‹ dix lecons sur le martyreChapitre 134 sur 201 · Eusèbe, Hist. eccl., V, 4, M ; De mart. Pal., 2, A · texte numérisé non relu

Eusèbe, Hist. eccl., V, 4, M ; De mart. Pal., 2, A

5. Voir dans Edmond Le Blant, les Persécuteurs et les martyrs, p. 283, la reproduction d’un nervus en fer, découvert à Pompéi dans la caserne des gladiateurs. è

6. Tant de souffrances ne furent pas perdues. Dès le lendemain des persécutions, Constantin entreprit de faire disparaître, dans l'intérêt de tous, les abus dont avaient le plus souffert les martyrs. Par une constitution de 820 (Code Théod., IX, int, 4), il ordonna d'’instruire sans délai le procès, afin d'abréger la détention préventive: défendit de charger les accusés de chaines trop étroites, et de leur mettre les menottes; défendit de les enfermer dans d'obscurs ca-

chots, voulut qu’en attendant le jugement, ils habitassent les vesti-

bules bien aérés de la prison, ou au moins des appartements salubres; interdit aux gardiens de les priver de nourriture et de les maltraiter. Cette réforme fut poursuivie en 340 par une constitution de Constance, qui ordonna de séparer en prison les criminels des deux sexes (Code Théod., IX, m, 3). D’autres ordonnances de 380, de 409, complétèrent la réforme, en établissant, pour la protection des détenus, une inspection régulière des prisons par les magistrats, sous la orne des évêques (Code Théod., IX, nr, 6; Code Just. IX, 1v, 4, 5).

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cédait en horreur au cachot, dont il a été question dans un des textes que je citais tout à l'heure, Celuici était « la prison inférieure, » « la basse prison, » interior pars carceris, inferior carcer,imus carcer. Le poète Prudence, qui, ancien gouverneur de province, connaissait bien les geôles romaines, le décrit ainsi : « Îl existe à l'étage le plus bas de la prison un lieu plus noir que les ténèbres elles-mêmes, clos et étranglé par les pierres étroites d'une voûte surbaissée. Ici se cache une nuit éternelle, que ne visite jamais l’astre du jour; là l’horrible prison a son enfer. » Ces vers seraient dignes de Dante, si une telle description n’empruntait plus à la vérité qu'à la fantaisie. Ce « cul de basse fosse, » comme disaient nos pères, ressemble tout à fait au Tullianum romain. c'est-à-dire à l'étage inférieur de la prison Mamertine, que tous les voyageurs et tous les pèlerins ont visité; le poète semble avoir mis en vers la célèbre description de Salluste?. Il y avait dans les prisons d'Etat, à l'époque romaine, une partie souterraine où l’on plongeait et souvent l’on exécutait les condamnés#. On appelait cette cave d’un nom sinistre, La Force, provenant de ce que des cages, en solides barreaux de chêne (robur), y recevaient quelquefois les captifst. On n'y descendait point par des marches : on y était descendu ou précipité par un trou pratiqué à l'étage supérieur *. L’horreur de la mort s’y doublait de celle des ténèbres : in robore et tene-

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