ ,^ ^ à la tête de plus de quatre mille officiers et soldats de Toen-hoang, Tsieou ts'iuen, Tchang-ye et des principautés soumises; [Se-ma Ta) sortit au delà de la frontière et parvint au lac P'on-lei (lac Barkoul). Le roi Hou-yen l'apprit et

se retira. L'armée chinoise s'en revint sans avoir remporté aucun succès. » [Heoa Hun choUy chap. cxviii, p. 9 ^^)

De tous ces te.xtes ilT6juUe que la bataille livrée par P'ei Tck'en en 1 37 fait partie des campagnes qui furent dirigées par les Chinois contre les tribus turques établies sur les bords du lac Barkoid. L empereur Ou (140-87 av. J.-C.) avait été le premier à occuper effectivement les territoires situés à l'ouest du Hoang ho; en l'année 1 15 av. J.-C, il avait établi la cornmanderie de On-wei 1^ M à Leang-tcheou î?, jHf, et celle de Tsieou-ts'iaen îl J^ à Sou-tcheou J^ îHf; en l'année 1 1 1 av. J.-C, il avait institué la commanderie de Tchang-ye ^ lil à Kan-tcheoa •fi- W , et celle de Toen-hoang ^ ^. Ces Quatre Commanderies de Fouest du Fleuve fi«ri5 0 flS formaient ainsi comme un barrage qui interceptait les communications entre les Hiong-nou au nord et les Tibétains au sud, et qui coupait l'aile droite, c'est-àdire occidentale des Hiong-non. Il suffit de jeter les yeux sur la carte pour voir que Hami et le lac Barkoul étaient la prolongation naturelle de ce barrage; c'est ce qui explique les efforts que firent les empereurs Han pour occuper Hami et les luttes qu'ils eurent à soutenir contre les barbares près du lac Barkoul.

Sous la dynastie des Han orientaux (26-2 20 ap. J.-C), les Hiong-nou se trouvaient divisés en deux royaumes : celui des Hiong-nou septentrionaux et celui des Hiong-nou méridionaux. Ces derniers étaient soumis aux Chinois; les septentrionaux au contraire étaient leurs pires ennemis; leroi Hou-yen était le plus méridional des Hiong-nou septentrionaux et c'est pourquoi il eut à subir souvent le choc des armées chinoises. L'inscription que nous venons d'étudier rappelle un épisode de ces guerres.

N° IL — Inscription de Kiang Hing-pen (64o ap, J.-C).

Le texte de Tinscription se trouve dans le Kin che tsoei pien (chap. XLV, p. 9 r** et suiv.), dans le Si yu t'on tche (chap. xx, p. 8 V*) et dans le Siyn choei tao ki (chap m, p. 26 v*-27 v°). L'estampage de M. Bonin était trop indistinct pour être reproduit ici; il nous a permis cependant de donner ci-apres une copie dans laquelle est observée la disposition des lignes de Tinscription ^

Texte 00* gravé sur pierre (à la louange) de Kiang Hing-pen, génCrai des colonies militaires de gauche sous la grande dynastie Tang.

Autrefois, sans que les Hiong-noa eussent été anéantis, le général Teoa grava son éloge sur la montagne Yen^; avant que le Min-yae eût été purifié. Ma, le dompteur des flots, planta les colonnes de cuivre commémoratives * ; ainsi, (de tous les efforts qui furent faits pour) faire prospérer l'excellente influence dans les contrées reculées et étendre la bonne règle dans les régions étrangères , il n'en est aucun dont on n'ait fait ressortir la florissante réalité pour (une durée de) mille automnes, il n'en est aucun dont on n'ait établi les combinaisons parfumées pour (une durée de) dix mille antiquités. La grande dynastie Tang a une vertu qui réunit en elle les deux principes ', une conduite qui est supérieure à celle des cinq empereurs®. Elle tient en main le

' Dimensions de l'estampage : haatear, I m. 5o ; largeur, o m. 60.

^ Les deux mots qui manquent pourraient être les mots |& ^ « commémorant les mérites ».

^ Allusion au générai Teou Hien ^ ^ qui, en 89 apr. J. C. , fit ériger une stèle rappelant ses exploits sur la montagne Yenjan iff^ ^ , au nord-ouest de Ta-t'ong fi'^ ^ l^> province de Ckan-si; cette inscription, dont le texte l'ut composé par l'historien Pan Koa , nous a été conservée dans le Heou Han chou ( châp. i.iii , p. 7 r°)

et a été traduite par H. A. Giles {Biogra-' phical Dictionary, n* 1 gSô ).

* Allusion au général Ma Yuen ^ ^ , le général dompteur des flots f)^ j$ IKF ^ , qui , en l'an 4o de notre ère , fit une expédition dans le Tonkin et dressa des colonnes de cuivre pour rendre immortel le souvenir de ses exploits.

* J^ ^. Cette expression désigne 'e Ciel et la Terre.

* Les cinq empereiu's j5l "^ »ont, poui* Se-ina Ts'ien , Hoang-ti , Tchoan-hiu, K'ou. Yao et Choen. Dans le système qui compte

iHpmntME «tTreiiiLi.

o t» la -^ ^ ^ ifl Li. ^ I ^ <3 4 i.f:i^-^ miroir d'or ^ pour donner au-

o &r ^ ii a- ^. t ^L ^^'^^^^'^^'^ dience aux dix mille royaumes ;

o ^ ^c t ^ -i- 4i r) ^ ■%■ ^ A -L |5] ^^ ;r, 6"^ régularise la torche de

tj ix. ï^ Éj + 8 ;«] ii^fr *1 îîL cj »ïî ié :ç- à^^ jade 2 pour diriger les millions

,*- u> ^ jt *- ^ .^ . *• ' .. B* .^ 1^ .. d nommes du peuple. Très

iL fA ^'j ^ Aif Âf'l^^ AM- n Jl-^ -^^ ^*^" ordonnés sont les vête-

^ -ilJ. if .%■ -^ fl* ^-4^ *. d- ^ it jte ments et les bonnets ; très écla-

ii 4^ ^ ^ ^ ^ ^ i^ A^^it X PfJ i^ KJ-. *^"^' '°"* ^^' "*^' ^* *^ »^"-

fir a -*" 4é i^ i^ ii\ f^ t^ X ii{, ,% Hf jk i:. sique. Pour ce qui est de la

o oi^3irJ^^ff*l^%^iL^iéi.^u, conformité des chars et de

 ° o^^^>^4 4iM ii^jtiiJ^^^^ * écriture à une loi \ jusque

^tsX l '?im i:.fi ^ 0i0^^^ 4-Jr>^ iL-^ Hoangti au nombre des trois sou-

-^ À. A. ^^ ^fJ -^ 1k =fc,jfer ii il ^ ^ I, .», verains, ce personnage est rem-

<» , «^ j. t « .i. -^ 1 , 7 ;>- a- L place par thao-kao dans ia liste

^ 8 /t. .A ^ é), ^-J 4t J* ffl rj f- 4i ^ il ;m ^^' '^'"^ empereurs. Cf. Se-ma

ft, L^^4&iLti.if'> liim h /ù-m ^*'*'^"' *'"*^' fr-' *• ï' P- cxci-cxcn.

)K ié •fl- M, ^ A 9^ H i) ^ -^i f^ >^ iL^LiJi ^ Dans une dissertation de Lieou

■^ -^ — ^ lï.-^ <è "'1 -Mr iÉ, iJL-fi. i / VA. ^ Sian ^jj |^ , on retrouve ia même

o 'i^ «' iC^ ;«^ % + -^ i5) # ^ > ^x ^ ii expression '• M M A ^ ^ fÊ

o ^J^-^iPA^if4'Mif%,^^^K J^ m M « or l'homme saint (l'em-

^ j , J4 >. , , . ,, .* 1 , pereur partait) tient en mam le mi-

^ ^ A.<lJp m a-l 1^1 J~ *i^ irt^ ii.;^ -^M^J) 4^ . j, . -r x i. - i x j

»JT ^iîl:*F*'/j.;î^:^±;^;iJL-t-ili^^ ''°''' ^ ^"^ ^* manifeste 1 éclat de son

•À if ^ »8.i '*' i-i-kmi&'^^^Mfi^Z- t^jiL influence » (P'ei tcea y un foa).

^•ih ^XM ^ f ^ i ;^ *''' ^ /^^ t *i va 4^ * La torche de jade 3Ê ^ es*

f-»»- ^»'Ai^4A<^i^-*riC#-*i!-tr/l<^.%a.k- le symbole de l'harmonie univer-

-^^ i^ ^ ^ *^ "t- iL li "1 ? ^ ?iL ^ ^ iLi^ selle. Le Eal ya dit : « Quand les

^ * ^^ / "T . " * % ^ ij- e>^^ quatre saisons sont d'accord , c'est

*J -f /Ô X- •? ^. ^.J jL (S) /"SL ii J--if iH j^4i. ^ , n 1 r^ u J • j

.% «P ;*^ ^ wm J' 4^ --.- # iS M ^ Pf, ^ij ij ^ ^^ ^" ^" *PP^"^ ** ^°'^^^ ^^ J^*^^ "

o i- i*^OT^^;^J5i^cii^i«)<i ^tfiL^^^ K fl# ft p| ;é: 3Ê ^•

o ^ #+ i.-^l;|;/g-^ :fc ,.j i'^;^,-4j;!{. ^^ ' Cf. Tchong yong , chap. xxm

a ^. ^>i^ t» M -^^î.^^ .^i (^ -4 Wl 'f^ ^ ^ (Legge, C. C, vol. I, p. a88) :

« *■ ? S) A- -»! -J-y ^ g; ^{] x^ $i 5. -^î- ;j^ ^ «Maintenant dans l'empire les chars

"" %%tt%Z.^'^^^'^' ^^ ° ^^"^^ «"* 1^^ ^««««^ dimensi-ons , les

'ii*i^A^ ofi^tiliottt """*' °"* ^'' "'''^'' caractères , les

i>] 4L4^ ^-e, t ff o ^TiL M. a ê, ,.iâ ^ ^^^'^^^"^ s'inspirent des mêmes pnn-

«l'-Jt-f^ B 4t^^-iiï>->*I^|-a iï):H-^ "Pes. r — 56-ma T^'ien, trad. fr.,

^Vr/^/)^jc-f^Jf:^il4^4iÀ.-^ t. Iî,p. i35 : ;<Les chars eurent

^-^ /) o^-^ià.'^^iji./t r) <k ii^ des essieux de dimensions iden-

dans la contrée lointaine du Fou-sang ^ tous agissent de même; pour ce qui est des endroits où ont pénétré le gouvernement et la transformation , même dans la région de Mong-se^^ tous en sont atteints. (La dynastie Tang) a fait un parc du Tien-chan et un étang du Han-hai; elle a accueilli ceux dont les Portes sont tournées vers le nord ^, en même temps qu elle donnait le calme à la Résidence sombre *. Il n'est personne qui n'ait défait ses cheveux tressés à Kao-kie^, qui n'ait renoncé à boutonner son vêtement à gauche chez les / ejt les Ti\

tiques; dans les écrits on se servit de caractères uniformes. »

" On sait que le nom du pays de Foasang ^ ^ a suscité toute une littérature depuis que De Guignes a cru y découvrir l'Amérique. D'après M. Schlegel , le Fousang serait l'île Saghalien [T'oimg pao, vol. III, p. 101-168).

* Le Mong-se ^ f£ est une mer ou un lac fabuleux qui symbolise l'Occident , de même que le Fou-sang symbolise l'Orient. Cf. Peiche, chap. xxxviii, p- 7 v" : ^ ^^

j^ ^ « Voguer sur le Mong-se et y agiter votre étendard , franchir le Koen-loen et le faire sauter à vos chevaux , cela vous sera aussi facile que de tourner la main ». — Lie-tse ?IJ ^î^ dit : 0 ^ $ 1 ?lj M

^m&àm^^Mmft «a

quelles lois obéissent le soleil et la lune ? dans quel ordre se disposent les diverses étoiles ? (tous ces astres) sortent de T'angkoa et s'arrêtent à Mong-se ». — Dans le Che leou kono tch'oen ts'ieon, on Ut : ^

mm^^n^t^mft «Les rois hégémons se succèdent les uns aux autres comme le soleil du matin s'élève sur. le Fou-sang; les vaillants héros se suivent comme les étoiles et la lune montent sur le Mong-se ». — Lou Tchao-lin ^ j[^ ^ , poète de l'époque des T'ang , dit , en par-

lant de l'empereur : ^^^^ ^^ ^ ail a pour étang le Mong-se et pour demeure le Fou-sang ». Voyez toutes ces citations et d'autres encore dans le P'ei wen yunfou.

' 4b ^ • Les régions les plus méridionales. Cf. Se-maJTs'ien, trad. fr. , tome II, p. i56, n. a, et p. i48.

* ffl ^- Le Septentrion. Cf. Chou king, chap. Yao tien, et Se-ma Ts'ien, trad. fr, , tome I, p. 47-48.

' Kao-kie était le nom d'une rue de Tch'ang-ngan dans laquelle étaient logés les barbares qui se trouvaient à la capitale (cf. Ts'ien Han chou, chap. lxx, p. 5 r°, commentaire de Yen Che-kou).

* Les cheveux tressés et les vêtements boutonnés à gauche étaient des caractéristiques des mœurs barbares par opposition aux . mœurs chinoises. En 6 1 2 ap. J.-C. , K'iu Pe-ya, roi de Kao-tch'ang , disait à son peuple : «Auparavant, comme notre royaume se trouvait dans une contrée sauvage de la frontière, Jious portions les cheveux pendants dans le dos et nous boutonnions nos vêtements à gauche. Maintenant , la grande dynastie Soei exerce le gouvernement et l'univers est pacifié et uni . . . Les gens du peuple et tous ceux qui sont au-dessus d'eux devront tous défaire leiu's nattes (pour se coiffer a la chinoise) et retrancher le pan (qui croise

Le royaume de Kao-tch'ang était, sous les deux dynasties Han, le lieu oii s'élevaient les retranchements d'une colonie militaire, l'endroit où étaient cantonnés des soldats laissés là. K'iu Wen-t'ai est leur descendant ^ Autrefois , ccmme la maison des Tsin se trouvait auv prises avec de nombreuses difficultés ^, une foule de braves s élancèrent dans la lutte et la terre du milieu manqua de souverain; les contrées reculées de la frontière se détachèrent alors. Entendre , atteindre o o o o o calendrier de jade o jusqu'à présent ne pas

Depuis que le prestige impérial s'est imposé au loin , en prosternant leurs (irontsils sont venus à la cour; mais, quoique humectés de l'influence bienfaisante, leurs sentiments conservaient la mobilité indécise du rat^. Ils arrêtèrent les redevances et les tributs des contrées éloignées ; ils empêchèrent les allées et venues de ceux qui se ser>ent de plusieurs interprètes*; ils manifestèrent des cœurs de loups ; ils montrèrent du venin de guêpes et de scorpions. Ils mirent en campagne des troupes et rassemblèrent des bandes. Ils pillèrent et tuèrent sans s'arrêter.

à gauche) de leur vêtement.» [Pei che.

chap. xcvn , p. 5 r*.)

' La famille K'iu était, en effet, d'origine chinoise; cf. mes Documents sur les Toa-kiue occidentaax , p. 102, n. 3. K'iu Wen-t'ai était monté sur le trône en l'an 619; il mourut de chagrin en 64o, en apprenant l'arrivée des armées chinoises.

' De 3 1 7 à A 1 9 ap. J.-C. , la dynastie 751/» résida à Kien-k'ang (Nanking) et la Chine septentrionale se trouva livrée à toutes les compétitions.

' fê 1i # M- Quand le rat sort de son trou , il jette vivement la tête tantôt à gauche, tantôt à droite, et semble indécis sur le parti qu'il va prendre. Cette image se retrouve assez fréquemment dans la littérature chinoise ; cf. Soei chou ,

chap, Li, p. 3 V-: 3SCP^îSC-ta^ ^ ^ P5 " En outre, A-pn se tient entre eux, indécis comme un rat". — Se-ma Tt'ien, chap. cvii, p. 5 r' : H ^ jfH ^

et Tchang-jou réunis contre un vieux bonhomme chauve, comment avez- vous été comme un rat indécis entre deux partis ^ •).

* ^ p^. Cette expression désigne les royaumes qui étaient séparés de la Chine par plusieurs peuples différents, et qui, pour faire parvenir leurs requêtes jusqu'à l'empereur, devaient les faire traduire successivement dans la langue de chacune des nations intermédiaires. Cf. Se-ma Ts'ien, chap. cxxin, p. 4 r" : S ^ p| ^ ^ ■fÉ? « Ceux qui (communiquent avec nous) par le moyen de neuf interprètes successifs apporteront leurs mœurs étranges ». — T'ang chou , chap. ccxxii , b ,

« Leur langue est telle , qu'ils ne peuvent communiquer avec le Royaume du Milieu que par l'intermédiaire de quatre interprètes successifs ».

Notre saint empereur eut compassion de la nmltitude de ce peuple'; il déploya alors les consolations et les punitions. Il ordonna donc par décret que Heoa^Kiun-tsi^, porteur d'un iniigne de délégation, grand ofTlcicr du hoang-loa, président du ministère des emplois civils , grand soutien de 1 État et duc du royaume de Tch'en, avec le titre de grand administratcm de l'armée du district de Kiao-ho ^, que Sie fVan-kian , administrateur en second, général en chef des colonies militaires de gauche, grand soutien de l'Etat, duc développant l'Etat de la commanderie de Yong-nqan, et que Kiang Hing-pen, administrateui' en second, général des colonies militaires de gauche, grand soutien de l'Etat, haron développant l'État de la sous-préfec ture de T'ong-tch'oan , prendraient donc la direction de trois armées et exécuteraient avec respect les châtiments célestes.

Cependant, comme les émanations funestes n'étaient point encore détruites, les généraux imitèrent le prestige de celui qui relâcha sept fois (son ennemi)*; comme des remparts de trois mille pieds de long^ formaient une défense (pour les rebelles), l'ardeur de la vaillance (des généraux chinois) déploya les plans de celui qui attaqua neuf fois-'. Pour ce qui est du

' L'expression ^ ^ désigne la multitude du peuple qui foisonne comme des herbes verdoyantes; cf. Se-ma Ts'ien, trad. fr. , tome II, p. aoo, n. i. Elle se trouve déjà dans le Chou king (chap. / et Tsi) , où elle est susceptible cependant d'une autre interprétation ; cl". Lkgge , C. C. . vol. III , p. 83 , note.

* La biographie de ce personnage se trouve dans le chapitre lxix du Kieou T'ang chou.

' Kiao-ho"^ ^.aujourd'hui Yar-A/ioto, à ao U à l'ouest de Tourfan , était la capitale du roi de Kao-tch'ang.

* Tchou-ko Leung ^ ^ t^ fit prisonnier sept fois le chef ennemi Mong Houo âl l£ et le relâcha sept fois [P'ei wen yun fou, à l'expression ts'i k'in).

* ^ iH. Cette expression se retrouve dans le Tso tchoan, première année du duc Yn (Legge, c. C. , vol. V, p. 5, h).

D'après les commentateurs, un carré de dix pieds de côté est appuie un tou J^; trois tou font un tche j^; un mur d'un tche est long «le trente pieds et haut de dix. La capitale d'un seigneur féodal avait des murailles de 3oo tche, et, d'après les ordonnances royales, les villes les plus considérables de son territoire ne devaient avoir que le tiers des dimensions de la. capitale , c'est-à-dire qu'elles devaient avoir des murs de loo tche , soit 3,ooo pieds de. long. Dire que la ville du roi de Kaotch'anq avait des murs de 3,ooo pieds de long, cest donc donner à entendre que ce roi n'avait même pas l'importance d'un seigneur féodal , et qu'il était simplement le gouverneur d'une place secondaire.

' Dans le commentaire au Tch'ocn ts'ieou de La .Pou-wei (chap. xv, p. 5 v*), on lit l'anecdote suivante : « Kotiq-choii P'an ^ Hf 4[$ se. trouvant dans le pays

duc de Tong-tch'Qun^, ses profondes combinaisons se firent jour, ses pensées habiles embrassèrent tout 1 espace; il ordonna à i'avant-garde de construire des machines de siège. Puis il emmena avec lui Lieoa Té-min , préfet de Cha tcheou, grand soutien de l'Etat, marquis développant l'Etat de la sous-préfecture de fVang-tou, — Heng Tche-si, capitaine des gardiens de droite de la porte , grand soutien de l'Etat , duc développant l'Etat de la sous-préfecturO de Hoai-ngan , — K'ia Fang , capitaine des colonies militaires de gauche , grand soutien de l'État, comte développant l'Etat de la sous-préfecture de Fon-yang , — Li Hai-ngan , capitaine des surveillants mihtaires de gauche , — Che Té-heng, ex-préfet de K'ai-tcheou, — fVang Tsin-wei, chef du département des gardiens de droite de la porte, — et d'autres, et tous ensemble à la tête de gens hardis et braves s'avancèrent en marchant tambour battant.

La quatorzième année tcheng-koan (6Ao), le dixième jour du cincjuième mois, les soldats s'arrêtèrent sur la montagne Che-lo-man^, (qui dépend) de J-ov. (Hami); au nord, ils montèrent à Hei-kan-so^; avant que le mois entier se fût écoulé , ils parvinrent à accomplir une œuvre extraordinaire : ils coupèrent des arbres et les forêts de la montagne furent épuisées ; ils poussèrent des cris de colère et les gorges des vallées en retentirent. Les échelles de guerre soudain o ; les cent tours furent broyées comme de la glace. Les

de Tch'ou ^ , le roi de Tch'oa le chargea de constrviire des échelles aussi hautes que les nuages ^ ^ pour préparer une attaque contre Song 5^. Mo-lse ^ -^ l'apprit et vint parler de cette affaire; le roi de Tch'oa lui dit : « Kong-chou P'an «est le plus habile ingénieur de tout Tem- «pire; je le charge d'attaquer le rempart « de Song ; comment ne réussirait-il pas ? » , Mo-Ue répliqua : « Si vous chargez Kong- • choa P'an d'attaquer le rempart de Song, •je vous demande de prendre des disposi- «tions pour la défense de Song. » Kongchou P'an l'attaqua neuf fois ji^ ^ ^ et Mo-Ue le repoussa neuf fois. Puis [Mo-Ue) invita Kong-chou P'an à se charger de la défense et Mo-Ue le vainquit neuf fois;

[Kong-chou P'an) ne voulut plus être comiu dans l'empire pour son habileté à la guerre. » — Mo-Ue ou Mo Ti ||t ^ était originaire de Lou; il est célèbre, non seulement pour ses talents de stratégiste et de constructeur, mais encore par ses théories sur l'amour universel et sur la simplicité des funérailles (cf. Legge ,C.C., vol. Il , prolég. , p. 1 o3- 1 2 5 , et De Groot, The religioas s^'stem qf China , vol. II , book I , p. 664-685).

' C'est-à-dire Kiang Hing-pen.

* ^^ ^ j^. Les monts Che-loman sont la partie des T'ien chan ou Monts Célestes qui est au nord de Hami.

bsdistes à ressort partirent toutes ensemble et mille pierres volèrent comme un nuage. La résistance de Mo Ti aurait été insuffisante; les artifices de Kong-choa, comment les comparerait-on à cela ^ ?

Le grand administrateur avait combiné ses plans dans sa tente; qiissitôt, avec les cavaliers bardés de fer de l'armée du centre, il couvrit la plaine; les cloclies et les tambours ébranlèrent le ciel et la terre; les étendards élevés voilèrent le soleil et la lime , o les longues pertuisanes balayèrent les nuages.

Depuis l'époque où les Ts'in et les Han envoyèrent au debors des expédi tions guerrières, il n'y avait jamais eu une telle affluence d'hommes '-*.

Il est peu resté des anciennes traces qui nous rapportent que Pan Tingyuen pénétra dans les contrées d'Occident; en vain s'informerait-on auprès des historiens antérieurs de la manière dont le Protecteur Tcheng ^ détruisit (le royaume de) Kia-che. Celui dont les de5sfeins vainqueurs seraient célèbres de génération en génération, quel homme exceptionnel ne serait-il pas? Nous avons donc gravé cette stèle pour célébrer les mérites (de Kiang Hingpen) et les transmettre d'une manière impérissable.

L'éloge en vers est ainsi conçu :

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