‹ dix lecons sur le martyreChapitre 113 sur 201 · Eusèbe, Hist, eccl., VII · texte numérisé non relu

Eusèbe, Hist, eccl., VII

je voudrais, si je dois mourir en martyr, avoir à laisser, moi aussi, des maisons et des champs pour recevoir le centuple promis par le Seigneur! Ceux qui n'ont point enduré l'épreuve des tourments et des supplices cèdent la place d'honneur aux saints demeurés inébranlables dans la torture et dans les flammes : de même, nous qui sommes des pauvres, devons-nous, même dans le martyre, nous effacer devant vous; car vous avez foulé aux pieds la gloire trompeuse du siècle, dont tant d'autres s’éprennent, et l'attachement à vos grands biens !. » Paroles d’une humilité touchante et délicate, dans lesquelles il y a peut-être quelque exagération : car les pauvres avaient aussi leurs épreuves, ne serait-ce que la nature différente des supplices dont on les menaçait ; — paroles qui durent cependant être vraies dans un grand nombre de cas, et qui peignent éloquemment la tentation poignante dont le chrétien de grande naissance ou de grande fortune eut ordinairement à triompher.

I semble que les hommes soient quelquefois plus attachés à la fortune qu'à la vie même. Si anormal que paraisse ce sentiment, il s'explique, et il a même sa noblesse, quand la fortune représente le patrimoine de plusieurs générations, et devient comme le signe sensible de la famille. Les biens ne sont alors, entre les mains de celui qui les possède, qu'un dépôt reçu des ancôtres et destiné à faire retour aux descendants. Ils ont le charme, on oserait presque dire la majesté des choses héréditaires. Ils participent de la sainteté du foyer domestique. C'est

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