‹ dix lecons sur le martyreChapitre 152 sur 201 · Callistrate, loc. cit · texte numérisé non relu

Callistrate, loc. cit

rogés, dit la relation des mariyrs de Lyon, tous | ceux qui se trouvaient être citoyens romains furent . condamnés à avoir la tête tranchée, les autres furent destinés aux bêtes !. » Mais la relation ajoute que l'un des martyrs, Attale, bien que sa qualité de citoyen eût été reconnue, fut, sur la demande du : peuple, exposé aux bêtes ?. La règle commence donc à fléchir, par le double effet du caprice populaire et de la faiblesse du magistrat. Les apologistes de la fin du second siècle et du commencement du troi- : sième, en énumérant les supplices des martyrs, ne | font aucune distinction, ce qui semble indiquer qu'il | n'y en avait plus guère dans la pratique. « On nous . coupe la tête, dit saint Justin, on nous attache à des croix, On nous expose aux bêtes, on nous tourmente | par les chaînes, par le feu, par les supplices les plus | horribles ?. » « Nous pendons aux croix, écrit Tertullien, nous sommes léchés par les flammes, le glaive ouvre nos gorges, les bêtes féroces s’élancent . sur nous #. » « Chaque jour, écrit Clément d’Alexandrie, nous voyons de nos yeux couler à torrents le sang des martyrs brûlés vifs, mis en croix ou décapités 5. » ;

L'extension du droit de cité à tous les habitants de l'Empire eut ici l'effet que j'ai indiqué déjà : elle ne communiqua pas aux provinciaux les privilèges des citoyens, mais elle dépouilla les citoyens de ce qui les distinguait des provinciaux : dès lors, toutes les

4. Lettre des chrétiens de Lyon et de Vienne, dans Eusèbe, Hi s, eccl., V, 1, 41.

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