‹ dix lecons sur le martyreChapitre 178 sur 201 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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4. Passio SS. Perpetuae, Felicitatis, ete., 9. $. Jam et ipso optione carceris credente. Ibid, 46.

une intrépidité extraordinaire, déjà attaqué par des bêtes qui l'avaient à peine touché, et attendant celle qui le déchirerait enfin, Saturus continuait son apostolat auprès de Pudens. Debout contre une des portes de l’amphithéâtre, il lui disait : « Me voici, et, comme je te l'avais prédit, je n'ai encore senti les morsures d'aucune des bêtes. Mais maintenant, hâte-toi de croire de tout ton cœur. Car je m'en vais, et d'un coup de dent un léopard va me mettre à mort. » La morsure d’un léopard, en effet, le couvrit de sang : il eut encore la force de dire au soldat : « Adieu, souviens-toi de ma foi : que ce spectacle ne te trouble pas, mais te confirme! » Et, demandant l’anneau du soldat, il le trempa dans le sang de ses blessures et le lui rendit, ainsi consacré !. Ce sang fut fécond, car Pudens est inscrit, lui aussi, au martyrologe de Carthage ?.

Cette fécondité n’est pas épuisée, et, de nos jours encore, quand sévit quelque part la persécution, le témoignage des martyrs enfante des chrétiens. Un missionnaire écrivait, en 1888, aux Annales de la Propagation de la Foi, après l’affreuse persécution qui détruisit alors tant de chrétientés dans la Cochin- * chine orientale, qu'au moment où elle sévissait le plus cruellement, un païen se présenta chez lui, demandant le baptème. « Pourquoi, dit le missionnaire, veux-tu te convertir? — Parce que j'ai vu mourir des chrétiens, et que je veux mourir comme

1. Passio SS. Perpetuae, Felicitatis, 21. —2. Ruinart, p. 693. — En Perse aussi, l'héroïsme des martyrs fut souvent contagieux. * Tandis qu'on couduisait Barsabia au supplice, un mage se mêle aux rangs des condamnés et demande à partager son sort glorieux. Le chef des artisans royaux, Pusaik, exhorte à la persévérance un martyr qui fai-

blissait, et est aussitôt puni de mort. » J Labourt, le Christianisme dans l'Empire perse, p. 62.

eux. J'en ai vu précipiter dans les fleuves et dans les puits, j'en ai vu brûler vifs et percer de lances. Eh. bien, tous mouraient avec un contentement qui me surprenait, récitant des prières ou s’encourageant les uns les autres. Il n’y a que les chrétiens qui meurent ainsi, et voilà pourquoi j'ai voulu me convertir!. » Restons sur cette parole : elle est bien vivante, la foi qui, à tant de siècles de distance, et dans des pays si différents, reproduit les mêmes épisodes, suscite les mêmes sentiments, engendre

les mêmes héroïsmes, et fait naître le même désir. de les imiter. ;

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