Eusèbe, Hist. eccl., V
ment due pour une grande part à des missionnaires de Rome.
À mesure que l’on quitte ce qu’on pourrait appeler la zone grecque pour entrer au sud-ouest, à l’ouest, à l’est, au nord, dans les pays de tradition celtique, l’Aquitaine, la plus grande partie de la Lyonnaise, la Belgique, on voit le christianisme se propager beaucoup plus lentement, parce que les cités y sont peu nombreuses, et comme noyées au sein d'immenses campagnes, où les dieux nationaux demeuraient très puissants. Cependant, vingt ans après les scènes de Lyon, Tertullien dit déjà que « les diverses nations des Gaules » ont entendu parler du Christ !. Ces paroles doivent s'entendre des régions que je viens de nommer. Les évêchés commencent en effet à y apparaître vers la fin du second siècle? et au cours du troisième $. Sans doute, on ne verra encore représentés, en 314, au concile d'Arles que seize évêchés gaulois 4. Bien que ce nombre soit loin de comprendre tous ceux qui existaient alors dans notre pays *, il suppose un chiffre très bas, comparé à celui des évêchés italiens au milieu du siècle précédent. Mais il convient d'ajouter que dans plusieurs villes, où il n’y avait probablement pas encore d’évêchés, il y eut des martyrs soit pendant la der«
1. Galliarum diversae nationes. Tertullien, Adv. Judaeos, 1. — Me" Batiflol fait observer que ces paroles doivent être autre chose qu'une amplification de rhétorique, car à Carthage on était aisément renseigné sur l’état du christianisme en Gaule. L'extension géographique de l'Égiise, dans Revue Biblique, avril 4895, p. 439.
2. Harnack, Die Mission und Ausbreitung des Christenthums, p.508.
3. Duchesne, Fastes épiscopaux de l’ancienne Gaule, t.I, p. 3-33.
4. Arles, Vaison, Nice, Orange, Marseille, Apt, Lyon, Vienne, Rouen, Bordeaux, Eäuze, Mende, Bourges, Reims, Trèves.