Eusèbe, De mart. Palest
2. Martyrium Polycarpi, 17. — En réfutant ces pensées absurdes des païens et des Juifs, les chrétiens de Smyrne répondent déjà, dans
curer les os épargnés par les flammes, « plus précieux pour nous que l'or et les pierreries, » lit-on dans la lettre contemporaine !. Au commencement de la persécution de Dioclétien, les serviteurs chrétiens du palais avaient reçu la sépulture aussitôt après leur martyre ; mais ensuite les empereurs ordonnèrent de les déterrer et de les jeter à la mer : « car, s'ils restaient dans leurs tombeaux, on se mettrait à les adorer comme des dieux ?. » Le corps du diacre saint Vincent, immolé à Valence dans la même persécution, fut exposé aux bêtes, puis jeté à l'eau par l'ordre du gouverneur Datianus, « craignant, disent les Actes, que si les chrétiens possédaient ses reliques, ils ne l’honorassent comme un martyr °. » Cette crainte, fréquemment exprimée par les païens, et que nous retrouvons jusque chez le dernier des persécuteurs, l’empereur Julien , montre en quel honneur l'Église tenait ses membres immolés pour la foi. Aussi voit-on de nombreux chrétiens exposer leur vie afin d'assurer la sépulture des martyrs. [ls bravent les défenses des magistrats, emploient l'argent, la ruse même, pour approcher des reliques des saints, et les enlever secrètement. Sous Marc Aurèle, on voit les restes de saint Justin et de ses compagnons, à Rome 5, des saints Épi-
leur lettre, aux accusatfons dirigées par les modernes hérétiques contre le culte des saints et de leurs reliques : « I] ne savent pas qu'il nous serait impossible de jamais oublier le Christ qui a souffert pour le salut du monde, qui a souffert, quoique innocent, pour lès pécheurs, et d’adorer un autre que lui. »