Digeste, XLVIH, XXIV
2. Letire des chrétiens de Lyon et de Vienne, dans Eusèbe, Hist. eccl., V, 1, 51-63.
3. Voir Edmond Le Blant, Les martyrs chréliens el les supplices destrucleurs du corps, dans Les persécuteurs et les martyrs, p. 235-:
leur vengeance au delà de ce monde, et poursuivre leurs victimes jusque dans l'éternité.
Effort inutile, que déjouaient l'ardente foi et le spiritualisme éclairé des martyrs. « Quand j'aurai disparu tout entier, écrit saint Ignace avant d’être jeté aux bêtes, c’est alors que je serai vraiment le disciple du Christ ?. » Pionius, montant sur le bûcher qui devait le réduire en cendres, déclare * « Ce qui me fait surtout chercher la mort, ce qui me pousse à l’accepter, c'est qu'il me faut persuader à tout le peuple qu'il est une résurrection ?. » Mais ces réponses, comprises des fidèles, ne parvenaient pas à dissiper le tenace préjugé des païens. Nous le voyons persister jusqu’à la fin des persécutions. A cette haine superstitieuse peuvent être attribués les traitements, infligés sous Dioclétien à de nombreux martyrs, qui, après avoir été décapités, étouffés par les flammes, ou tués par les bêtes, furent soit jetés à la mer ou dans les fleuves, soit laissés gisants sur le sol. Eusèbe a écrit l'émouvant récit d’un de ces actes barbares, que suivit un étrange phénomène, très sûrement attesté, et dont furent vivement frappés les contemporains. « Le gouverneur de Césarée, dit l'historien, avait poussé la rage contre les serviteurs de Dieu jusqu'à violer les lois de la nature en défendant d’enterrer les cadavres des saints. Par son ordre, ils étaient gardés jour et nuit
en plein air, afin que les bêtes les déchirassent,
Chaque jour, on pouvait voir une nombreuse troupe veillant à l'exécution de ce commandement impie. Les soldats empêchaient qu'on enlevât les corps