‹ dix lecons sur le martyreChapitre 158 sur 201 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

7, Noir plus haut, p.124.

péties d'une belle résistance. Quelquelois un gou-

verneur envoyait de sa province les condamnés jugés |

dignes d’être exhibés au peuple romain! : c'était une manière de faire sa cour aux pouvoirs publics ou à l'empereur. Le voyage de saint Ignace, conduit de Syrie à Rome, s'explique peut-être par une raison de ce genre, ou plus simplement par la nécessité de fournir de tous côtés des captifs pour les fêtes qui solennisèrent pendant cent vingt-trois joursla victoire dacique de Trajan ?. Onze mille bêtes féroces y furent tuées : mis combien d'hommes avaient-elles déchirés auparavant?

L'exposition aux bêtes était organisée d'une manière tout à fait théâtrale. De même que les courses de char étaient précédées d'une cavalcade, la pompa circensis, où passaient sous les yeux des spectateurs les cochers, les écuyers, tous les figurants des courses qui allaient s'ouvrir; de même que les combats de gladiateurs commençaient par un défilé, où les morituri venaient saluer l'empereur et se montrer au peuple : de même les condamnés étaient d’abord présentés, et de cruels intermèdes préludaient à leur dernier supplice. C’étaient quelquefois, comme à Lyon, une série de tortures, fouets, chaise rougie au feu, qui précédaient, ou parfois même interrompaient, l'exposition aux bêtes 5. C'était plus régulièrement, comme à Carthage, une procession autour de l’arène, sous les fouets des bestiaires. Pour rendre plus pittoresque la lutte suprême, on cherchait à déguiser les condamnés. On voulait qu’un peu de mas-

4, Modestin, au Digeste, XLVIIE, xIx, 34.

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