‹ dix lecons sur le martyreChapitre 130 sur 201 · Passio SS. Perpeluae, Felicilatis · texte numérisé non relu

Passio SS. Perpeluae, Felicilatis

barbe, se jeta sur le sol, se coucha le front dans la poussière, maudissant l’âge auquel il était parvenu,

disant des paroles à émouvoir toute créature. J'étais |

toute triste, en pensant à une si malheureuse vieillesse !. »

L'une des dernières paroles de Perpétue est pour |

les siens. Elle est debout dans l’amphithéâtre, attendant la mort. Quand son frère, qu'elle a demandé,

s'approche d'elle, avec un autre chrétien : « Demeu- |

rez fermes dans la foi, dit-elle, aimez-vous les uns les autres, et ne vous scandalisez pas de mes souffrances ?. » Ce fut son adieu au monde et à la famille.

Croiriez-vous que cette admirable Perpétue, si humaine, si tendre, si apitoyée sur les siens, si fille et si mère tout ensemble, a été traitée de fanatique et d'insensible? « Historien des faits humains, dit M. Duruy, je dois, dans la sainte, voir aussi la femme

qui brave publiquement les lois de son pays, et |

montrer la mère abandonnant l'enfant qu’elle nourrissait de son lait, la fille exposant son vieux père à tous les affronts %... » Braver les lois de son pays n'est pas un crime, quand ces lois sont mauvaises: quant au père, on sait avec quelle tendresse Perpétue a pleuré sur lui: et on ne lui reprochera pas d'avoir abandonné son enfant, puisque cet enfant, dont la présence avait pendant quelques jours changé pour elle la prison en un palais, elle le laisse aux mains d'une grand'mère, d'une tante, d'un oncle qui l’élèveront en chrétien. Cette martyre aimait fortement, mais elle aimait dans l’ordre, Dieu d’abord, les siens

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