Annales de la Propagation de la Foi, janvier 1889, p
Le drame du martyre est terminé. La foule s'éloigne du champ du supplice, animée de sentiments divers. Les uns, dont rien n’a pu vaincre le fanatisme, se réjouissent de ce que le sang d'un chrétien immolé a vengé l'injure faite aux dieux. Beaucoup d’autres s’en vont tristes, partagés entre l’admiration et la pitié. Mais un groupe d’assistants est resté, parents, amis, ou simplement coreligionnaires du martyr : ceux-ci vont lui rendre les derniers devoirs.
En temps ordinaire, les lois ne s’opposaient pas à ce qu’il reçût les honneurs funèbres. « Les corps des suppliciés, dit un jurisconsulte du troisième siècle, doivent être délivrés à quiconque les demande pour les ensevelir ! ; » etun autre jurisconsulte, ancien préfet du prétoire, dit de même : « Les cadavres de ceux qui ont eu la tête tranchée ne doivent pas être refusés à leurs parents; on peut recueillir sur le