Acta S, J'ustini
pode et Alexandre, à Lyon !, ainsi « dérobés » par
les fidèles. Sous Dèce, les fidèles de Pergame « dérobent pour les mettre en lieu sûr » les restes calcinés de Carpos, de Papylos et d'Agathonicé ?. Sous Valérien, c'ést à la nuit tombante que les chrétiens de Tarragone s’introduisent dans l'amphithéâtre, pour y recueillir, brûlant encore dans le bûcher, qu'il leur faut éteindre par une sorte de libation, les débris des corps de Fructueux et de ses” diacres ?, Pendant la persécution de Dioclétien, où le refus de sépulture est surtout fréquent, nombreux
- sont les exemples de semblables dévouements. En
Macédoine, des chrétiens se déguisent en matelots, et montent dans des barques, afin de ramener dans leurs filets les corps de Philippe et d'Hermès, qui avaient été jetés dans l'Ébre ‘. A Rome, un tombeau, formé de débris maconnés à la hâte, reçoit dans la petite catacombe de Generosa les corps des martyrs Simplicius et Faustinus, repêchés dans le Tibre *.
Telle était l'ardeur des fidèles à ne rien perdre non seulement du trésor moral, qui est l'exemple donné par les martyrs, mais encore de ce trésor matériel, que composent leurs reliques. Les moindres débris, les plus humbles parcelles, en devenaient sacrés à leurs yeux. Pour qu'aucune goutte de sang ne s'égare, les chrétiens de Carthage étendent devant saint Cyprien, à genoux pour être déca-
4, Passio SS. Epipodii et Alexandri, 12.
2, Martyrium Carpi, Papyli et Agathonices, in fine.