‹ Dix jours en ItalieChapitre 11 sur 46 · ARRIVEE A TURIN 1J · texte numérisé non relu

ARRIVEE A TURIN 1J

ne sont en guerre qu'avec les Autrichiens. Mais les Autrichiens s'appellent Tedeschi. Chacun de ceux qui entourent cette table, quelles que soient ses opinions de la veille, prend les événements au point où ils sont, et voit bien que la décision de la guerre se prépare partout où l'on tue des Teutons.

Solidarité des Alliés et coordination de leurs efforts, voilà le programme où sont arrivés ceux que j'écoute parler et, me disent-ils, le plus grand nombre de leurs compatriotes.

Si j'avais à prendre la parole en public, je crois tout à fait que je serais dans le sentimentgénéral en disant que l'Italie se bat pour l'accomplissement de ses destinées nationales, c'est-à-dire pour s'assurer les frontières dont elle ne peut pas se passer, et puis pour la défense de la civilisation. Aux yeux de

l'Italien qui raisonne, une chose n'est pas tout à fait nationale si elle demeure territoriale. Toujours préoccupé de son origine latine, il aime avoir des pensées universelles, et, plein de feu, il s'échappe du cercle étroit de ses intérêts propres après les avoir assurés. Les brutales injures grossièrement multipliées par les Allemands en Belgique ont révolté l'Italie, et le député wallon Destrée, qui possède, paraît-il, un don admirable d'éloquence, a remporté jusqu'en Sicile les plus grands succès en peignant de quelle manière sa patrie s'est immolée pour la défense de son territoire et du droit.

Pour ma part, tandis que nos hôtes parlaient, j'ai vu avec netteté, derrière les draperies de la courtoisie et de l'éloquence, que le mariage de la France et de ritalie était en train de s'accomplir.

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