Acta SS. Fructuosi, Augurit, Eulogii
4. Saint Ambroise, De officiis ministrorum, I, M; 11, 28 ; Prudence PeriSlephanôn, II.
3, Eusèbe, Hist. eccl., VII, 6,8, 9,14, 12, 44, De mart. Palest., 9,8, 45 8,10,192, 13. Gr LA s
6. Igni cremantur plerumque servi, qui saluti dominorum suoruim insidiaverint : nonnunquam etiam liberi plebeii et humiles personæ, Callistrate, au Digeste, XLVIIT, x1x, 28, 11. } :
7. Mariyrium Polycarpi, 13; Martyrium Carpi, Papyli et Agathonices. On sait que les vêtements des condamnés, pannicularia, étaient le profit des exécuteurs; rescrit d'Hadrien et commenlair d’Ulpien,au Digeste, XLVIL, xx, 6. Cf. saint Mathieu, xxVI1,35 ; sain Marc, xv, 24; saint Luc, xx, 34 ; saint Jean, XX, 23, 24. 3 <
8. Martyrium Polycarpi,14; Martyrium Carpr, etc.; Passio S. Pionit, 21.
Ps
seulement liées! : il arrive alors que, les cordes | étant brüûlées, le martyr retrouve la liberté de ses | mouvements : on vit Fructueux et ses diacres, ainsi { délivrés, tomber à genoux, les bras étendus en | croix, et, dans l'attitude de la prière, attendre la | suprême morsure des flammes ?. La mort, presque | toujours, vient vite. Pendant les trois premiers | siècles, on ne cherche pas à prolonger l’agonie du martyr. Quelquefois même on lui donne sur le bü- | cher le coup de grâce ; c’est ce qu’onfit à saint Poly-| carpe ÿ. | Cependant, dès la fin du second siècle, le supplice | du feu prit aussi une autre forme. « On nous désigne, dit Tertullien, par les noms de Sarmentitit et de| Semaxii, parce que, attachés à un poteau, nous pé-| rissons entourés d’un demi-cercle de sarments| enflammés #. » Le condamné n'était plus élevé æl un bûcher, mais placé au niveau du sol; souvent.| afin de l’envelopper plus complètement de fumée et} de flamme, onl’enterrait jusqu'aux genoux ÿ. Ce mode! de supplice, qui supprimait à peu près le spectacle, | fut employé fréquemment dans la dernière persécu-| tion, où la hâte d'aller vite l’emportait quelquefois! sur toute autre pensée, et où souvent aussi le peuple, écœuré par la multitude des chrétiens immolés, ne! montrait plus pour leurs souffrances la même curiosité. Ainsi périrent, à Héraclée, l'évêque PhilippeL et le prêtre Hermèsf; ainsi, à Césarée, l'esclave
4. Martyrium Polycarpi,13.— 3. Acta SS. Fructuosi, Augurii, Et le gi, 4. — 3. Martyrium Polycarpi, 46. — 4. Tertullien, Apol., — 5. Passio S. Philippi, 13. Ce genre de supplice du feu fut is même avant cette époque : « Circumdati defossis corporibus ignes. stnèque, De Ira, I, 3. — 6. Ibid.
| philosophe Porphyre ! ; ainsi, en beaucoup de villes d'Orient, les chrétiens que l'on jetait dans les flammes, selon l'expression souvent employée par Eusèbe, c’est-à-dire que l’on faisait entrer dans ces cercles de feu, où, dit un autre contemporain, Lactance, ils étaient consumés en troupes ?.
Le pipicomburium par les deux méthodes qui viennent d'être décrites représente, sous sa double forme, le supplice régulier du feu. Mais l'imagination des magistrats romains demeure toujours maîtresse d'y introduire des variantes. C’est alors la fantaisie dans l'horreur. C'est l'arbitraire avec toute sa icruauté. Le feu s'y prête mieux encore que les autres imodes d'exécution capitale.
Il y a la chaudière d’huile bouillante où, dans des circonstances restées mal connues, est plongé saint Jean * ; ily alachaudière de bitume enflammé où meurt sainte Potamienne4.Ily a la chaux vive dans laquelle, sous Dèce, furent baignés les martyrs Epimaque et Alexandre. Il y a la chaise ou le lit de fer rouge qui, au milieu dutroisième siècle, et surtout au quatrième, d'instrument de torture se transforme en instrument de supplice. On connaît le récit traditionnel de la Passion de saint Laurent 6. Plus sûr’, parce qu’il émane d’une source contemporaine, est celui du martyre de Pierre, le chambellan de Dioclétien, rôti vivant sur un gril, où, pour prolonger
4. Eusèbe, De mart. Pal., 11, 19. — 2. Lactance, De mort. pers., 15. 3. Tertullien, De praescr., 36. — 4. Eusèbe, Hist. eccl., VI, 5.— 5. TIusi céiotw xai oùro: SLEyUOnoav. Lettre de saint Denys d'Alexandrie, fdans Eusèbe, Hist. eccl., VI, 41, 17. — 6. Prudence, Peri Steph., M1. — 7. Cf. Pio Franchi de’ Cavalieri, S. Lorenzo e &l supplicio della graticola, dans Rômische Quartalschrift, t. XIV, 4900, p. 159- (476.
son supplice, on présente l’un après l'autre ses | membres à la flamme‘. Ainsi sont encore grillés |
à Antioche plusieurs martyrs de la dernière persécution?. À Gaza, Timothée est « brûlé à petit feu. » L'empereur Galère inventa, en 309, une manière nouvelle de brûler à petit few les chrétiens, tout en leur jetant de temps en temps de l’eau à la figure, ou en leur en faisant avaler, de peur qu'ils n’expiras- | sent trop vite : le supplice duraït quelquefois presque | tout un jour.
Deux tendances, à cette époque de guerre à outrance, se partagent l'esprit des persécuteurs : tuer vite, pour tuer beaucoup ; tuer lentement, pour faire beaucoup souffrir. La peine du feu se prêtait également à l’une et à l’autre.
Le supplice le plus dramatique infligé aux fidèles sous les regards de la foule païenne est l'exposition aux bêtes.
Celui-ci était le spectacle par excellence, puisque le plus souvent on attendait un jour de fête et lal date d'une représentation régulière pour conduire} les condamnés dans l'arène. TE Ignace fut jeté! aux bêtes le 20 décembre, c'est-à-dire pendant les venationes par lesquelles on célébrait les saturnales, et qui durent être d'autant plus solennelles,