‹ dix lecons sur le martyreChapitre 29 sur 201 · Eusèbe, Hist, eccl., VII · texte numérisé non relu

Eusèbe, Hist, eccl., VII

d'Asie Mineure. Trop de civilisations à moitié éteintes, mais toujours fumantes, trop de passions exaspérées s’y disputaient les âmes.

C'est au nord de la province, sous la double influence de l'esprit grec et de l'esprit syrien, que le christianisme se répand le plus. La Célé-Syrie comptera presque autant de chrétiens que la Bithynie et le Pont. Depuisle jour où saint Paul la visita jusqu'au milieu du quatrième siècle, où la majorité de sa population se trouva chrétienne, Antioche ne cessa de s'ouvrir à la foi nouvelle. La sainteté et la haute valeur intellectuelle de ses évêques, dont, par une rare fortune, on possède la liste dès la fn du premier siècle, contribua sans doute à ce progrès ininterrompu : tous, les meilleurs et les moins bons, ont grande figure, depuis le martyr Ignace, s'exprimant en un grec dont la forme obscure, incorrecte, laisse déborder un flot superbe de sentiments et de pensées, image de ce que pouvait être l'enthousiasme chrétien dans une âme syrienne, jusqu’à l’hérésiarque Paul de Samosate, qui par son intelligence politique comme par la magnificence de ses allures donne, dès le milieu du troisième siècle, l’image d'une sorte de prince évêque. Lors de la dernière persécution, les environs d'Antioche sont tout peuplés de chrétiens, et dans presque chaque ville ou chaque bourg de la Célé- Syrie les persécuteurs n'ont qu'à étendre la main pour arrêter des évêques, des prêtres, des diacres, des clercs de tout ordre !. =

Très différente est la Phénicie. Elle a beaucoup

Page 1