‹ dix lecons sur le martyreChapitre 121 sur 201 · Bull. di arch. crist., 189%, D · texte numérisé non relu

Bull. di arch. crist., 189%, D

d'egregit et de clarissimes, dit l’auteur contemporain, émus par leur vieille amitié, lui conseillaient la fuite, et lui offraient même de le cacher chez eux'. » Comme l’édit qui sévissait alors avait commencé par proscrire nommément tous les nobles chrétiens, les mettant en demeure d’abjurer sous peine de confiscation et de mort, ces anciens amis de saint Cyprien ont très probablement cédé d’abord aux menaces du persécuteur, et s'efforcent de racheter leur faute par leur dévouement au saint évêque.

Les fidèles des classes élevées qui avaient le bonheur de persévérer étaient les premiers à reconnaître la grandeur des difficultés contre lesquelles se débattaient ainsi beaucoup de leurs frères. Ils attribuaient à la grâce de Dieu leur propre courage. Et ils n’hésitaient pas à le dire, quand la curiosité des païens les interrogeait. Cela nous est montré par une page très belle et très fine des Actes des martyrs. Elle met en scène une courageuse victime de l'édit de Valérien contre les chrétiens nobles. Comme cette page appartient à une Passion d'une authenticité incontestable, vous me permettrez de vous la lire :

« Un des frères enfermés dans la prison (de Lambèse) était Aemilianus, qui avait eu parmi les païens le rang de chevalier. Il avait jusqu'à cinquante ans gardé la vertu d’un ascète. Il continuait, en prison, ses jeûnes et ses prières, et en nourrissait son âme pieuse dans l’attente du sacrement du Seigneur. Un jour que, vers midi, il avait cédé au sommeil, il nous raconta, en se réveillant, la vision qu'il avait eue.

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