Ibid., V
du montanisme, écrivent sur ce sujet en Asie, en :
Phrygie, rédigent une adresse au pape Eleuthère*. D'autres, comme Perpétue, comme Lucius ou quelqu'un de ses compagnons, écrivent les Mémoires de leur captivité, non par une recherche de vaine gloire, mais pour édifier l'Église et rendre grâces à Dieu. Enfin le sort des païens qui les entourent touche ces cœurs généreux : ils parlent, et leurs souffrances,
plus éloquentes encore que leurs paroles, prêchent |
le Christ : de là des conversions inattendues, des geôliers s'agenouillant devant les captifs, des mains enchaînées versant sur leurs fronts l’eau du baptême. Le plus ancien de ces épisodes remonte à
l'aurore même du christianisme : le gardien de la |
prison de Philippes est baptisé avec toute sa famille par Paul et Silas?.
A la gloire des prisonniers chrétiens se mêlèrent, quelquefois, des ombres que la faiblesse humaine rend inévitables, et que l’histoire impartiale n'hésite pas à reconnaître. On vit des gens mal famés se faire enfermer comme chrétiens pour profiter des dons que la charité des fidèles prodiguait
aux persécutés. Même cette charité fut quelquefois |
indiscrète, s’il faut en croire Tertullien devenu montaniste, qui affirme qu'on donna à des confesseurs mal affermis, #artyres incerti, des breuvages des-
tinés à leur communiquer une sorte d'ivresse. |
Une ivresse d'un autre ordre, et plus dangereuse |
encore, celle de l’orgueil, troubla de ses fumées
l'âme de chrétiens détenus dans les prisons de Car-