‹ Dix leçons de photographieChapitre 20 sur 24 · SEPTIÈME LECO.N. — DU PAYSAGE. RÈGLES DE LA COMPOSITION · texte numérisé non relu

SEPTIÈME LECO.N. — DU PAYSAGE. RÈGLES DE LA COMPOSITION

Aussi rien ne sera plus utile au photographe paysagiste que de se familiariser avec les œuvres des peintres, et très souvent, sans qu'il s*en rende compte, cette fréquentation des musées développera chez lui ce goût artistique et l'amènera à choisir d'instinct son sujet, à le composer comme l'aurait fait un peintre.

Des différentes sortes d'épreuves positives.

Le cliché négatif étant obtenu, il ne reste plus qu'à en tirer des épreuves positives, et ce n'est qu'après cette opération que le résultat définitif sera réalisé, que vous aurez une image représentant exactement avec ses valeurs le sujet photographié.

Dans le cliché négatif le ciel est noir, les grandes ombres sont au contraire blanches; il s'agit de rétablir ces valeurs renversées, et pour cela il nous suffira de placer derrière ce cliché une nouvelle préparation sensible, de l'exposer ensuite à la lumière : le noir du ciel préservera cette couche de toute atteinte, alors qu'elle subira l'action de la lumière partout où elle ne sera pas ainsi recouverte par une couche opaque; enfin les demi-teintes étant données par des épaisseurs différentes, celles-ci se reproduiront proportionnellement sur la couche positive.

Mais quelle sera cette couche positive?

Et tout d'abord celle-ci sera étendue tantôt sur une* fouille de papier, tantôt sur une feuille de verre, ce^ qui donnera des épreuves transparentes.

La couche sensible elle-même sera formée de sel* d'argent, de sels de platine, de sels de fer, de selsd'urane ou de sels de chrome.

Nous nous occuperons surtout des épreuves positives aux sels d'argent, les plus usitées, les plus faciles à obtenir.

Là encore nous avons à établir des catégories distinctes, et nous traiterons ces couches, ces papiers aux sels d'argent par deux méthodes différentes, par noircissement direct, ou par développement.

Par noircissement direct, nous prendrons un papier recouvert de chlorure d'argent, nous le placerons derrière le cliché et nous exposerons le tout à la lumière jusqu'au moment où le papier aura noirci suffisamment j)our donner une image complète.

Par développement, nous emploierons soit ce même

papier au chlorure d'argent, soit un papier à Tiodure ou mieux au bromure d'argent; nous n'exposerons à la lumière qu'un temps très court et nous développerons l'épreuve comme nous avons développé un négatif.

Les épreuves ainsi produites seront alors soumises à deux opérations : le virage qui aura pour but de leur donner une teinte, une couleur agréable, puis le fixage qui aura à dissoudre les sels d'argent non impressionnés et à assurer ainsi leur bonne conservation.

Examinons maintenant le mode opératoire à employer dans ces deux cas.

Épreuves positives par noircissement direct.

Autrefois, chaque opérateur était obligé de préparer lui-même son papier positif; aujourd'hui le commerce en fournit d'excellent, et Ton n'a plus besoin de passer de longues heures à sensibiliser du papier salé ou du papier a/6ummé, les deux seules espèces usitées pendant longtemps.

Le papier salé, auquel on revient un peu maintenant, se préparait en plongeant une feuille de papier dans une solution à .3 pour 100 de chlorure de sodium ( sel de cuisine). Celui-ci une fois sec était posé à la surface d'un bain de nitrate d'argent à 20 pour 100, puis séché par suspension. Ainsi préparé, ce papier ne se conservait bon à l'usage qu'un ou deux jours et, passé ce temps, il noircissait dans l'obscurité; les épreuves qu'il donnait étaient mates.

Le papier albuminé était préparé au moyen d'un bain composé de blancs d'œufs additionnés de chlorure et il était sensibilisé ensuite sur un bain de nitrate d'argent. Les épreuves ainsi obtenues étaient brillantes et les noirs avaient toute leur valeur.

Moyennant une addition d'acide dans le bain sensibilisateur, ces deux papiers peuvent se conserver quelque temps; aussi sont-ils fabriqués industriellement et vous pouvez en trouver de tout prêts à l'usage

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chez tous les fournisseurs de produits photographiques.

Mais ces deux préparations sont aujourd'hui remplacées avantageusement par des papiers recouverts d'émulsion soit au collodion, soit à la gélatine, et qu'on désignait à l'origine sous le nom de papiers aristotypes, qualification à peu près abandonnée maintenant.

Les papiers émulsionnés au collodion sont préparés à la main par grandes feuilles ; celles-ci sont tout d'abord recouvertes d'un enduit de gélatine mélangée à de la baryte : c'est ce que l'on appelle dans le commerce du papier couché et que vous connaissez mieux sous le nom de papier porcelaine, employé souvent pour les cartes de visite.

On verse à la surface ainsi préparée du collodion contenant en suspension du chlorure d'argent, obtenu par émulsion, comme je vous Tai montré pour les négatifs.

Ces papiers, fabriqués industriellement dans plusieurs maisons, donnent de très beaux résultats; mais leur manipulation est souvent difficile : ils ne conservent pas toujours leur planimétrie dans les bains, ils s'enroulent et demandent des soins tout particuliers, surtout pendant l'opération du virage.

Nous reviendrons tout à l'heure sur le mode d'emploi de ces papiers. Disons maintenant que beaucoup d'opérateurs leur préfèrent les papiers couverts d'émulsion gélatineuse qui ne présentent aucun de leurs défauts et que l'on trouve couramment dans le commerce.

DHS ÉPREUVES POSITIVES. 131

Comme pour les plaques, je vous dirai quelques mots sur la manière dont le papier positif à la gélatine se prépare dans l'usine de MM. Lumière, la plus importante de ce genre et celle qui fournit le papier que presque tous nous employons, et cela par la bonne raison qu'il est excellent et toujours régulier.

MM. Lumière se servent de papier de Rives un peu épais; celui-ci est tout d'abord recouvert de l'enduit à la baryte dont je vous ai parlé; il est alors en longues bandes de 0™,60 de largeur et de 80«> de longueur.

L'émulsion, composée de chloro-citrate d'argent, est préparée et essayée avant renvoi à la machine, et mise au rebut si elle ne donne pas de résultats parfaits. Elle est ensuite distribuée automatiquement sur le papier par une machine analogue à celle qui sert à la fabrication des plaques; mais le séchage est opéré beaucoup plus rapidement, de telle façon que, arrivé au bout de l'atelier, le papier est sec et peut être enroulé sur de grosses bobines.

Ces rouleaux de papier sont ensuite vérifiés ; pour cela, ils sont déroulés et enroulés de nouveau sous les yeux d'ouvrières munies de gants de fil blanc ; celles-ci marquent chaque défaut par un trait de crayon ; puis ces rouleaux sont portés au coupe-papier mécanique qui les divise.

On fait alors le triage de ces morceaux; les parties défectueuses sont utilisées pour les formats réduits; et c'est ainsi que vous ne rencontrez jamais de feuilles ayant des défauts.

Après avoir été divisés en formats, les papiers sont

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empaquetés dans des enveloppes inactiniques et imperméables.

L'usine de MVf. Lumière produit journellement 4 kilomètres de papier; mais cette quantité, quoique considér.ible,est insuffisante et va être augmentée encore.

On fabrique ainsi deux espèces de papier : le papier brillant et le papier mat; tous les deux se traitent de même façon.

Vous vous êtes donc muni de papier sensible; vous avez eu le soin de le choisir fraîchement préparé, ce qui est facile à constater, chaque enveloppe portant la date de sa fabrication. Au bout d'un certain temps, le papier ne donne plus d'aussi beaux résultats; les épreuves manquent de fraîcheur, le virage est plus difficile à s« produire. Cependant le papier est encore excellent au bout de trois mois; j'ai même obtenu des épreuves parfaites avec du papier préparé un an auparavant; mais c'est là une exception et, comme règle générale, n'achetez jamais de papier de date trop ancienne.

J'en (lirai autant pour le papier au collodion; mais, pour le papier albuminé, il faut absolument qu'il soit frais; au bi»ut d'un mois, il commence à se gâter, surtout s'il est exposé à l'humidité.

Le ))apier étant choisi, nous passerons aux opérations du tira.iJ:e.

Tout d'abord, vous procédez à la toilette de votre cliché; vous nettoyez l'envers avec soin, vous enlevezy toute la poussière qui peut s'être déposée sur la couche, puis vous examinez s'il n'y a pas quelque retouche

à faire. Avec un pinceau très fin, vous bouchei les petits trous qui peuvent exister, en vous servant de noir d'ivoire en pastille et, pour faire plus aisément cette opération, vous vous servez du pupitre à retouche.

Quelquefois le ciel sera défectueux et il conviendra de l'enlever; mais c'est là une retouche mauvaise et à laquelle il ne faut se résigner qu'en désespoir de cause. En ce cas, on peut employer deux méthodes. La première consiste à découper une silhouette de papier noir (à aiguilles), qui approche les contours de l'image sans les atteindre complètement, et à la coller à l'envers du cliché. Puis, sur la couche, vous suivez au pinceau avec du noir d'ivoire en pastille les contours des objets, travail long et minutieux qui demande de bons yeux.

Si le ciel est presque à l'opacité voulue, vous pouvez opérer plus facilement à la chandelle, et au besoin une bougie pourra vous servir ; mais l'opération est plus longue et le résultat moins bon.

La chandelle ou la bougie étant allumée, vous passez rapidement l'envers dé la plaque sur la flamme, en cherchant le point où se produit la couche la plus intense de noir de fumée. Vous cherchez à obtenir une opacité complète dans le haut du ciel, sur les bords du cliché, et vous obtiendrez ce résultat en passant plusieurs fois les points voulus sur la flamme. Au contraire, vous diminuerez cette épaisseur en approchant de la silhouette de l'image, de façon à obtenir une sorte de dégradé, mais en la prolongeant un peu sur l'image elle-même. Cette opération faite, il n'y a plus

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qu'à enlever complètement la couche de noir devant l'épreuve, ce qui se fait au moyen d'un pinceau pointu, ou d'un bout de linge enroulé autour du doigt.

L'avantage de cette retouche, c'est qu'elle peut s'enlever avec la plus grande facilité; elle a l'inconvénient d'être d'une grande fragilité et demande à être faite à nouveau à chaque tirage.

Caches. — Dégradateurs.

Quelquefois il y a lieu de limiter nettement les bords de l'épreuve : ainsi il serait bon de tirer sur grandes marges les épreuves destinées à être insérées dans ua volume, afin d'éviter le montage sur carton. D'autres fois, pour un portrait, par exemple, on emploie des caches ovales, qui encadrent très bien le motif principal. Celles-ci se font en papier noir opaque, dit papier à aiguilles, et se trouvent toutes préparées dans le commerce.

Enfin les portraits sur fond clair gagnent beaucoup à être tirés sur fond dégradé, de telle façon que l'image s'atténue peu à peu pour disparaître en quelque sorte. Ce résultat s'obtient en plaçant au dos du cliché une pellicule préparée en dégradé inverse, de sorte que les bords extrêmes de l'épreuve soient totalement préservés de l'influence de la lumière.

Vous placez votre cliché ainsi préparé dans le châssis positif. Deux modèles de châssis sont employés couramment.

Le plus usité et aussi le plus ancien se compose d'un

cadre muni d'une feuillure sur laquelle repose une glace épaisse; un volet en bois, divisé en deux ou en trois parties, s'applique sur la glace, et des barres munies de ressorts maintiennent fortement les différentes parties du volet.

Le modèle anglais ne diffère de celui-ci que par la suppression de la glace épaisse, et le cliché se place directement dans la feuillure. Ce système est excellent pour les petits formats, mais à partir de 18 x 24 il y a danger à l'employer, car on risque fort de briser le cliché.

Dans tous les cas, le châssis étant ouvert, on nettoie avec soin la glace épaisse, on enlève toute la poussière qui pourrait adhérer à la feuillure, et l'on place le cliché la face gélatinée en haut. Sur cette face gélatinée on dépose le papier sensible, couche en dessous, de façon à être en contact direct avec la surface du cliché. On superpose un coussin de papier, ou mieux un feutre épais, puis le volet, et l'on ferme les barres porte-ressorts, en abaissant lentement de façon à obtenir une pression progressive des ressorts; un mouvement trop brusque pourrait briser le cliché. Le châssis étant refermé, il ne reste plus qu'à faire agir la lumière.

On expose à l'ombre ou au soleil, suivant l'épaisseur du cliché : l'ombre vaut toujours mieux, mais l'exposition doit durer plus longtemps.

Les clichés doux demandent toujours à être tirés à l'ombre ; les clichés épais au soleil.

Si l'on veut tirer au soleil des clichés moyens, on

place sur le châssis un verre dépoli, et mieux un verre vert dépoli, ou bien du papier calque.

On surveille de temps en temps en ouvrant une moitié seulement du volet, et Ton enlève l'épreuve lorsqu'elle est au point voulu.

Il est difficile de donner des indications précises au sujet de la durée d'exposition; car tel cliché, tel sujet demande à être tiré plus fortement que tel autre, et enfin certains opérateurs aiment les épreuves claires, tandis que d'autres préfèrent les épreuves foncées.

Le mode de virage demande aussi un tirage plus ou moins fort, ce que nous allons examiner tout à l'heure.

Je vous recommanderai surtout de ne pas pousser trop loin le virage, je parle du virage à la craie, sinon les épreuves deviennent grises et perdent tout leur effet; enfin il ne faut pas oublier qu'au fixage les tons gagneront encore. Deux ou trois opérations suffiront pour vous mettre à même d'apprécier d'une manière exacte l'action du virage.

Fixage.

Les épreuves étant tirées, on procède à l'opération du fixage.

Ici je dois faire une recommandation essentielle. Employez l'eau en abondance : c'est le seul moyen d'obtenir des épreuves solides qui ne changeront pas plus tard.

Tout d'abord les épreuves sont plongées dans une cuvette soigneusement nettoyée à l'acide et remplie

d'eau; celle-ci devieat laiteuse par suite de la dissolution du nitrate d'argent libre que contient la couche sensible; vous lavez jusqu'à ce que ce précipité ne se produise plus.

Aucune difficulté ne se produit pour les papiers albuminés ou à la gélatine; mais les papiers au collodion s'enroulent sur eux-mêmes trop souvent. Il paraît qu'aujourd'hui certains fabricants réussissant à éviter ce défaut : M. Carsault entre autres. On peut latténuer en opérant ainsi : on prend une cuvette à peine plus grande que le papier à emploj^er, on y verse très peu d'eau, et l'on immerge le papier face en dessous dans cette petite quantité d'eau, en ayant soin de le maintenir à plat avec les doigts ; on empile tous les papiers les uns sur les autres de façon à en former un bloc; au bout de peu de temps les papiers se sont distendus et Ton peut remplir complètement la cuvette et procéder à un lavage abondant.

Après cette opération, les papiers à la gélatine sont passés dans un bain d'alun à 2 pour 100, et cela afin de durcir un peu la couche pour éviter les éraillures. On lave de nouveau et Ton procède au virage.

Virage.

Quelle formule devons -nous employer pour cette opération, et d'abord qu'est-ce que le mvaije ?

Le chlorure d'argent noirci à la lumière et plongé dans un bain de fixage à l'hyposulfite donne de vilaines teintes jaunes qu'il faut à toute force modifier, ce à

quoi Ton arrive en dorant cet argent jauni : c'est l'opération du virage, qui se fait avec des solutions de chlorure d*or associé à certains sels.

Les formules de virage sont très nombreuses et chaque photographe a pour ainsi dire la sienne : ce qui veut dire, en somme, que toutes sont bonnes, mais que la meilleure est celle dont on a Thabitude de se servir.

D'une manière générale, il ne faut jamais se servir d'un bain qui a conservé la coloration jaune du chlorure d'or; dans cet état, il ronge toujours les demi-teintes et aplatit les images. Toutes les formules de virage ont pour but de provoquer la formation d'un composé incolore ; tant que le bain est coloré, ce composé n'est pas formé complètement; il est donc important de laisser mûrir un bain de virage, c'est-à-dire de donner le temps nécessaire à la formation du composé utilisable.

Je me contenterai de vous donner deux formules de bain : elles peuvent servir avec tous les papiers et l'emploi de l'une ou de l'autre est indispensable pour le virage des papiers émulsionnés, les seuls utilisés par les amateurs.

Le bain le plus simple est celui à la craie de M. Davanne. Pour le faire, on dissout le»- de chlorure d'or dans l'i' d'eau et l'on ajoute 46»' ou bs^ de craie en poudre. Le bain, d'abord coloré en jaune, se décolore rapidement, et il est bon à l'usage lorsqu'il est absolument décoloré, ce qui demande douze heures environ.

L'eau distillée ou tout au moins l'eau de pluie est indispensable, mais il faut toujours la faire bouillir, afin de la stériliser complètement, sinon les microbes

qu'elle peut contenir amènent une réduction rapide des sels d'or et rendent le bain inactif au bout de très peu de temps.

Il est également utile d'employer le chlorure d'or brun; c'est celui qui donne toujours les meilleurs résultats, et si son prix est un peu plus élevé que celui du chlorure d'or jaune, on a avec lui l'énorme avantage d'opérer à coup sûr, ce qui, en somme, est une véritable économie.

Le bain à la craie fraîchement préparé serait trop actif, il faut l'étendre de son volume d'eau, surtout pour les papiers à la gélatine. On peut faire servir indéfiniment ce bain à la condition de le remonter, en ajoutant, quelques minutes avant de s'en servir, une petite quantité (5 pour 100 environ) d'un bain composé de \s^ de chlorure d'or pour 100^*^ d'eau (sans nouvelle addition de craie). Cette méthode, indiquée par M. Lamy, permet de rendre toute son activité à un bain déjà utilisé. Le virage se fait un peu moins vite qu'avec un bain neuf, mais le résultat définitif est peut-être meilleur, les demi-teintes sont mieux conservées.

Ce système est celui qui donne les épreuves les plus solides, et il est extrêmement rare de voir les images ainsi virées changer plus tard de couleur et s'effacer plus ou moins vite ; mais les manipulations sont longues, ennuyeuses pour quelques-uns, et beaucoup d'amateurs préfèrent se servir des bains de virage et fixage combinés qui réduisent toutes les opérations à une seule.

Mais, il faut le dire, si l'on ne fait pas usage exclusivement de bains neufs, on risque beaucoup de voir

no HUITIBMB LEÇON

les épreuves changer au bout de peu de temps et, quelles que soient les précautions employées, on n'est jamais absolument certain de leur solidité. Cependant, je suis oblij^é de convenir que les papiers Lumière ainsi traités donnent des épreuves superbes, d'une très grande richesse de tons et d'une couleur excelleute; aussi vous recommanderai-je de ne négliger aucune des précautipns que je vais indiquer, si vous tenez à employer ce procédé.

Je vous donnerai la formule de Lumière qui est, en somme, la plus simple et la meilleure.

Eau bouillante 1000^'"

Hy posulfite de soude 250^'

Alun 25

Acétate ue plomb 2

Il se produit un précipité blanchâtre qu'on laisse déposer, on décante et l'on filtre, puis on ajoute ig»" de chlorure d'or brun dissous dans tOO*^" d'eau. Le bain n'est bon à l'usage qu'au bout de viugt-quatre heures; il se conserve fort bien en cet état ; mais, si l'on s'en sert une seconde fois, les épreuves pourront manquer de soli'lité, et il vaut infiniment mieux rejeter le bain après chaque opération ; aussi convient-il, par économie, de virer un certain nombre d'épreuves en même temps, de manière à épuiser entièrement la solution; avec un bain de 2506'" environ, on peut fixer vingt-cinq épreuves 9 x 12.

Les bains de virage étant prêts, on passe aux manipulations. Les épreuves sont d'abord soumises à un

DES ÉPRBUYBS POSITIVES. 141

lavage abondaDt, puis on les place une à une dans le virage, en ayant grand soin de les agiter continuellement pour rendre uniforme l'action du bain. Lorsqu'elles sont toutes immergées, on fait passer Tdpreuve de dessous en dessus, et cela autant de fois qu'il est nécessaire. En effet, les épreuves ne tardent pas à changer de couleur; de rouges qu'elles étaient tout d'abord elles deviennent jaunes, puis elles passent aux teintes bleues et, lorsqu'elles sont au point voulu, on les enlève pour les mettre dans une cuve pleine d'eau. Pour bien apprécier la teinte des épreuves, il faut les examiner par transparence, car c'est ainsi seulement qu'on peut juger exactement de l'état du virage.

Toutes les épreuves virées et lavées sont portées ensuite au bain de fixage. Celui-ci peut être une simple dissolution d'hyposulfite à 12 pour 100; mais aujourd'hui on lui préfère le bain suivant qui donne plus facilement des teintes brillantes :

Eau bouillante 1000^'

Hyposulfile 250«'

Alun 15»

Bisultiie de soude liquide 30

Acétate de plomb 2»

Il est de la plus haute importance de n'employer ce bain qu'une seule fois.

Les opérations sont toutes différentes et beaucoup plus simples avec les bains combinés; mais, ici, il faut user de beaucoup de précautions pour éviter les taches. Voici la meilleure méthode à employer :

On devra préalablement se laver les mains à l'eau

r ce

acidulée; j'ai soin personnellement d'avoir toujours auprès de moi un vase de 2^»' de capacité plein d'eau additionnée de 5 pour 100 d'acide chlorhydrique.

Je plonge, l'une après l'autre, les épreuves dans un bain abondant d'eau pure ; lorsqu'elles sont distendues, bien aplaties, je les remue en faisant passer successivement celles de dessous en dessus ; je rejette l'eau et je la renouvelle cinq ou six fois. Quand on dispose d'une prise d'eau, il est préférable de les laver pendant un quart d'heure dans Teau courante. Le but à atteindre par ce lavage est d'éliminer le pins complètement possible le nitrate d'argent libre. Les épreuves bien lavées sont portées une à une dans le bain de viro-fixage, et c'est à ce moment que l'on court le risque de produire des taches; avant donc de procéder à cette opération, on se lave soigneusement les mains à l'eau acidulée; puis, d'une main, vous retirez les épreuves mises dans l'eau, et, de l'autre, vous les plongez dans le bain de viro-fixage. Si l'on veut encore plus de précautions, on immerge les épreuves non avec la main, mais au moyen d'un pinceau, ou mieux encore avec une baguette de verre. Quand toutes les épreuves sont dans le fixage, on les remue continuellementy toujours par la même méthode, mettant en dessus l'épreuve du dessous. Si l'on ne prenait pas cette précaution, le fixage serait inégal et les épreuves toutes marbrées de teintes disparates.

Les épreuves, après leur immersion soit dans le bain de viro-fixage, soit dans le bain de fixage ordinaire, changent tout de suite de couleur et deviennent

d'un jaune désespérant; mais elles ne tardent pas à monter et, peu à peu, se développe la teinte photographique. On arrête l'action du bain lorsque la couleur désirée est obtenue. Si cette coloration se produit très vite, il pourrait se faire que le fixage ne fût pas complet, que tous les sels d'argent non modifiés ne fussent pas entièrement dissous; il faut donc vérifier l'état d'avancement du fixage, ce qui se fait en examinant l'épreuve par transparence. Au commencement de l'opération, l'épreuve présente un aspect poivré; le fixage n'est complet que lorsque la transparence du papier est devenue uniforme.

Si l'on désire une plus grande sécurité pour la conservation des épreuves, on peut employer deux bains de fixage; le premier se compose d'une simple solution d'hyposulfite à 6 pour 100 qui commence le fixage ; le second, dans lequel on transporte directement les épreuves sans procéder à un lavage, est le bain de viro-fixage.

Dans tous les cas, il est prudent de ne pas faire servir deux fois ces dift'érents bains d'hyposulfite; il faut les épuiser en une seule opération.

Lavasse.

Reste enfin l'opération du lavage, qui doit enlever complètement toutes traces d'hyposulfite, sinon les épreuves s'altéreraient plus ou moins rapidement. Deux méthodes peuvent donner ce résultat : la première consiste à faire passer les épreuves Tune après l'autre d'une cuvette remplie d'eau dans une seconde égale-

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