Robinson, The Passion of Perpelua, p
inquiète, je parlais de lui à ma mère, je consolais mon |
frère, je leur recommandais à tous mon fils. Je souffris de ces inquiétudes pendant plusieurs jours : enfin, j'obtins que mon enfant me serait laissé dans la prison. Aussitôt je repris mes forces, je cessat d'être inquiète de lui, et la prison devint pour moi un séjour de délices, que je préférais à tout autre !.»
Quelques jours se passèrent ainsi : « Le bruit se répandit alors que nous ailions être interrogés. Mon père arriva de la ville, accablé de douleur, et monta jusqu'auprès de moi, espérant me persuader. « Ma fille, me dit-il, aie pitié de mes cheveux blancs, aie pitié de ton père, si je suis encore digne d'être appelé de ce nom. Souviens-toi que mes mains t'ont
élevée, que grâce à mes soins tu es parvenue à cette
fleur de la jeunesse, que je t’ai préférée à tous tes frères : ne fais pas de moi un objet de honte parmi les hommes. Songe à tes frères, à ta mère, à ta tante, songe à ton fils, qui sans toi ne pourra vivre. Abandonne ta résolution, qui nous perdrait tous. Personne de nous n’osera plus élever la voix, si tu es condamnée au supplice. » Aïnsi parlait mon père, dans son affection pour moi : il se jetait à mes pieds, versait des larmes, m'appelait non ma fille, mais ma dame. Et moi j'avais pitié des cheveux blancs de mon père, le seul de toute ma famille qui ne dût pas se réjouir de mes douleurs. Je le rassurai en lui disant : « Il arrivera sur l'estrade du tribunal ce que Dieu voudra. Car nous ne nous appartenons pas à nous-mêmes, mais à Dieu. » Il s’éloigna de moi, tout triste ?. »