Acta $. Juslini, 3, dans Ruinart, p
4 Entre 180 et 196, selon Neumann, Der rümische Slaat und die allgemeine Kirche, t. I, p. 70, note 7.
quiétait encore de leur opinion, et demandait qu'on leur cachât ses souffrances : « Je ne veux pas, disaitil, que les chrétiens se réjouissent et que les chrétiennes espèrent !. » Cette inquiétude de ce que penseront les chrétiens montre assez l'importance qu'ils avaient aux yeux de leur persécuteur. Au: milieu du troisième siècle, ils étaient devenus sinombreux, que les païens attribuaient à leur multitude toujours croissante et à l'abandon chaque jour plus marqué du culte des dieux les pestes et les famines, et dans leur colère mettaient le feu aux églises que l'on n'avait pas craint de construire ouvertement ?. Mais la Cappadoce était trop vaste pour que la foi y ait été prêchée partout en même temps. C’est ainsi qu'un de ses districts, le Pont Polémiaque, riverain de la mer Noire, n’avait encore qu'un nombre insignifiant de chrétiens, quand saint Grégoire le Thaumaturge l’évangélisa, avec un rapide succès, au milieu du troisième siècle; tandis qu’une autre de ses circonscriptions, la Petite Arménie, renfermait dès le second siècle assez de chrétiens pour que la légion XII Fulminata, recrutée dans le pays même, en fût presque entièrement composée 4. Quand, au