Concile d'Illiberis, canan
premier quart du troisième siècle, il y avait à Rome beaucoup de chrétiennes appartenant à des familles où la dignité sénatoriale était héréditaire. Elles avaient droit, par conséquent, à ce titre de clarissime, qui était alors le plus haut titre de noblesse romaine. Quelques-unes de ces clarissimes n'avaient pu trouver parmi les chrétiens des époux de leur rang, et, par obéissance à la discipline ecclésiastique, se refusaient à contracter des mariages mixtes. Sans doute il leur eût été facile d'épouser des fidèles de naissance libre, mais de condition plus modeste, comme il s’en rencontrait beaucoup dans l'Église. Mais c'eût été déchoir, et perdre un titre auquel tenait leur orgueil !. Il restait bien une solution : ne pas se marier du tout. Mais toutes n'avaient pas la vocation du célibat. Le moyen terme fut découvert par elles, ou leur fut suggéré : s'unir secrètement à des gens avec qui le mariage n'existait pas en droit civil, ce qui leur permettait de garder leur noblesse, puisque aux yeux de la loi elles restaient filles. Elles imaginèrent donc de prendre pour mari un esclave ou un affranchi, ce qui amenait le résultat cherché, car le droit commun ne reconnaissait pas le mariage d'un esclave ?, et le droit spécial à la noblesse déclarait nul tout mariage d’une femme clarissime avec un affranchi $. Mais les ingénieuses personnes capables de trouver ce biais étaient en même temps des chrétiennes scrupuleuses : elles s'informèrent si l'Église reconnaîtrait la validité de telles unions. Le pape Calliste, ancien esclave lui-