Aristide, Apol
surer ainsi, dans une Église déjà très nombreuse, la sépulture des pauvres.
À partir du second siècle, il est sans cesse quéstion de chrétiens riches ou nobles. Vous n’avez pas oublié Pline parlant en 112 de personnes de tout rang, omnis ordinis, qui ont embrassé la foi en Bithynie !. Je nommais, il y a un instant, le livre du Pasteur, si célèbre aux premiers siècles de l'Église : dans ce livre, écrit entre 140 et 155, Hermas cite
__ avec blâme des chrétiens de Rome « empêtrés dans
les affaires et les richesses, » et qui « par leur fortune se sont illustrés aux yeux des païens ?. » Sous le règne de Commode, on nous montre « beaucoup de Romains considérables par la naissance et la richesse » convertis à l'Évangile #, En 197, Tertullien affirme que « le palais et le sénat » sont remplis de chrétiens, et s’écrie : « Toute dignité vient à nous ‘. » C’est le moment où l’empereur Septime Sévère, dans une heure d'équité, prend contre une émeute la défense de chrétiens et de chrétiennes de familles sénatoriales, clarissimas feminas et clarissimos viros, et fait même publiquement leur éloge 5. Cinquante ans plus tard, Origène répond'aux calomnies de ceux qui prétendent que beaucoup de conversions ont pour motif le désir de se rapprocher « des riches, des gens élevés en dignité, des matrones nobles et délicates » qui ont embrassé la nouvelle foi 6. Malgré les barrières que certains empereurs —