Saint Cyprien, Ep
Ensuite on les marquait au front !, afin de les enrôler définitivement dans le troupeau des condamnés : cette peine aggravante et infamante de la marque dura jusqu’à Constantin, qui l’abolit « par respect
pour la beauté divine, dont l’image resplendit sur le
visage humain ?. » Pour reconnaître plus facilement encore les forçats dans le cas de fuite, on leur rasait la moitié de la chevelure ?. Mais la fuite eût été difficile, car un forgeron leur avait en même temps rivé aux pieds des anneaux de fer, joints par une courte chaîne, de telle sorte qu'ils étaient obligés de marcher à petits pas, et qu’ils n’auraient pu courir {.
A diverses époques, nous trouvons la mention de chrétiens condamnés aux mines. [l y en eut en Grèce, sous Marc Aurèle ÿ, soit aux mines d'argent de Laurium, si elles étaient encore en activité, soit dans quelque autre des nombreux gisements métallifères de la péninsule ou des îles environnantes. Il y en eut sous Commode dans les mines de plomb de la Sardaigne %. Mais on possède surtout, pour le milieu du troisième siècle, un document précieux sur la situation des forçats chrétiens, dans la correspondance entretenue entre saint Cyprien et les confesseurs de la foi attachés aux mines de Sigus, en Numidie.
Ceux-ci étaient divisés en trois groupes, appartenant soit à trois mines distinctes, soit à trois puits de la même mine. Il y avait parmi eux des
. Pontius, Vita S. Cypriani, 17.
. Code Théodosien, IX, XL, 2.
. Saint Cyprien, Ep. 71.
. Ibid.
: . Lettre de saint Denys de Corinthe, dans Eusèbe, Hist. eccl., IV, 23, 10.