Acta SS, Claudii, Asterii et aliorum
ies bourreaux, reproche sa lâcheté au magistrat : « N'as-tu pas honte de traiter ainsi une femme de naissance libre, une étrangère? Dieu voit ce que tu fais. Ce n’est pas moi seule, c’est ta mère, c'est ton épouse que tu as couvertes de confusion en ma personne {. » On croirait entendre le cri sublime de Marie-Antoinette : « J'en appelle à toutes les mères! » Mais le juge romain se montra aussi insensible que le juge révolutionnaire : celle qui venait de faire entendre cette éloquente protestation, la martyre Theonilla, fut menacée de si atroces tourments qu'elle mourut subitement aussi dans la salle d'audience ?. Cela arriva à d’autres encore : une toute jeune fille, l'espagnole Eulalie, expire de même pendant qu'une torche enflammée est promenée sur sa poitrine, sur ses flancs, sur son visage, sur ses cheveux. L'illégalité, ici, est aussi flagrante que la barbarie : s'il n'était pas interdit de mettre les femmes à la torture, un rescrit d'Antonin le Pieux défendait de torturer un enfant de moins de quatorze ans * : et Eulalie en avait douze $,
Quelques mots encore pour achever ce que nous avons à dire sur les procès des martyrs.
Vous avez peut-être remarqué que deux classes de