‹ dix lecons sur le martyreChapitre 129 sur 201 · Ibid., b · texte numérisé non relu

Ibid., b

Le jour de l'interrogatoire luit enfin. « Quand ce fut mon tour d'être interrogée, raconte Perpétue, mon père apparut tout à coup, portant mon fils. Il me tira de ma place, et me dit avec supplication : « Aie pitié de l'enfant. » Et le procurateur Hilarianus, qui avait reçu le droit de glaive à la place du défunt proconsul Minutius Timinianus, me dit : « Aïe pitié des cheveux blancs de ton père, aie pitié de l'enfance de ton fils. Sacrifie pour le salut des empereurs. » Et je répondis : « Je ne sacrifie pas. » Hilarianus demanda : « Es-tu chrétienne? » Je répondis : « Je suis chrétienne. » Et comme mon père.se tenait

toujours là pour me faire tomber, Hilarianus com-

manda de le chasser, et il fut frappé d'un coup de verge. Je ressentis le coup comme si j'eusse été frappée moi-même, tant je compatissais à la malheureuse vieillesse de mon père. Alors le juge prononça la sentence par laquelle nous étions tous condamnés aux bêtes, et nous descendimes joyeux dans la prison. Comme mon enfant était accoutumé à recevoir de moi le sein et à demeurer avec moi dans la prison, j'envoyai aussitôt le diacre Pomponius pour le demander à mon père. Mais mon père ne voulut pas le donner. Il plut à Dieu que l'enfant ne demandât plus le sein, et que je ne fusse pas incommodée de mon lait, de sorte que je demeurai sans inquiétude et sans souffrance !. »

Ce n'est point la dernière entrevue de Perpétue avec sa famille. « Comme le jour du spectacle appro-

chait, raconte la martyre, mon père vint me voir,

consumé par le chagrin : il se mit à arracher sa

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