Bull. di arch. crist., 1865, p. 35 et
9, Caius, dans Eusèbe. Hist. eccl., IT, 25, 7 | 3, léarcien, au Dig. XL\II, xxIV, 2. Cf. Tacite, Ann., XIV, 12.
après sa mort de l'île de Sardaigne, où il avait été déporté": son successeur Fabien, ayant obtenu l'autorisation nécessaire, fréta un navire, et, accompagné d’un nombreux clergé, alla chercher au lieu de son exil les reliques du confesseur du Christ {.
Comment les tombeaux des martyrs se distin-
guaient-ils de ceux des simples fidèles? La marque
la plus visible et la pius glorieuse était l'inscription du titre de martyr sur la pierre sépulcrale. Les sépultures sur lesquelles il se lisait devenaient tout de suite pour les chrétiens l’objet d’un véritable culte. Les païens le savaient, et en avaient peur, comme de tout ce qui entretenait chez le peuple des fidèles les saints enthousiasmes, d'où sortent les courageuses et durables résistances. C'était, nous l'avons vu, l’un des motifs qui conduisaient les ennemis de l'Église à lui disputer les corps des saints. « Je vais détruire jusqu’à ses ossements, dit un persécuteur, afin qu'on ne lui élève pas de tombeau visité par les foules, et qu'on n’y place pas une inscription avec le mot martyr » : Ê
Jam nunc et ossa extinxero,
Ne sit sepulcrum funeris
Quod plebs gregalis excolat,
Titulumque figat martyris?.
Malgré les ravages du temps, on possède encore
plusieurs de ces tituli primitifs, sur lesquels le mot martyr, tout entier ou en abrégé, fut écrit par les
1. Liber Pontificalis, Pontianus, éd. Duchesne, t. I, p.143. 2. Prudence, Peri Steph., V, 389-392.
mm
contemporains des persécutions. Sur plusieurs Loculi faisant partie de la région primitive du cimetière de Priscille, et ayant renfermé peut-être les restes de contemporains de Marc Aurèle, le titre de martyr paraît avoir été indiqué par la lettre M. L’exhaussement du sol, dans le caveau où furent enterrés Hyacinthe et Protus, au cimetière de Saint- Hermès, a protégé contre la destruction la pierre sur laquelle était écrit le nom du premier de ces martyrs avec la date de son inhumation :
« Déposé le 3 des ides de septembre, Hyacinthe, martyr. » DP. III IDVS SEPTEBR YACINTHVS MARTYR 2?
En 1849 et en 1852, M. de Rossi découvrit, sur
l'emplacement de la crypte de Lucine, les deux mor-
ceaux de l’épitaphe primitive du pape Corneille : CORNELIVS MARTYR
: EP (iscopus) à
Dans le caveau des papes du troisième siècle, au ci-
metière de Calliste, le loculus où reposèrent les restes
de Fabien, martyrisé sous Dèce, est fermé par une
dalle sur laquelle se lisent ces mots, en grec HABIANOC EMI (oxoxos)
suivis du mot abrégé MP (martyr) * : mais ce dernier mot a été certainement ajouté, ce qui eee une remarque intéressante.