‹ dix lecons sur le martyreChapitre 154 sur 201 · Acta proconsularia S. Cypriani · texte numérisé non relu

Acta proconsularia S. Cypriani

4. Dion Cassius (LXVII, 43) emploie l'expression xaTÉGpabev, Qui veut dire « coupa la gorge. » Le passage de l’Apocalypse, 1, 9, sur « les âmes de ceux à qui l’on avait coupé la tête (tv ÉGpAYLÉVEV) à cause de la parole de Dieu et du témoignage qu'ils avaient rendu » fait peut-être allusion à ces martyrs aristocratiques.

plusieurs des martyrs de Lyon, les martyrs de Scillium, le sénateur Apollonius. Quelquefois un chrétien de condition inférieure dut le privilège du glaive à la connexité de sa cause avec celle d’un martyr de rang plus élevé : c'est ainsi que l’esclave Evelpistus fut décapité comme son instituteur Justin, Au troisième siècle, beaucoup de fidèles ont la tête tranchée : le soldat Besa, les femmes Ammonarium, Mercuria, Denise, à Alexandrie, le pape Sixte II et ses diacres à Rome, l’évêque Cyprien, Montan, Lucius, Flavien, à Carthage, Jacques, Marien et leurs innombrables compagnons à Lambèse.

Mais déjà le caractère hâtif de la peine, ou son aspect d'exécution en masse, tend à remplacer la grave lenteur des premiers temps. Sixte n’est même point jugé : on le surprend enseignant les fidèles dans un caveau du cimetière de Prétextat, et on le décapite assis dans sa chaire : quatre de ses diacres sont exécutés sans sortir du souterrain !. Vous vous souvenez qu'à Lambèse, après plusieurs jours d'exécution, on fit agenouiller sur plusieurs rangs les condamnés qui restaient encore, et que le bourreau passa de l’un à l’autre. faisant voler toutes les Prtêtes ?.

Dans la dernière persécution, la peine de la décapitation est fréquemment appliquée : soldats, évê- | ques, prêtres, diacres, magistrats, matrones, gens du peuple, tombent sous le glaive. Mais, le plus souvent, les magistrats du quatrième siècle font choix de cette peine, moins pour suivre une règle

1. Xystum autem in cimiterio animadversum sciatis octavo iduum | augustarum die, et cum eo diaconos quatuor. Saint Cyprien, Ep. 80.

2, Voir plus haut, p. 1444. Cf. Lucain, Pharsale, VII, 673 : « artis erat ense caput rotare. »

légale, ou pour observer la condition des personnes, que parce qu’elle est plus rapide que les autres supplices et qu’il s’agit maintenant d’exterminer les chrétiens. Recon le procès de trois fidèles à Césarée : « le gouverneur Firmilien, dit Eusèbe, ne put contenir sa colère : il ne voulut point retarder leur mort par de longs supplices, et leur fit aussitôt trancher la tête !. »

Peu de martyrs paraissent avoir été condamnés au feu pendant les deux premiers siècles. L’horrible fantaisie de Néron, allumant des chrétiens en guise de flambeaux vivants, est un des caprices de ce monstre, et ne saurait rentrer dans l’ordre des pénalités légales. La chaise rougie au feu, sur laquelle on asseoit dans l’amphithéâtre de Lyon quelquesuns des martyrs de 177, est à cette époque un instrument de torture, et non encore un engin destiné au dernier supplice ?. La peine régulière du feu ne s'introduisit que tardivement dans la législation romaine $. On la voit employée contre un martyr pour la première fois à Smyrne, en 155 *. Au troisième siècle, elle devient très fréquente : on en a de nombreux exemples à Alexandrie pendant la persécution de Dèce * : on la retrouve au même moment à Smyrne lors du martyre de Pionius £, à

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