‹ dix lecons sur le martyreChapitre 175 sur 201 · Saint Cyprien, Ep · texte numérisé non relu

Saint Cyprien, Ep

4. Saint Pierre d'Alexandrie, canons 9 et 10 (dans Migne, P. G., 4, XVIIT, col, 488),

mis, dit Origène, d’insulter, de souffleter les statues des dieux !. A plus forte raison est-il, à moins de circonstances exceptionnelles ?, défendu de les briser. Un canon du concile d'Illiberis, antérieur à la persécution de Dioclétien, déclare que « si un chrétien a brisé des idoles et a été tué sur le fait, il ne sera pas compté au nombre des martyrs $; » et la raison qu'en donne le concile est très remarquable : « Un tel acte, ajoute-t-il, n'est pas recommandé par l'Évangile, et nous ne croyons pas qu'il ait jamais eu lieu du temps des apôtres 4. » Moins encore a-t-on le droit d’attenter aux temples des idoles : c'est ce que déclare un historien ecclésiastique du cinquième siècle, l'évêque Théodoret, quand, après avoir raconté l'acte de zèle inconsidéré d’un évêque persan, qui avait renversé un temple de son pays, il ajoute : « Saint Paul venu à Athènes, et voyant cette ville abandonnée au culte des faux dieux, ne renversa aucun des autels vénérés par les Athéniens, mais il parla à ceux-ci, et, par ses discours, dissipa leur ignorance et leur enseigna la vérité ÿ. »

L'Église poussait la modération et la prudence jusqu’à ne point blâmer ceux qui achetaient à prix d'argent la tolérance du persécuteur, et payaient pour que la police eût sur eux les yeux fermés : sujet d'une violente indignation de Tertullien, qui accable de tous les sarcasmes cette conduite plus

4, Origène, Contra Celsum, VIII, 38. — 2. Par exemple le cas de la martyre Valentine, qui, traînée de force à l'autel, sur lequel on veut la contraindre à sacrifier, le frappe à coups de pieds, et renverse tout l'appareil du sacrifice. Eusèbe, De mart. Pal., 8, T. — 3. Conc. Illiber., canon 60 (Héfélé, Bistoire des Conciles, trad. Leclercq, t. I, p. 255). — 4. Ibid. — 5. Théodoret, Haist.eccl., V, 19. Les magistrats

païens d'Éphèse reconnaissaient que saint Paul el ses compagnons n'avaient jamaïs ni outragé leur temple ni « blasphémé » leur déesse (Act, apost,, xix, 31},

modeste qu'héroïque!; mais objet d’un jugement | aussi miséricordieux que spirituel de saint Pierre | d'Alexandrie, disant que ceux qui agissaient ainsi | ont au moins montré qu'ils étaient plus attachés à

Jésus-Christ qu’à leur argent, puisqu'ils ont employé

celui-ci à se sauver du danger d'apostasie?. Mais | surtout l'Église approuvait, conseillait même la fuite | pendant la persécution. Ce fut, au commencement | du troisième siècle, le grand débat entre la sagesse pratique des orthodoxes et l’arrogance des montanistes. Tertullien se fait l'écho de ceux-ci, en disant : « J'aime mieux avoir à vous plaindre qu’à rougir de vous. Un soldat mortellement frappé sur le champ de bataille est plus beau qu’un soldat sauvé par la fuite, » pulchrior est miles in pugna pilo transmissus quam fuga salvus$. I] suflit d'énoncer ce paradoxe pouren sentir l’absurdité; le reniement n’est pas comparable à la mort d’un soldat, mais à la désertion ou à la trahi- | son. Tout autre est le sentiment de l'Église. Elle j juge | cette question par la parole du Christ : « Quand on vous poursuivra dans une ville, fuyez dans une autre #, » | Proscrit par les païens, Polycarpe s'était caché à Ia campagne : mais, quand il eut été arrêté, il répondit | avec une noble fierté à son juge, proclama bien haut! son amour pour Jésus-Christ, et monta joyeusement!, sur le bûcher : aussi les chrétiens de Smyrre, enl racontant sa mort, l’appellent-ils « un martyre selon l'Évangile 5, » Beaucoup des hommes les plus considérables dans l'Église au troisième siècle, Clément

{. Tertullien, De fuga in ire 2 42, 43.

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