‹ dix lecons sur le martyreChapitre 21 sur 201 · Eusèbe, De vita Constantini, I · texte numérisé non relu

Eusèbe, De vita Constantini, I

3. Harnack, Die Mission und Ausbreilung des Christenthums, p. 510. Cependant, pour ne point diminuer la valeur morale de la con-

si complètement romanisé, qu'au premier et au second siècle il donna à l'Empire ses écrivains les plus illustres ! et quelques-uns de ses meilleurs souverains ?. Le christianisme y est tout latin. Son histoire, du reste, tient en quelques lignes. À la fin du second siècle, saint Irénée cite les Églises d’Espagne %. Quelques années plus tard, Tertullien dit que la foi est répandue sur « toutes les frontières de ce pays {. » Au milieu du troisième siècle, les persécutions de Dèce et de Valérien y sévirent, faisant des martyrs ÿ et aussi des apostats 5. A la fin du même siècle, un concile, tenu dans une ville de la Bétique, réunit les représentants d’une quarantaine d’évéchés 7. Ceux-ci sont inégalement répartis, très pressés dans le sud, rares au centre et dans le nord. Tous les évèchés d'Espagne sont loin d’être représentés au concile. Il y a aussi des communautés chrétiennes qui n'ont pas d'évêques, et que des diacres administrent $. La persécution de Dioclétien fait sur tous les points du territoire, et même dans de très petites villes, de nombreuses victimes ?. Cependant, malgré la grande extension de la foi chrétienne dans toute la péninsule ibérique, la résistance de l’idolâtrie y durera longtemps, à cause de

version de Constantin, il faut se rappeler, selon une juste observation de Mgr. Duchesne (His!. ancienne de l'Eglise, t. II, 1907, p. 38), que ‘ le nombre des chrétiens en Gaule n'était pas tel qu'il y eût pour l'empereur un intérêt politique à changer de religion.

1, Sénèque, Martial, Quintilien. — 2. Trajan, Hadrien, Marc Auréle. — 3. Saint Irénée, Adv. Haeres., I, 10. — 4. Hispaniorum omnes termini, Tertullien, Adv.Judaeos, T. — 5, Acta SS. Fructuosi, Augurüïi, Eulogii, dans Ruinart, Acta martyrum sincera, 1689, p. 220. — 6, Saint Cyprien, Ep. 67. — Duchesne, Le concile d'Elvire et les flamines chrétiens, dans les Mélanges Renier, 1886. — 8. Voir le canon 17 du concile. — 9. Voir Prudence, Peri Stephanôn, 1, HI, IV, IX. Cf. La persécution de Dioclétien, 8° édit., t. 1, p. 188-140, 472-492.

l'attachement que les traditions païennes de l'Empire avaient inspiré à l'esprit tenace et profondément conservateur du peuple espagnol !.

Traversons maintenant la Méditerranée, pour nous arrêter sur l’autre rive. Nous rencontrons l'Afrique romaine, composée de trois parties inégalement peuplées, la Proconsulaire, qui correspond à la Tunisie, la Numidie équivalente à notre Algérie, les Maurétanies, encore à demi indépendantes, qui sont à peu près le Maroc. Cette vaste contrée entre, comme la Gaule, tout à coup dans l’histoire chrétienne, adulte en quelque sorte, et laissant deviner un passé déjà long. Cependant ce passé ne paraît pas pouvoir remonter au premier siècle, puisque la persécution s’abattit pour la première fois sur les. chrétiens de la Proconsulaire et de la Numidie en 180 2. Mais, à cette date, l'Église de Carthage, qui est la mieux connue, apparaît entièrement organisée, avec une importante population de fidèles, des lieux, de réunions liturgiques, des cimetières, un clergé $. À la fin du même siècle, un concile de soixante-dix évêques de la Proconsulaire et de la Numidie s’y rassemble f, et pendant tout le cours du troisième siècle sont fréquentes les assemblées religieuses réunissant un nombre égal ou même supérieur de prélats, ce qui fait supposer, comme en Italie, à cette époque au moins une centaine d'évêchés 5. Comme l’a re-

4. Lettre du pape Sirice, dans Migne, Patr. lal., t. XUI, col. 4486 lois de 331, 392, 393, Code Theodosien, XVI, vu, 1, 2, 8, 5.

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