Dion Cassius, LXVII
3. Lettre des chrétiens de Lyon et de Vienne, dans Eusèbe, Æust, eccl.,.N, 1, 58, 52.
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carade se mêlàt à leur agonie. Lors du martyre de Perpétue et de ses compagnons, le tribun qui les conduisait prétendit,- à la porte de l’amphithéâtre, faire revêtir aux hommes le costume bariolé des prêtres de Saturne, aux femmes celui des prêtresses de Cérès, — comme, cent quarante ans plus tôt, on avait affublé des oripeaux mythologiques des filles de Danaüs ou de la bacchante Dircé les chrétiennes exposées dans le cirque de Néron ‘. Mais les mar- tyrs africains refusèrent fièrement, au nom de ce principe nouveau pour lequel ils avaient consenti à mourir, la liberté de conscience. On assista, sur le seuil même de l’amphithéâtre, à une extraordinaire discussion, dans laquelle le dernier mot resta aux martyrs. « Nous sommes venus ici, dirent les chrétiens, de notre plein gré, pour ne pas renoncer à notre liberté. C’est pour cela que nous avons livré nos vies. Il y a pacte conclu avec vous. » Cette revendication presque juridique, où ceux qui allaient mourir discutaient tranquillement une question de costume, derrière laquelle se cachait une si haute question morale, fut comprise de l'officier romain : « l'injustice, dit le narrateur, en reconnut la justice : » on épargna aux martyrs un déguisement qui blessait leur foi ?. Ayant remporté cette victoire, que leur importait ensuite de sentir, en passant, le fouet des valets du cirque s’abattre sur leurs épaules $?
Comme les condamnés au feu, les condamnés aux bêtes étaient ordinairement exposés sur un lieu élevé,
4, Saint Clément, Cor., 6. — Voir le commentaire de ce passage dans Hist. des persécutions pendant les deux premiers siècles, 1° éd. p. 52-54. NL