Saint Matthieu, x
. To xarà To Edayyéltov UapTÜptov. Martyrium Polycarpi, 19.
d'Alexandrie, Origène, Do d'Alexandrie, Cyprien, Grégoire le M one Pierre d'Alexandrie, con- seillent aux fidèles de se soustraire par la fuite au péril matériel et surtout au péril moral de la persécution, et donnent l'exemple de cet acte de modestie chrétienne; ce qui ne les empêche pas, s’il sont ensuite arrêtés, de confesser intrépidement le Christ, soit, comme Origène, en languissant pendant de longs mois en prison parmi les plus cruelles tortures, soit, comme Cyprien ou Pierre d'Alexandrie, en mourant décapités pour leur foi. La retraite volontaire, qui impliquait la ferme résolution de ne pas apostasier, et s’accompagnait presque toujours de la confiscation et de la ruine, est, selon l'expression de saint Cyprien, le second degré du martyre! : souvent ceux qui avaient prouvé par elle leur fidélité méritèrent de la grâce de Dieu d’en monter ensuite le premier et glorieux degré.
J'ai dû exposer ces idées avec quelques détails, afin de bien montrer la nature du témoignage rendu par les vrais martyrs. Rien n’y sent l'enthousiasme factice et surchauffé. Ce n’est pas l’ardeur maladive de la mort, telle qu’on la rencontre chez les sectaires, comparée par Clément d'Alexandrie à la folie des gymnosophistes de l’Inde, qui se jettent volontaire- - ment dans le feu?. Ce n'est pas l'entraînement docile de la foule, plus ou moins poussée par des meneurs. C’est la détermination ferme de gens réfléchis, qui ne s’exposent pas volontairement au danger, qui se défient sagement d'eux-mêmes, qui obéissent aux règles portées par la sollicitude de l’au-
4. Saint Cyprien, De lapsis, 3 2, Clément d'Alexandrie, Strom., 1V,4; Migne, P. G.,t. VIII, col. 1231, %
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torité religieuse, mais qui, devant le péril, ne faiblissent pas, d'autant plus intrépides que leur témoignage n’est pas rendu à la légère, mais qu'il est la résultante de toute leur foi, de toute leur vertu et de toute leur raison. Voyez en quels termes saint Justin raconte la confession du martyr Ptolémée : « Ptolémée, toujours sincère, ennemi de la ruse et du mensonge, avoua qu'il était chrétien : le centurion le fit mettre dans les fers et le tint longtemps en prison. Conduit enfin devant (le préfet) Urbicus, on lui demanda seulement, comme la première fois, s'il était chrétien. De nouveau, ayant conscience des biens qu'il devait à l’enseignement du Christ, il confessa l'école de la morale divine. Nier quoi que ce soit, c’est nier pour condamner, ou dans la conscience de sa propre indignité se proclamer étranger et refuser son témoignage. On ne trouvera ni l'un ni l’autre chez un vrai chrétien‘. » Comme tout cela est calme, médité et raisonnable! Mais une fois la résolution prise, les chrétiens sentaient tout de suite la joie du devoir accompli. « Pour ne pas mentir ni tromper les juges, nous confessons joyeusement le
Christ et nous mourons, » dit encore saint Justin?. :