‹ dix lecons sur le martyreChapitre 194 sur 201 · PEN LA · texte numérisé non relu

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Mais les chambres funéraires, même agrandies, sont trop étroites pour contenir tous ceux qui veulent s'agenouiller devant le sépulcre, poser leurs lèvres sur son marbre vénéré, emporter dans un linge un peu de sa poussière, ou dans une fiole quelques gouttes d'huile de la lampe, seules reliques permises en un temps où l’on ne consentait point à diviser les corps des martyrs !. À côté ou au-dessus du caveau des plus célèbres témoins du Christ, des basiliques assez vastes pour recevoir la multitude des pèlerins dressent maintenant les colonnes de leurs nefs, qui soutiennent des toits aux plafonds dorés?. C'est là qu'aux jours anniversaires, fixés par les calendriers dans lesquels les Églises, dès le lendemain des persécutions, ont reconstitué leurs plus glorieux souvenirs, la mémoire des martyrs, protecteurs des fidèles, protecteurs de la cité, est célébrée avec une ferveur que le temps n'affaiblit pas. Les plus célèbres orateurs de la chrétienté triomphante ont parlé dans ces

. nouveaux sanctuaires des martyrs, et y ont fait en-

tendre leur panégyrique : les Basile, les Grégoire de Nazianze, les Grégoire de Nysse, les Jean Chrysostome en Orient, les Augustin en Afrique, les Ambroise à Milan, les Grégoire le Grand à Rome. On voit encore, dans la niche absidale de la basilique semi-souterraine des saints Nérée et Achillée, au cimetière de Domitille $, la place où était posée la

4. Saint Grégoire le Grand, Ep., III, 30. — Voir le catalogue des huiles recueillies près des tombeaux des martyrs romains, et conservées dans la cathédrale de Monza; Roma sotlerranea, t. 1, p. 173-182 (cf. Archivio storico lombardo, 1903, p. 241-262).

2, Prudence, Peri Sleph., XI, 213-216; III, 491-200. — Cf, Roma sot-

terranea;t. ILT, p. 493; Bull. di arch.cr ist. 1864, p. 42-48; 1878, p. 129,

FA Bull, di arch, erist., 1874, pl, IT,

chaire dans laquelle ce grand pape, dont l'univers catholique vient de célébrer le treizième centenaire, a prononcé une de ses homélies : « Les saints, dit-il, devant les tombes desquels nous sommes assis, ont méprisé le monde, » sancii isti, ad quorum tumbam consistimus, spreverunt mundum \.

Au moment où parlait ainsi le pontife que ses contemporains appelaient « le consul de Dieu ?, » et dont la puissante main semble fermer les temps antiques et ouvrir le moyen âge chrétien, les martyrs de Rome reposaient encore dans leurs tombes inviolées. Depuis le commencement du cinquième siècle, époque où l’on cessa d’inhumer dans les catacombes, jusqu'au commencement du neuvième, où les papes achevèrent de transporter dans les églises les corps des martyrs pour les soustraire aux profanations auxquelles les invasions lombardes et le triste état de la campagne romaine les exposaient, les cimetières souterrains qui entouraient la ville éternelle demeurèrent des lieux de pèlerinage. Ce n'étaient pas seulement les Romains ou les Italiens qui les fréquentaient® : on y venait de toutes les contrées de l'Occident, Gaule, Allemagne, Angleterre, et les voyageurs auxquels leur dévotion avait fait entreprendre une route alors si longue et parfois si périlleuse tenaient à honneur de se prosterner devant, toutes les tombes des martyrs. On a retronvé les itinéraires écrits à leur intention du sixième au huitième siècle, des Guides de Rome chrétienne à

4. Saint Grégoire le Grand, Hom. XVIII in Evang. (Migne, P. L., t. LXXVI, col. 1210).

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