‹ dix lecons sur le martyreChapitre 161 sur 201 · SEAT · texte numérisé non relu

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Le ainsi, après le supplice, livrés au bourreau. Les bêtes | ‘&vaient refusé de les toucher. Saint Ignace fait allusion à des faits de ce genre dans le passage de sa lettre aux Romains que je citais tout à l'heure. Son langage n'indique pas qu’il y voie un miracle. Témoin du même phénomène, Eusèbe reconnaît, au contraire, dans le respect que des êtres sans raison éprouvèrent pour les témoins du Christ, et dans la leçon de douceur que des animaux féroces donnèrent aux hommes, une marque éclatante de la puissance divine. La page où, après une journée passée dans l’'amphithéâtre de Tyr, il décrit l'étrange scène à laquelle il vient d’assister, est trop curieuse et trop pittoresque pour n'être pas citée tout entière :

« J'étais présent à ce spectacle : j'y ai senti visible et manifeste l'assistance du Seigneur Jésus, à qui les martyrs rendaient témoignage. De voraces animaux restaient longtemps sans oser toucher les corps des saints, ni même en approcher. Ils tournaient leur rage contre les païens qui cherchaient à les exciter, et se tenaient loin des saints athlètes qui, nus et sans défense, les provoquaient par des gestes, comme on leur en avait donné l’ordre. Quelquefois ils s’élançaient vers eux, puis, comme repoussés -par une force divine, ils reculaient. Cela dura longtemps, au grand étonnement des spectateurs qui voyaient une première, une seconde, une troisième bête lancée inutilement contre un même martyr. On était dans l'admiration de la constance et de l’intrépidité des saints, de la force d’âme qui éclatait dans de faibles corps. Vous auriez vu un

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