Acta S. Maximiliant
rale, la sépulture ainsi accordée à ceux-ci, les persécuteurs la refusaient quelquefois : ronnunquam non permittitur, dit Ulpien ‘.
On voit des exemples de ces refus de sépulture dès le temps de Marc Aurèle. À la suite du martyre des chrétiens de Lyon, les restes de ceux qui étaient morts en prison furent jetés aux chiens; on y joignit ce que les bêtes et le feu avaient épargné, et les têtes, les troncs de ceux qui avaient été décapités. Après que ces débris eurent été exposés pendant six jours, sous la garde de soldats qui en écartaient les fidèles, on les brûüla, et on jeta les cendres dans le Rhône. « Les païens, dit la lettre des Églises, croyaient vaincre ainsi la volonté du Très-Haut et priver les martyrs de la résurrection; tout espoir de renaissance serait, disaient-ils, enlevé à ces hommes qui s’en encouragent, et qui introduisent dans l'Empire une religion étrangère, méprisant les tortures et courant joyeusement à la mort. Voyons s'ils pourront ressusciter, si Dieu leur prêtera secours et les arrachera de nos mains ?. » Ce préjugé populaire, que d’autres documents encore nous font connaître, fut un dés motifs qui portèrent les païens à défendre la sépulture des martyrs, ou à les noyer, ou à choisir pour les immoler des supplices anéantissant le corps, comme l'exposition aux bêtes ou le feu. Croyant que les corps détruits ou privés de tombeau ne pourraient ressusciter, ils s'imaginaient pousser ainsi